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L'homme et sa connerie, une inépuisable inspiration pour Arno

Pourfendeur du «conservatisme», Arno n'entend ni polir son... (AFP, François Nascimbeni)

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Pourfendeur du «conservatisme», Arno n'entend ni polir son langage ni raccrocher la guitare.

AFP, François Nascimbeni

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Anthony LUCAS
Agence France-Presse
Paris

«Tu vois le bazar?» Avec son inimitable voix rocailleuse et son inépuisable faim de rock, le Belge Arno ne se lasse pas de chanter ses contemporains et leurs «conneries», avec la sortie vendredi de son nouvel album, Human Incognito.

«Figure-toi que si on vivait dans un monde parfait, je n'aurais plus d'inspiration», explique à l'AFP le vétéran du rock belge, 66 ans, installé devant une bière dans un café parisien.

L'inspiration, le chanteur aux 32 albums enregistrés avec différents groupes, puis en solo, n'en manque pas dans un nouveau disque à la tonalité blues-rock, enregistré comme le précédent (en 2012) avec le producteur britannique John Parish (collaborateur notamment de PJ Harvey, Dominique A ou Rokia Traoré).

On y entend Arno, tantôt en anglais tantôt en français, chanter à la «santé de tous les cocus du monde entier», décrire un «premier baiser» gourmand («Quand ta langue est rentrée/Rentrée dans ma bouche/Comme une nouille sautée») et même réussir l'exploit de faire rimer «rock'n'roll» avec «cholestérol».

En citant son compatriote le peintre René Magritte, Arnold Charles Ernest Hintjens dit utiliser le «surréalisme pour (se) protéger». Mais c'est d'abord la vie quotidienne, et ses accidents, qui nourrit sa plume. «C'est l'être humain qui m'inspire, avec toutes les conneries qu'il fait, ses faiblesses... Il tombe amoureux, il fait des guerres, il vote pour tel ou tel parti, il tombe malade, et tout le bazar.»

Un «être humain» qui l'amuse et le fascine, mais n'a pas fini de révolter cet écorché qui a parfois l'impression «qu'on est dans une période dans le genre des années 30».

«La retraite, c'est trop tard»

«Je viens d'une génération où, quand j'étais jeune, tout était possible, the sky was the limit. Il n'y avait pas de crise et il y avait une vraie solidarité : je n'ai jamais fumé un joint tout seul! Il y avait une révolte contre le système, la jeunesse se créait sa propre culture. Maintenant, il n'y a plus de révolte alors qu'il y aurait beaucoup contre quoi le faire», continue ce père de deux «grands» enfants, devenus eux aussi artistes.

«Est-ce que l'Europe existera encore dans cinq ans?» s'interroge même l'auteur de Putain, putain, refrain proeuropéen créé dans les années 80 avec son groupe TC Matic et repris depuis par d'autres, comme Stephan Eicher, le collectif Nouvelle Vague ou un autre Belge célèbre, Stromae.

Pourfendeur du «conservatisme», ce grand fan d'Elvis et de Dylan n'entend pour sa part ni polir son langage ni raccrocher la guitare. «La retraite, c'est trop tard pour moi...»

«Je suis accro à l'adrénaline, je dois faire de la scène. Je fais ça depuis 45 ans, même plus, 49 ans! Mon premier concert, c'était à l'âge de 19 ans, à Ostende, c'est vraiment trop tard maintenant pour changer, pour être cordonnier ou plombier», estime ce nomade qui n'est «jamais chez lui» ou presque.

«Quand je ne fais rien, je m'ennuie et je vais dans les bars, ce n'est pas bon pour mon foie», assure-t-il.

Il défendra donc ce nouveau disque sur scène dès vendredi en Belgique (à Eupen), puis partira en tournée (France, Suisse, Pays-Bas, Luxembourg) à partir de février.

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