Le «grunge gai» des Trois Accords

Depuis le temps qu'ils distillent leurs chansons décalées,... (Le Petit Russe)

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Depuis le temps qu'ils distillent leurs chansons décalées, Simon Proulx (à l'arrière), Charles Dubreuil , Pierre-Luc Boisvert et Alexandre Parr ont habitué leurs fans à des univers qui surprennent.

Le Petit Russe

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(Québec) Est-il plus délicat de chanter l'homosexualité que la maladie mentale, les amours intergénérationnelles ou la transsexualité? Les Trois Accords se sont semble-t-il posé la question avant de lancer Joie d'être gai, un cinquième album né un pied sous l'arc-en-ciel, l'autre dans le rock alternatif des années 90.

Joint cette semaine au lendemain du lancement montréalais, juste avant de voir les nouvelles chansons arriver officiellement en magasin, le chanteur et parolier Simon Proulx ne cachait pas une certaine fébrilité. «On a reçu des témoignages d'amour, ça commence à me rassurer un peu... Mais il y a quelques jours, je ne savais pas trop à quoi m'en tenir», a-t-il avoué.

D'un album à l'autre, difficile de prédire où Les Trois Accords vont rebondir. Le groupe en est conscient, se plaît à cultiver l'attente... Et à justement aller où on ne l'attend pas.

«On essaie toujours d'aller plus loin, note Simon Proulx. Et on se demande si on va trop loin! Dans ce cas-ci, avec Joie d'être gai, il y avait autant de gens qui nous disaient qu'il n'y a rien là que de gens qui trouvaient ça touchy et qui se demandaient comment la communauté allait le prendre... On ne sait jamais. Alors on y va et on verra ce que ça dit!»

Depuis le temps qu'ils distillent leurs chansons décalées, Simon Proulx, Alexandre Parr, Pierre-Luc Boisvert et Charles Dubreuil ont habitué leurs fans à des univers qui surprennent. Ils ont notamment décrit des relations amoureuses intergénérationnelles (Sur le bord du lac), touché à la transsexualité (Elle s'appelait Serge), évoqué à quelques reprises la maladie mentale (de la Nuit de la poésie au Retour à l'institut). Des textes parfois cocasses ou absurdes, parfois faussement naïfs... ou complètement tragiques. À ce titre, la chanson Le bureau du médecin et son récit du point de vue d'un malade incurable a certainement ouvert la porte un peu plus grande. Sur Joie d'être gai, Les dauphins et les licornes joue ce rôle à son tour, dans une étourdissante escalade engendrée par une sexualité refoulée.

«C'est sûr que quand on se fait dire qu'on fait de la chanson humoristique, on se dit : "Ouain, c'est pas vraiment ça", reconnaît Simon Proulx. Mais en même temps, ce n'est pas la fin du monde. Tant que les gens aiment les chansons et que ça leur fait plaisir ou du bien... Et au fil des années, beaucoup ont mieux compris.»

Si les thèmes ou la manière de les exprimer peuvent faire sourire (le nouvel album se déploie dans une riche collection de termes pigés dans un salon d'esthétique : bronzage, épilation, facial et cie...), la démarche musicale n'en est pas moins sérieuse... «Et j'ose espérer que les gens maintenant savent qu'on est respectueux, renchérit Simon Proulx. On n'est pas dans la dérision. On n'a jamais fait ça, rire des gens.»

Une clé d'interprétation

Après avoir chanté J'aime ta grand-mère sur l'album précédent, Les Trois Accords brandissent donc le drapeau arc-en-ciel bien haut sur celui-ci. Le groupe aime parfois laisser planer un flou sur la signification de certaines chansons, mais il offre ici une clé d'interprétation avec la pièce-titre, qui ouvre la marche.

«C'est volontaire que ce soit la première chanson de l'album, explique Simon Proulx. Ça place beaucoup de choses et ça teinte l'écoute ensuite. C'est voulu. L'aspect thématique de l'homosexualité n'est pas nécessairement présent dans toutes les chansons ou ce n'est pas spécifié. Avec ce titre en tête, les gens vont se demander si ça parle de ça, si ce sont deux gars qui dialoguent dans telle ou telle chanson...»

La pièce Joie d'être gai donne aussi le ton au son du disque, qui délaisse les clins d'oeil rétro du précédent pour mordre à belles dents dans les sonorités rock associées aux années 90.

«Il y a une sorte de parenté à la base, explique Simon Proulx. On s'est souvent fait comparer à Weezer. On a joué avec ça. C'est sûr que c'est très satisfaisant d'aller là. On avait ça en tête et quand on a vu que plusieurs chansons s'y prêtaient, on a dit : "Ok, ça va vraiment être ça l'influence de l'album". De commencer avec Joie d'être gai, c'est un statement aussi à ce niveau-là. Ça dit ce que c'est : du grunge gai.»

Expérience «grandiose» sur les Plaines

Le chanteur des Trois Accords, Simon Proulx, garde un souvenir impérissable de son passage sur la scène des plaines d'Abraham pendant le Festival d'été, il y a deux ans. À cette occasion, les Drummondvillois s'étaient fait offrir une carte blanche par l'événement. Et ils en avaient fait bon usage, conviant sur les planches Renée Martel, Lisa LeBlanc, Coeur de Pirate, Ingrid St-Pierre, une chorale et la Musique du Royal 22e Régiment.

«C'était tellement le fun de travailler avec eux», confie le chanteur à propos des musiciens militaires. «C'était vraiment drôle d'entendre le chef dire le titre des chansons», ajoute celui qui rigole encore lorsqu'il cite l'exemple de la pièce Je me touche dans le parc

«Ç'a été l'une des plus belles expériences qu'on a vécues, décrit Simon Proulx. C'était grandiose. C'était malade. Les Plaines, c'est tellement quelque chose d'important. C'est marquant dans une carrière.»

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