Grand corps malade, rapailleur d'auteurs

L'album Il nous restera ça est arrivé dans... (Julie Mignot)

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L'album Il nous restera ça est arrivé dans les bacs vendredi, alors que Grand Corps Malade s'apprête à revenir fouler les scènes québécoises.

Julie Mignot

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(Québec) Figure de proue de la scène slam française, Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade, a eu envie avec son cinquième disque de laisser le stylo et le micro à d'autres. Sur ce qu'il décrit comme un «album d'auteurs», il a rapaillé une dizaine de plumes et de voix, auxquelles il joint cinq livraisons de son cru.

Des grosses pointures de la chanson, des représentants de la plus jeune génération et notre Fred Pellerin «national» ont accepté l'invitation assortie d'une seule contrainte : inclure le vers «il nous restera ça» dans leur texte. Alors que l'album ainsi titré est arrivé dans les bacs vendredi et que Grand Corps Malade s'apprête à revenir fouler les scènes québécoises (il est notamment attendu au Théâtre Petit Champlain en décembre), conversation avec un artiste qui vit une histoire d'amour réciproque avec le public d'ici.

Q Comment avez-vous choisi les auteurs qui se trouvent sur cet album?

R L'idée, c'était surtout d'aller chercher des personnes très différentes, d'âges et de styles différents. Ça va de Lino, qui est une légende du rap français des années 90, jusqu'à Érik Orsenna, qui est à l'Académie française, en passant par votre Fred Pellerin national ou de jeunes artistes que j'aime beaucoup, comme Luciole, Ben Mazué ou Jeanne Cherhal. Et il y a aussi des institutions comme Thiéfaine, Aznavour, Renaud (lire l'autre texte) ou Bohringer. J'avais envie d'une palette très éclectique, j'ai réussi à avoir cette variété-là.

Q Qu'est-ce qui vous a mené vers Fred Pellerin?

R On ne s'est jamais rencontrés personnellement. Mais je suis venu souvent au Québec et évidemment, chaque fois, on parle de lui. Comme je suis très attaché maintenant au Québec, j'avais envie de prendre quelqu'un de chez vous. Si on parle d'auteurs, Fred Pellerin, c'était une évidence. Je pense qu'il était très occupé. Mais, très rapidement, il m'a dit oui. Il nous a fait un texte incroyable qui s'appelle Les années lumières. C'est du Pellerin pur sang avec de la poésie et ce côté conte.

Q Et cet accent sans compromis... Vous n'avez pas eu peur de déstabiliser les oreilles de certains de vos fans?

R Il n'y a pas que ce texte-là. Il y en a d'autres qui peuvent être inattendus ou un peu grinçants. Et heureusement! Au niveau musical, c'était un peu le but aussi que ce ne soit pas consensuel, avec des passages un peu plus musclés ou un peu plus électros.

Q Est-ce que l'idée que les auteurs interprètent leur texte s'est imposée dès le départ?

R Ah oui. Je n'ai jamais eu envie que les auteurs écrivent pour moi. Je voulais les faire écrire et les entendre. Un texte a beaucoup plus de force quand il est dans la voix de son auteur. C'est mon album et ça, je le revendique parce que j'ai travaillé fort : chaque auteur a un texte et moi, j'en ai cinq. Mais au-delà de ça, c'est mon idée, c'est le concept que j'ai voulu défendre, ce sont les auteurs que j'ai convaincus et réunis, j'ai fait mettre tous les textes en musique... Mais j'ai bien conscience que c'est un album un peu bizarre parce que c'est le mien, mais je ne suis pas là sur chaque morceau.

Q N'est-ce pas un peu inquiétant de mettre son nom sur un projet tout en cédant le contrôle de la majorité des textes à d'autres?

R Peut-être que je suis un éternel optimiste, mais je n'étais pas trop inquiet. J'ai été touché que chacun accepte. Quand je recevais leur texte a cappella, c'était comme un cadeau. Chaque fois, j'ai été touché de voir que tout le monde a vraiment joué le jeu et s'est appliqué. Il n'y en a pas un seul qui a fait un texte facile. Ce sont des textes qui, je le pense, resteront.

Q Vous vous décrivez comme un optimiste, mais vous terminez cet album sur un texte dépeignant une vision du monde plutôt sombre...

R Malheureusement, je n'ai pas l'impression que c'est une vision pessimiste, mais plutôt réaliste. Je ne crois pas peindre le tableau en noir, mais ce tableau, il n'encourage pas la joie. On est dans un monde compliqué, qui ne va pas très bien. Dans un système qui broie l'être humain au profit des chiffres et de la rentabilité, quitte à écraser les plus faibles. On ne vit pas dans un monde idéal. Est-ce qu'un album de poésie peut enjoliver ça? Au bout du compte, il nous restera cette trace-là.

Grand corps malade

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