La paix avec le monde selon St Germain

St Germain a réalisé son nouveau CD dans... (Benoît Peverelli)

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St Germain a réalisé son nouveau CD dans les mythiques studios londoniens d'Abbey Road.

Benoît Peverelli

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(Québec) Quinze ans se sont écoulés entre la sortie de Tourist de St Germain et celle de son nouvel album éponyme, qui navigue entre le blues et la musique malienne, avec une touche électro.

Le Parisien nourri au house de Chicago et de Detroit est entré dans la quarantaine avec le besoin de faire la paix avec le monde, mais toujours avec les mêmes envies d'ériger des constructions sonores improbables et envoûtantes.

Ludovic Navarre, mieux connu sous le nom de St Germain, était encore dans la vingtaine quand le succès de Tourist a frappé sans prévenir. «J'étais un peu en rébellion, mais je ne sais pas trop de quoi, parce que je n'ai pas eu vraiment de soucis. Fallait pas faire comme tout le monde», se souvient-il. Maintenant? «Chacun ses goûts et ses couleurs. J'ai vraiment envie de faire la paix avec le monde, je trouve ça assez fatigant, tout ça.»

L'album Boulevard, en 1995, n'avait entraîné qu'une dizaine de concerts. Pour Tourist, ce fut plus de 300, partout à travers le monde et «un peu n'importe comment».

«J'avais besoin de repos. J'avais la tête un peu pleine et ça s'imposait. Après j'ai réalisé et produit l'album de mon trompettiste, en 2004, puis j'ai commencé à réfléchir sur ce que je pouvais faire», raconte St Germain.

Cette fois, sa recherche sonore l'a amené - virtuellement - en Afrique de l'Ouest. «On peut avoir accès à toutes sortes de choses sur Internet, juste avec ce que les gens captent sur leur téléphone», note-t-il. «La musique malienne est cyclique, transe, berçante et c'est assez fin comme mélange.» On y trouve déjà des influences du blues, que St Germain a voulu exacerber, notamment en intégrant la voix du bluesman texan Lightnin' Hopkins (mort en 1982) sur Real Blues.

De l'électro il conserve le mixage, l'idée de fondre deux objets différents dans la même pièce, et cette idée du cycle, qui se répète encore et encore avec de multiples variations. La création des pièces, elle, se fait par une série d'allers-retours. «À la base, il y a une boucle, un cycle», explique St Germain. «Je mets facilement un mois, un mois et demi, à travailler sur un morceau, et je l'ai dans la tête tout le temps.»

Rythmes maliens

Il est allé chercher de nouveaux musiciens, habitués à jongler avec les rythmes de la musique malienne. «Ils arrivent à jouer très rythmique, très vite et en dansant en même temps, ce que je ne peux pas demander à quelqu'un qui fait du jazz ou de la pop. C'est très dur pour des Européens de jouer ce style de musique. Il faut être né dedans, je pense. Il faut savoir faire plein de trucs différents toujours avec les mêmes notes.»

Sa recherche lui a donné envie de revisiter ses classiques, comme Rose Rouge, avec ces sonorités. «C'est magnifique, après huit mesures, on s'est dit que ce serait incroyable. Ça m'intéresse de redécouvrir ces morceaux-là plutôt que de les refaire comme on les a faits 100 000 fois», note-t-il.

L'album a été réalisé dans les mythiques studios londoniens d'Abbey Road, qui ont vu passer les Beatles, Pink Floyd, Radiohead, Oasis... Une occasion de sentir «l'âme» du lieu et de bénéficier du regard aiguisé sur la technique. «Ça a été très rapide. Donc, on a plus bu du vin et discuté, on a plus profité du jardin que du studio, en fait», raconte Navarre en riant, ajoutant qu'il avait trouvé Alex Wharton «très sympa».

Lors de la tournée qui débutera en novembre et qui l'amènera en Amérique du Nord en mars et en avril, ils seront huit sur scène à plancher sur leurs instruments pendant qu'il orchestre le tout à la console. «Je ne referai pas les mêmes bêtises, je crois qu'on se fatiguera moins. La tournée est organisée cette fois, il y a moins de trajets compliqués», se promet-il.

L'album St Germain sort vendredi.

L'album St Germain sort vendredi.... - image 2.0

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L'album St Germain sort vendredi.

Du «street art» aux pochettes de disques

La pochette de l'album St Germain est signée par Gregos, un artiste de street art qui intègre des masques aux murs de Paris, de Lyon, de Berlin, d'Athènes, de São Paulo, de Tokyo et de Los Angeles, entre autres. «C'est quelqu'un qui habite Montmartre, comme moi. J'y suis depuis 2004. Il avait collé un de ses masques en face de chez moi, et je le voyais tous les jours. Je l'avais dans la tête. Quand on met ses masques en situation, ça fait de belles photos. On s'est rencontré et comme c'est un mec adorable, ça a marché, quoi», raconte simplement Ludovic Navarre, alias St Germain. Il a donc fait mouler son visage par Gregos pour la pochette de son album. «C'était l'idée d'utiliser mon image sans que je me montre. Comme j'ai un peu de mal avec les photos et les caméras, ça m'arrangeait», indique St Germain. Le visage blanc, aux yeux clos, est entouré de sable blond, ce qui crée une scène étrange, presque rituelle.  Josianne Desloges

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