Simple Plan: le nouveau chapitre

Le groupe montréalais Simple Plan en 2012... (Photo Chapman Baehler)

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Le groupe montréalais Simple Plan en 2012

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(Québec) En 15 ans de carrière, Simple Plan a su naviguer à travers les nombreuses tempêtes qui ont secoué le monde de la musique. Fondé à la fin de l'âge d'or du disque, le groupe montréalais a su, à une époque où la musique n'a jamais été aussi rapidement consommée, résister aux nombreuses révolutions de l'industrie, les MySpace, Napster, iTunes et, maintenant, Spotify, cumulant des ventes mondiales de 7,5 millions d'albums.

Pierre Bouvier, chanteur de Simple Plan... - image 1.0

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Pierre Bouvier, chanteur de Simple Plan

Sébastien Lefebvre de Simple Plan dans un studio... (Photo Chady Awad) - image 1.1

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Sébastien Lefebvre de Simple Plan dans un studio d'enregistrement en Californie pour un cinquième album. 

Photo Chady Awad

À quelques mois de la parution de son cinquième opus, la formation pop-punk se trouve à la croisée des chemins. Comment assurer sa pérennité, dans un univers en constante mouvance, tout en demeurant fidèle à sa direction musicale? Entretien avec le leader de Simple Plan, Chuck Comeau.

Q Quand vous constatez la fragilité d'une carrière dans le monde actuel de la musique, est-ce que ça vous inquiète pour l'avenir?

R Ça fait 100 % peur! Nous, on adore ça, être dans ce band-là. On ne veut pas que ça finisse. Il n'y a rien de plus insécurisant que d'avouer ça. Parce que dans le fond, tu contemples un peu l'idée qu'un jour, ça puisse s'arrêter et tu ne veux pas ça. Honnêtement, j'aime ça être Chuck de Simple Plan. Je ne suis pas que ça, mais c'est devenu une énorme partie de mon identité. Je suis fier de ça. Quand tu regardes les carrières d'autres bands qui ont commencé à notre époque, ils sont rares ceux qui se sont rendus à cinq albums et ont duré 15 ans, qui n'ont pas eu de chicanes ou de membres qui débarquent. Tu réalises que tu es un cas d'exception. Pierre [Bouvier] et moi, on en parle souvent quand on compose un nouveau disque.

Q Parlant de nouveau disque, comment avez-vous abordé la création du cinquième, dont la sortie est prévue à l'automne?

R Chaque album est plus important que le dernier. C'est comme ça avec le cinquième aussi. On se dit qu'il va vraiment falloir que l'album soit incroyable, sinon ce sera fini. En tant que band, on n'a pas un hype incroyable de la part des critiques. Vu qu'on n'est pas un band nouveau, on n'a pas non plus le buzz de la nouveauté. On dépend vraiment de la force de nos albums et de nos shows. [...] C'est pourquoi on a travaillé un an et demi pour arriver avec cet album, qui a peut-être été le plus dur à faire, malgré qu'on a eu du fun. On s'est vraiment poussé dans nos derniers retranchements. On espère que ça va être la clé pour qu'on puisse faire les sixième, septième et huitième albums.

Q Vous êtes-vous mis beaucoup de pression sur les épaules pour que ce disque vous permette d'atteindre ce but?

R À chaque album, on ressent toujours une certaine pression. Mais je dirais qu'à cause du contexte, c'est plus périlleux. Les probabilités que le band continue d'avoir du succès sont toujours de plus en plus contre nous. Il faut combattre ça. C'est ce qui rend ça toujours plus difficile. Et puis, tu ne peux pas nier que le son traditionnel du band, c'est peut-être moins en vogue, maintenant. De notre côté, on n'a jamais caché le fait qu'on voulait avoir des chansons qui jouent à la radio, qu'on voulait donner des shows dans des arénas, participer à de gros festivals. Pour faire ça, ça prend des chansons qui sont à ce niveau-là. Oui, il y a une pression de produire ça. Après cinq albums, beaucoup de thèmes ont été abordés, beaucoup de styles ont été touchés. Tu ne veux pas te répéter. Ça devient de plus en plus dur, parce que la cible rapetisse tout le temps. Et nous, on veut tirer dans le mille. [...] Mais à un moment donné, il faut que tu sois capable d'être confiant et de dire : "Let's go! On y va!" Sinon, on pourrait écrire pendant quatre ans et ça deviendrait Chinese Democracy!

Q Il y a toujours eu un aspect juvénile à ce que vous faites. Est-ce plus difficile de taper dans ce créneau à 35 ans?

R C'est certain qu'au cinquième album, à 35 ans, ce n'est pas aussi évident d'écrire sur certains sujets. Par contre, ça ne m'a jamais dérangé de jouer une pièce comme I'm Just a Kid. [...] Ce que je trouve le fun, c'est que c'est notre band qui nous garde jeune. Notre band, ça nous permet - quand on fait des chansons, des photoshoots ou des vidéos - de nous amuser. [...] La grosse affaire là-dedans, c'est que la voix de Pierre sonne encore comme s'il avait 20 ans. Et c'est fantastique! C'est l'une des meilleures affaires pour le band. Et pour la façon dont on joue et approche la musique. On n'a jamais voulu trop se prendre au sérieux. Oui, ça ne donne pas quelque chose qui sonne trop mature. Et ce n'est pas grave! Parce qu'on aime ça. Il va quand même y avoir des chansons plus sérieuses, et des paroles plus sérieuses, sur le nouveau disque. En même temps, il y en a plein qui auraient pu être sur le premier ou le deuxième album.

Q Votre premier extrait, Saturday, donne un avant-goût de ce qu'on pourra entendre sur ce cinquième album. Cette influence de la pop des années 80 est-elle très présente?

R En termes de son et d'influences, c'est un album très diversifié. On a une chanson qui est peut-être la plus punk-rock qu'on n'ait jamais faite. Très agressive. Il y a même une petite influence à la Rise Against, ce qui n'est pas vraiment notre son typique. En même temps, il y a des chansons qui ont une influence un peu rétro, années 50 ou 80, mais c'est apprêté à la sauce moderne. On voulait se pousser. [...] Il y a un peu d'influences indie pop aussi, ce qu'on a peu touché avant, mais qu'on a toujours aimé. On a toujours tripé sur ce genre de bands et de chansons-là. On a finalement été capables d'incorporer quelque chose qui ne sonne pas comme un pastiche d'un autre band, mais qui sonne comme nous, avec des influences. Il y a des ballades sur l'album qui sont parmi les meilleures qu'on ait jamais écrites, très émotionnelles. Il y a aussi un nouveau band qu'on aime beaucoup qui s'appelle Bleachers et qui nous a influencés au niveau de la production en studio. C'est vraiment super varié.

Q On dit, à travers les branches, qu'on pourra entendre des cuivres et des percussions sur cet album. Ces sonorités seront-elles subtiles ou à l'avant-plan?

R C'est un mélange des deux. On n'avait jamais vraiment eu de cuivres auparavant. C'était le fun d'avoir des instruments différents sur l'album. Notre réalisateur Howard Benson joue de la Hammond B-3 [orgue]. Il en a une dans son studio chez lui, qui date des années 60. [...] Il y en a finalement sur trois chansons. Est-ce que c'est vraiment à l'avant-plan? Quand même pas mal, pour ce qui est des cuivres. En même temps, on ne voulait pas devenir Reel Big Fish! On ne voulait pas que ça sorte comme ça. Pas qu'il y ait quoi que ce soit de mal avec le ska, mais disons qu'on voulait s'en servir un peu différemment. Dès le démo, on avait l'idée de se servir de cuivres. Ce n'est pas arrivé en studio, par hasard. On a vraiment écrit la chanson en y pensant.

Q Vous avez choisi Howard Benson pour réaliser l'album. Pourquoi?

R On était supposés faire l'album avec le même réalisateur que pour Get Your Heart On! [2011], Brian Howes. Finalement, il a eu un conflit d'horaire. [...] On a donc fait une liste de cinq ou six réalisateurs qu'on trouvait bons ou dont les albums nous avaient influencés. Howard, on l'avait déjà rencontré en 2007 pour faire un album, mais ça n'avait pas fonctionné. On avait toutefois toujours trouvé que c'était un bon candidat. Il a fait des albums vraiment cool, comme le premier album des All-American Rejects [Move Along, 2005], My Chemical Romance [Three Cheers For Sweet Revenge, 2004], Daughtry [Daughtry, 2006]. Il a une carrière assez incroyable. On l'a donc rencontré et on a trouvé que le courant passait bien. Ce qu'on aime, c'est qu'il a beaucoup de succès, mais a peut-être eu un peu moins de gros albums dans les dernières années. Il avait le goût de changer ça, il était motivé, au lieu d'être complaisant. On sentait que c'était un album extrêmement important pour nous, mais pour lui aussi, pour prouver plein de choses. [...] On se retrouvait dans la même position. Alors c'était un bon match. 

Q Quelle est votre mesure du succès en 2015?

R C'est plus dur à dire, aujourd'hui, avec l'industrie. Les baromètres de succès sont plus flous qu'avant. Quand on a commencé, on voulait un disque d'or, un disque platine, on voulait jouer sur telle radio, à MTV. Maintenant, plusieurs de ces baromètres-là ne sont plus adéquats pour mesurer si un band est populaire ou non. Ç'a beaucoup changé. Les plates-formes qui ont de l'influence sont vraiment différentes. Je ne pense pas qu'on ait encore réussi à établir quelle est la barre pour déterminer un succès. C'est encore très fluide. Mais pour nous, l'objectif général, avec notre nouvel album, c'est de faire mieux qu'avec le précédent. Ç'a l'air simpliste et niaiseux, mais si on peut se maintenir en tant que band et, encore mieux, connecter avec encore plus de monde, je pense qu'on va avoir réussi.

Chuck Comeau et Pierre Bouvier... (Photo Chady Awad) - image 2.0

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Chuck Comeau et Pierre Bouvier

Photo Chady Awad

Pas question de s'éterniser!

Lorsque Simple Plan a programmé sa série de spectacles estivaux, l'un de ses objectifs était de se donner une date limite pour compléter son cinquième album, enregistré entre mars et mai, au studio du réalisateur Howard Benson, à Los Angeles.

«Ça nous mettait un deadline. Sinon, on est le genre de band, surtout avec cet album-ci, à vouloir continuer d'écrire ou d'améliorer les chansons à l'infini. Des fois, quand tu fais ça, ça peut être contre-productif. Tu peux te mettre à changer des choses que tu ne devrais pas changer, à tout questionner. Comme on était vraiment satisfaits du disque, on s'est dit que c'était le temps d'y aller», a soutenu Chuck Comeau.

Avec ce nouvel album, Simple Plan compte également modifier sa façon de mettre sa musique en marché, misant davantage sur la spontanéité. C'est ce qui explique la sortie non annoncée du premier extrait de son nouvel album, Saturday, le 21 juin.

«Au lieu d'annoncer une sortie à l'avance, on sort une chanson quand elle est prête. Pas de hype, pas de campagnes de promotion deux semaines à l'avance. C'est une approche un peu plus moderne pour s'adapter aux nouvelles réalités de l'industrie. Et puis, ça faisait tellement longtemps que les fans attendaient de la nouvelle musique. On voulait qu'ils puissent entendre quelque chose le plus vite possible. Même pour nous, c'est excitant.»

 

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