Louis-Jean Cormier: loin du trop commun

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Louis-Jean Cormier est le benjamin d'une famille de trois.

La Presse, Martin Chamberland

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Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) Samedi matin ensoleillé sur Sept-Îles. Le temps sent timidement le printemps. Carmelle et Marcel ouvrent grand la porte de leur bungalow d'une petite rue en fer à cheval. À l'intérieur, une musique un peu jazzée et des murs tapissés de portraits de famille. Au coeur du salon, un piano sur lequel se perche un Félix doré. Les rayons du soleil ont fait leur chemin jusqu'à la table de cuisine. Les yeux fiers, le couple maintenant bien attablé est prêt à parler de son fils, Louis-Jean Cormier.

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Louis-Jean Cormier, alors qu'il était en sixième année. «C'est un âge où les parents ont encore un peu d'emprise sur le look de leurs enfants», rigole le chanteur. «Je me rappelle de cette époque des chandails Vuarnet : il y avait beaucoup de pastel et de fluo dans la mode.»

Louis-Jean Cormier, deux ans, au piano en compagnie... - image 1.1

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Louis-Jean Cormier, deux ans, au piano en compagnie de Richard Ducas, chef d'orchestre et arrangeur, un ami de la famille qui rendait régulièrement visite aux Cormier sur la Côte-Nord.

L'entretien est à peine commencé que Marcel Cormier, le regard rieur, a déjà une anecdote à raconter sur le benjamin d'une famille de trois. «Louis-Jean devait venir au monde le 20 mai 1980, jour de l'indépendance du Québec», se souvient-il. Persuadée que l'option du Oui remporterait le scrutin, sa marraine Laurette suggère que son filleul se prénomme Louis. 

«Toujours est-il que c'est le Non qui a passé, alors on a ajouté le nom Jean pour Jean-Baptiste avec l'espoir que le grand patron des Québécois fasse un jour la lumière là-dessus et qu'on soit finalement indépendant», raconte son père avec un brin de philosophie. Louis-Jean (parce que Jean-Louis était trop commun) vient enfin au monde à Sept-Îles, six jours plus tard, le 26 mai. 

Et puis? «Et puis, répète sa mère. Il a pleuré pendant trois mois, tout l'été! C'est pour ça qu'il chante bien aujourd'hui», pouffe de rire Carmelle Lebreux. Marcel revient à la défense de son garçon. «Louis-Jean c'était un petit gars actif, il aimait le sport et la musique aussi.» La musique s'est d'ailleurs toujours entremêlée à l'univers familial. 

«On a toujours chanté», assure Mme Lebreux, qui joint encore sa voix aux chorales que dirige son mari. Louis-Jean touche au piano dès l'âge de deux ans, mais en amorce l'apprentissage deux ans plus tard. «Il m'avait fait venir pour me faire entendre sa première composition», se souvient M. Cormier. «Il avait appelé ça Nuage d'argent», renchérit sa mère. Il avait quatre ans. 

Louis-Jean était un enfant doué, assurent ses parents. «Il apprenait facilement, par coeur. Sa tante Laurette, qui lui enseignait le piano, se fâchait parce qu'il ne suivait pas son cahier, se rappelle Carmelle. Une fois qu'il avait entendu la mélodie, c'était naturel.» C'est à l'adolescence que l'artiste prend la guitare. «Je dis souvent qu'il n'a jamais appris à en jouer, il l'a découverte. Il l'avait tout de suite.» 

Au secondaire, Louis-Jean manie même la trompette au sein des harmonies étudiantes. Lui et quatre de ses camarades fondent les 5Up pour s'amuser. «Ils avaient pris ça de 7Up», rigole M. Cormier. En 1995, Kalembourg vient au monde, un groupe dont les Septiliens fredonnent encore les chansons. Louis-Jean en est le guitariste. 

Kalembourg a roulé fort sur la Côte-Nord. La formation a été appelée à jouer souvent dans les bars. «Louis-Jean avait environ 15 ans, c'était illégal pour lui d'être là, alors le gérant de l'Inter-zone [ancien bar de Sept-Îles] m'avait appelé pour que je signe une permission», relate le paternel. «Quand il jouait, je veillais et j'allais le chercher. Je ne l'ai jamais vu rentrer "chaud", il ne voulait pas gâcher la musique.» 

Son diplôme en poche, Louis-Jean quitte Sept-Îles en 1997 pour étudier la musique au Cégep de Saint-Laurent. Kalembourg ne survit pas aux aléas de la vie. Karkwa est créé l'année d'après. On connaît la suite...

Aux claviers pendant un spectacle sous la tente... - image 2.0

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Aux claviers pendant un spectacle sous la tente jaune du Vieux-Quai de Sept-Îles. «Avec mon ampli Vantage! Le rock n' roll arrivait dans la vie, je commençais à laisser pousser mes cheveux et j'écoutais Metallica, mais aussi Poison et Mötley Crüe.»

À Montréal avec les membres du groupe Kalembourg,... - image 2.1

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À Montréal avec les membres du groupe Kalembourg, avec qui Louis-Jean Cormier a enregistré deux albums et présenté plus de 200 spectacles. Derrière, le bassiste Martin Pelletier et le guitariste Luc Charest accompagnent Louis-Jean. Devant, le gérant Pierre Thibeault, le batteur Stéphane Bergeron et le chanteur Alexandre Bezeau.

Sa marraine, sa première enseignante 

Celle qui a donné les premières leçons de musique à Louis-Jean Cormier, c'est sa marraine, soeur Laurette Lebreux. Au bout du fil, la religieuse de 85 ans s'anime lorsqu'il s'agit de son filleul. «C'était un enfant doué, mais qui savait quand même ce qu'il voulait! Expressif, un peu sentimental, sensible, qui aime la vie.» 

Pendant huit ans, elle lui a enseigné le piano. «Il avait presque l'oreille absolue», lance-t-elle avec aplomb. «Pratiquer, on ne peut pas dire qu'il en faisait une maladie. Il s'en allait au piano et composait ses mélodies, il se laissait aller [...] C'était émouvant de le voir faire quand il était petit. Il avait une facilité d'apprendre des pièces difficiles.» 

Au fil du temps, son protégé choisit la guitare. «Je ne pouvais plus continuer [le piano] parce qu'il avait les ongles trop longs», s'exclame en riant sa tante, qui suit attentivement la carrière professionnelle de son neveu depuis Sainte-Anne-des-Monts, en Gaspésie, où elle vit maintenant. 

«Cet enfant-là - c'est encore un enfant pour moi - a une capacité extraordinaire pour son âge de sentir les mots en français, de les exprimer avec finesse et émotions. Il est de toutes les générations, il a une étendue de sensibilité qui va à tout le monde, louange soeur Lebreux. Je pourrais en parler jusqu'à la fin de la soirée!»

Les parents de Louis-Jean, Carmelle Lebreux et Marcel... - image 3.0

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Les parents de Louis-Jean, Carmelle Lebreux et Marcel Cormier  

Né d'une véritable histoire d'amour

Les parents de Louis-Jean Cormier n'ont pas un parcours comme les autres. Son père Marcel était prêtre lorsqu'il est tombé pour sa douce, Carmelle, qui chantait dans la chorale qu'il dirigeait. M. Cormier a été laïcisé en 1973 pour unir sa destinée à celle qui devait postuler pour être soeur!

«Nous étions en amour, j'ai quitté pour me marier et je n'ai jamais regretté mon choix qui nous a donné trois beaux enfants», confie-t-il sous le regard complice de sa belle, qui chante toujours dans sa chorale. Pas étonnant que l'amour soit aussi présent dans l'oeuvre de leur fils... 

Fidèle à ses racines

Malgré l'immense succès que connaît leur fils, Louis-Jean Cormier n'a jamais eu la grosse tête, témoignent ses parents. «Il reste lui-même, il ne fait pas le hautain», soutient son père. La fulgurante montée de sa carrière solo ne lui a pas non plus fait oublier ses racines. «Il gagnait beaucoup de Félix. On se disait : "Mon Dieu, le vedettariat l'a pris", mais il ne s'est jamais assis sur ça.» 

Il demeure par ailleurs «attaché» à son coin de pays, où il revient de temps à autre. Lors d'un récent spectacle à Sept-Îles, Louis-Jean confiait à son public avoir pleuré «comme un bébé» devant la grandeur de la baie. «C'est vrai qu'il a dit ça», se souvient sa mère. Avec son coeur de maman, Carmelle l'avait même questionné. «J'avais peur qu'il ait des petits tracas, mais non, il était juste ému de voir la mer.» 

Quand il revient chez lui, souvent avec sa marmaille, Louis-Jean séjourne dans la maison familiale. «Il est bien ici, il relaxe [...] Sept-Îles pour lui, c'est le lieu de sa naissance, de ses premiers amours et ses souvenirs de jeunesse.» 

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