Claude Bégin: instinct de magicien

Claude Bégin, qu'on a entendu au sein du... (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

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Claude Bégin, qu'on a entendu au sein du duo hip-hop Accrophone et des collectifs Movèzerbe et Alaclair Ensemble, lance son premier album solo.

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(Québec) Claude Bégin a à peu près tout fait seul sur son premier album solo, Les magiciens, lancé mardi. Auteur, compositeur, interprète, réalisateur et arrangeur de cette douzaine de chansons, il cite dans une courte liste de contributeurs l'apport d'un trompettiste, d'une violoncelliste, d'une choriste (sa soeur...) et de son ex, à qui il donne du crédit pour l'amour comme s'il s'agissait d'un instrument.

À la fois gars de gang - on l'a entendu au sein du duo hip-hop Accrophone et des collectifs Movèzerbe ou Alaclair Ensemble - et créateur solitaire, Bégin peaufine sa signature sonore depuis l'adolescence. Celle-ci a contribué à forger le son des albums de Karim Ouellet, avec qui il a intimement travaillé.

Au moment de présenter ses propres créations, le musicien de Québec s'attend à essuyer des comparaisons. Loin de les fuir, il assume. Même que le premier extrait du disque, Avant de disparaître, est probablement celui qui démontre le plus grand air de famille avec l'univers pop de Ouellet.

«L'explication est simple et logique dès qu'on creuse un peu, résume-t-il. Je pense qu'on s'est influencés. On a tellement travaillé ensemble, on a fait les deux albums ensemble. Je lui ai donné un son, lui m'a donné l'expérience de la chanson de ce genre-là.»

Claude Bégin dit avoir commencé à bosser sur ses propres pièces avant même de mettre sa griffe sur celles de l'ami Karim. Ses talents de réalisateur et d'arrangeur ayant été souvent sollicités ces derniers temps, le jeune trentenaire avait mis le projet sur la glace... avant de s'y immerger complètement.

Il raconte avoir transféré son studio dans sa chambre et s'y être enfermé pendant six mois, rideaux fermés (tant pis pour ses plantes!), afin d'échafauder ce qui allait devenir Les magiciens. Des chansons «écrites» à coup de mémos vocaux enregistrés sur son téléphone intelligent et forgées à l'ordinateur, en superposant les couches sonores. Le musicien autodidacte mise sur sa créativité, son instinct... et sa maîtrise de la techno.

«Je suis le seul dans ma famille qui n'a pas appris d'instrument. Ma mère, ma soeur et ma grand-mère sont pianistes, mon père est metteur en scène d'opéra. Moi, je n'ai pas pris de cours, sauf de guitare pendant un mois. Je ne sais pas mes notes, je ne connais pas mes accords. Si je veux jouer mes tounes, il faut que je les réapprenne. Mes musiciens trouvent parfois que mes affaires ne sont pas jouables. Moi, je ne sais pas ce que j'ai fait...» explique Claude Bégin, qui avoue s'être demandé s'il devait s'atteler à la tâche et finalement apprendre à lire la musique.

«Je suis rendu à un point dans ma carrière où soit ça m'avantage de l'apprendre, soit je reste aveugle et je continue ce buzz-là qui est assez intéressant, analyse-t-il. Mon père ne disait pas ça avant, mais là, il me conseille de ne pas apprendre. On est dans un nouveau monde, musicalement. La musique se passe sur un ordinateur.»

En solo

À 31 ans, Claude Bégin est père d'un garçon qui atteindra sous peu l'âge de raison. Et sa récente rupture amoureuse lui fait dire qu'il traverse sa crise de la quarantaine. «Je ne suis plus avec ma blonde, je vis des affaires... La crise de la quarantaine, ce n'est pas nécessairement lié à l'âge. C'est une zone et je suis dedans», clame-t-il en entrevue.

Les chansons qu'il a gravées sur Les magiciens sont souvent empreintes de romantisme, mais l'album est aussi traversé par une expression de l'éphémère. «Pendant que je le faisais, j'étais un amoureux qui savait que ça n'allait pas bien et que ça allait bientôt finir», note le chanteur. Il avoue même poser une oreille différente sur ses textes avec le recul. «J'essaie d'être bien tout seul, ajoute-t-il. J'écoute l'album depuis que je suis célibataire... Le single, c'est une toune de dépendance affective!»

Au moment de prendre le virage solo dans sa carrière musicale, Claude Bégin dit envisager l'aventure comme un test. Il croit en ses chances - et en ses chansons -, mais il n'est pas du genre à mettre tous ses oeufs dans le même panier. «J'ai plein d'autres projets, j'ai d'autres groupes, avance-t-il. Mais si ça marche vraiment beaucoup, ça se peut que je laisse tomber pas mal de choses pour faire ça. J'adore collaborer avec d'autres, mais en général je suis vraiment quelqu'un qui travaille tout seul.»

Claude Bégin se produira ce soir à l'Impérial pendant la pendaison de crémaillère organisée par le Festival d'été, qui s'est porté acquéreur du théâtre de la rue Saint-Joseph. Il offrira un spectacle complet tout juste à côté, au Cercle, le 16 avril.

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