Tire le coyote: nouvelles cibles

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(Québec) Musicien épris de la tradition folk et parolier carburant aux images, Benoit Pinette, alias Tire le coyote, n'avait jamais vraiment donné dans la chanson engagée. Par une seule rime gravée sur son troisième album studio, Panorama, voilà qu'il entrouvre la porte : «On détient le record du plus long saut en profondeur / Et on décollera les pires angoisses en détrônant Harper», chante-t-il dans la pièce Les miracles se vendent à rabais.

«Je trouve qu'on est dans une période vraiment... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 1.0

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«Je trouve qu'on est dans une période vraiment morose et déprimante en ce qui concerne l'information, la culture, l'environnement... Tu sens dans le discours de plusieurs personnes qu'elles veulent juste que tu fermes ta gueule et que tu t'écrases», dit le chanteur folk Benoit Pinette, alias Tire le coyote, qui lance son nouvel album Panorama .

Le Soleil, Patrice Laroche

«C'était plus fort que moi, ç'a pris le dessus, confie-t-il. J'avais plus de tounes que ce qui a été choisi pour l'album. J'en ai d'autres qui sont encore plus rentre-dedans à ce niveau-là. Elles ne sont pas mortes, je risque de les faire quand même...»

L'auteur-compositeur-interprète résidant à Limoilou reconnaît que ce genre de prise de position en chanson représente une nouveauté pour lui. Il s'agit selon lui d'une volonté de «ne pas se cacher», de faire évoluer son écriture en explorant d'autres zones. Il cite en exemple les coupes successives à Radio-Canada ou le projet de pipeline de TransCanada. «Je trouve qu'on est dans une période vraiment morose et déprimante en ce qui concerne l'information, la culture, l'environnement... Tu sens dans le discours de plusieurs personnes qu'elles veulent juste que tu fermes ta gueule et que tu t'écrases. Il y a une volonté d'étouffer les préoccupations : "Oubliez ça, pensez à autre chose et nous, on va faire ce qu'on veut".»

Des envies de clarinette

La création de Panorama aura aussi donné à Benoit Pinette l'occasion d'habiller ses airs folk de nouvelles teintes sonores. Un virage subtil qui a passé par l'introduction d'une clarinette, celle de Jean-Daniel Lessard, qui a apporté son grain de sel aux compositions de Tire le coyote. «Je lui ai juste dit où jouer, je l'ai coaché un peu... Mais il était libre de jouer ce qu'il voulait, précise Pinette. Les bases sont les mêmes. Je ne pense pas avoir fait un tournant à

180 degrés. Pour moi, c'était une manière d'aller explorer encore plus les racines du folk que j'aime tant. C'est une autre couleur de ces racines. La dernière fois, avec l'album Mitan, c'était plus le côté western. Là, on est dans cet aspect vintage qui rappelle un peu le blues folk des années 30 et 40. La clarinette apporte cette couleur, je trouve.»

Sur cet album «pensé sur la route» pendant la tournée de Mitan et jalonné de références géographiques, Benoît Pinette nous amène de Kamouraska à l'Abitibi à la rencontre d'une galerie de personnages. «Il est beau, notre Québec, explique-t-il. Je me sens très attaché à notre patrimoine, à notre terre et à nos paysages. J'ai envie de le mettre en action dans mes chansons. Je fais de petits clins d'oeil. Au début, je m'étais dit que je mettrais un nom de village ou de ville dans chaque toune. Finalement, je sentais l'exercice trop forcé alors j'ai laissé tomber... Mais j'en ai laissé quelques-uns qui cadraient bien.» 

Au fil des rencontres et du travail d'écriture, un collaborateur qu'on n'attendait peut-être pas dans le détour s'est greffé au projet Panorama, alors que Benoit Pinette, qui signe généralement paroles et musique, a décidé d'emprunter une pièce à Stéphane Lafleur (Avec pas d'casque).

«J'étais bloqué sur un texte, raconte-t-il. Je lui ai écrit pour lui demander s'il n'avait pas quelques bouts de phrases qui traînaient et qui pourraient me relancer sur autre chose. Il m'a dit qu'il ne travaille pas comme ça... Et il m'a envoyé un démo en disant que je pouvais faire ce que je voulais avec.»

Séduit par le côté «flou et poétique» de la chanson Les chemins de serviettes, le chanteur a finalement choisi de la conserver dans son intégralité. «Je l'aimais trop, avoue-t-il. Je n'avais jamais prévu de prendre la chanson d'un autre sur mon album. C'est probablement le seul au Québec de qui j'aimerais prendre la chanson. Nos univers se marient bien.»

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