Jean-Pierre Ferland: un risque à prendre

C'est à Québec, en plein coeur des Fêtes... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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C'est à Québec, en plein coeur des Fêtes du 400e, que Jean-Pierre Ferland a rencontré Julie Anne Saumur, qui allait devenir sa compagne et sa muse.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Jean-Pierre Ferland rêvait depuis longtemps d'écrire une comédie musicale sur l'histoire d'amour du roi Edward VIII, qui a renoncé au trône britannique pour épouser l'Américaine Wallis Simpson. Refroidi par l'échec du spectacle Gala, il n'osait pas. «J'avais besoin de me guérir, j'avais besoin de reprendre ma santé mentale, morale», confie-t-il.

Tout a changé lorsqu'il a rencontré Julie Anne Saumur, qui allait devenir sa compagne, sa muse et sa

«Mme Simpson». Et c'est à Québec, en plein coeur des Fêtes du 400e, que le déclic est survenu. Alors qu'il touche presque au but - le rodage du spectacle est prévu pour juin et un album rassemblant une partie des chansons vient d'arriver dans les bacs -, Jean-Pierre Ferland laisse voir une certaine fébrilité. Rencontre avec un artiste convaincu, mais conscient qu'il mise gros.

Q Qu'est-ce qui vous a convaincu de plonger dans ce projet?

R Quand j'ai rencontré ma Mme Simpson. C'est elle qui m'a donné le goût de piocher. J'avais plus ou moins mis ça sur la glace. J'avais quelques idées, mais je n'avais pas commencé à vraiment travailler les chansons. Au 400e, quand j'ai chanté avec Céline Dion sur les Plaines, elle est venue me voir et elle m'a demandé si je pouvais lui écrire une chanson. Je lui ai demandé un démo et elle m'en a envoyé un. J'ai trouvé qu'elle chantait très bien. Elle est devenue ma protégée et ma découverte!

Q À la sortie de l'album La femme du roi, vous vous êtes dit «obsédé» par cette oeuvre. Qu'est-ce qui vous obsède tant dans cette histoire?

R Il y a des concours de circonstances qui ne s'inventent pas. Quand j'habitais à Paris, j'ai rencontré le duc et la duchesse de Windsor dans un restaurant et on a parlé pendant une demi-heure. À l'époque, j'habitais sur la rue de la Faisanderie. Je me suis rendu compte qu'ils habitaient sur la même rue. À un moment, je suis allé fouiller dans Internet pour voir ce qui se passait dans les journaux le jour de ma naissance, le 24 juin 1934. Sur la première page d'un journal, il y avait une photo du duc de Windsor et en dessous, c'était écrit qu'il était le prétendant le plus intéressant de la planète. J'appelle ça le génie des coïncidences. J'ai été obnubilé par cette histoire-là. 

Q Ces dernières années, des films comme W.E. ou Le discours du roi ont abordé l'histoire d'amour entre Edward VIII et Wallis Simpson. Avez-vous craint que ces oeuvres nuisent à la vôtre?

R J'ai eu peur du film de Madonna! Mais je l'ai visionné et j'ai bien vu que ça n'avait rien à voir avec mon projet! Heureusement pour moi, elle a fait un flop!

Q Appréhendez-vous l'accueil du public et des critiques? 

R Quand on vient de créer quelque chose qu'on aime profondément et qu'on est le premier à aimer, on donnerait n'importe quoi, tout ce qu'on a, pour que les autres aiment ça aussi. C'est un risque à prendre, et j'en ai déjà pris, des risques comme ça. Le Québec n'est pas un pays qui est amoureux des comédies musicales. Mais je l'ai fait pour le Québec. Ce n'est pas pour rien que j'ai mis des fleurs de lys sur la pochette. Ça va être aussi traduit en anglais pour l'Angleterre et on va le jouer en France, c'est sûr. 

Q En avril, vous prendrez part à un concert symphonique organisé par l'OSM à l'occasion de votre 80e anniversaire de naissance. Où en sont les préparatifs?

R C'est drôle, je ne sens pas que j'ai 80 ans. Je me réveille à 2h du matin ces temps-ci et je pense aux chansons que je vais faire avec l'orchestre symphonique. Je veux faire quelque chose qui n'est pas trop prétentieux. Je veux que ce soit amusant. J'ai été chercher des chansons comme La grande mélodie qui me permettent de jouer avec l'orchestre. J'ai hâte de chanter La musique, qui est ma chanson favorite dans toutes celles que j'ai écrites. Avec l'orchestre symphonique, ça va être touchant. 

Q Vous parle-t-on encore de votre «fausse retraite»?

R On m'en parle encore. Les gens n'y ont jamais cru. Moi, j'y ai cru. J'avais eu un problème de santé, je ne voulais pas mourir sur scène. Je ne trouvais pas ça élégant. Ça m'a inquiété, et je me suis dit qu'il serait peut-être temps que je prenne ma retraite. Mais j'en suis incapable. Pas parce que les applaudissements me manquent. Mais on se sent tout seul en ta... Je n'ai jamais pu refuser les invitations. Et là, la piqûre te reprend. On se dit que c'est donc agréable, qu'on se sent donc complet... Et le monde me dit que je ne chante pas mal encore [rire].

«Je ne veux pas que mes chansons servent à la vengeance»

L'été dernier, Jean-Pierre Ferland a été malgré lui pris dans une controverse lorsque les victimes des pères rédemptoristes ont invité le public à boycotter son spectacle prévu à la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré. L'appel a été retiré et le concert a bien eu lieu, en présence de certaines victimes, avance le chanteur. Il s'est dit soulagé du dénouement, mais affiche toujours un malaise lorsqu'il songe aux événements. 

«Qu'ils se soient servis de moi pour attirer l'attention davantage, c'est correct. Mais qu'ils se vengent à même moi, je n'ai pas aimé ça. Mon tour de chant est tellement amical et amoureux... Je ne veux pas que mes chansons servent à la vengeance», explique Ferland.

L'artiste dit comprendre les motifs qui animaient les victimes des prêtres pédophiles, mais s'est senti blessé par leur démarche. «Être dans un mouvement de haine et de vengeance quand on ne mérite pas ça, c'est très désagréable, ajoute-t-il. J'ai été froissé, j'ai été blessé, mais je les ai compris.»

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