AC/DC: un quatrième album «canadien»

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(New York) Ils sont nés au Royaume-Uni et ont lancé leur groupe en Australie. C'est cependant au Canada que les gars d'AC/DC ont enregistré le quart de leurs albums studio, dont le plus récent, Rock or Bust, qui paraît mardi. Le Soleil a rencontré le guitariste Angus Young et le bassiste Cliff Williams dans les bureaux de Sony Music à New York, et les deux légendes du rock ont levé le voile sur le processus qui a mené à la création de ce 16e opus.

«Nous en avons aussi fait un au Little Mountain Sound Studio», indique Williams. The Razor's Edge, lancé en 1990 et premier album d'AC/DC certifié cinq fois platine depuis Back in Black, avait en effet pris vie dans ce studio de Vancouver. «Et nos trois derniers albums, nous les avons aussi enregistrés à Vancouver, mais au Warehouse Studio.»

Son collègue Young n'a d'ailleurs que de bons mots pour le célèbre studio appartenant à Bryan Adams, où ont vu le jour Stiff Upper Lip, Black Ice et Rock or Bust. «C'est un excellent endroit pour nous, ça sonne très bien, tout particulièrement pour le rock. Il y a de bonnes vibrations là-bas», explique-t-il.

O'Brien et Fraser

En plus d'opter pour le même studio que ses deux derniers albums, AC/DC a également gardé à ses côtés le tandem canado-américain d'ingénieurs de son, formé de Brandon O'Brien et Mike Fraser.

O'Brien aurait d'ailleurs eu le dernier mot quant aux 11 pièces choisies pour figurer sur le nouvel opus d'AC/DC, selon Angus Young. «Brendan est aussi le producteur de l'album, alors nous lui avons joué tout le nouveau matériel que nous avions et il disait: "Celle-là sonne vraiment comme du AC/DC, alors nous la mettrons sur l'album."»

«Il pouvait aussi dire des trucs comme "est-ce que je veux entendre AC/DC jouer cela ou plutôt cela?" C'est ce qu'il fait, il écoute ce que nous jouons et nous dit ce qui l'allume», ajoute le guitariste au sujet de la relation de confiance du groupe avec son producteur.

Un mois en studio

«Tout l'enregistrement s'est déroulé au mois de mai sur une période de quatre semaines», indique pour sa part Williams. «La plupart des pièces que vous entendez sur l'album étaient déjà composées. Il y en a quelques-unes sur lesquelles nous avons travaillé en studio, mais nous avions déjà beaucoup de matériel», ajoute Young.

Le groupe refuse toutefois de s'avancer à savoir si Rock or Bust sera son dernier album, après une carrière de plus de 40 ans, les graves problèmes de santé qui ont forcé le départ du guitariste rythmique original Malcolm Young et les démêlés judiciaires du batteur Phil Rudd.

«Aussi longtemps qu'on aura du plaisir, on va continuer. Toutefois, présentement, on pense à celui-là», signale Williams. «Il n'est pas encore paru, alors on ne sait même pas comment il sera. Ce n'est pas comme si j'en avais déjà un autre dans ma poche d'en arrière», lance Angus en riant.

L'âme de Malcolm

Sur Rock or Bust, Angus Young a dû se débrouiller pour la première fois sans son grand frère Malcolm Young, souffrant de démence et incapable de poursuivre son travail avec le groupe. C'est le neveu des frères Young, Stevie, qui a pris la relève à la guitare, mais pas pour la composition.

«Stevie ne faisait pas partie du processus d'écriture, mais il a donné un coup de main, il m'a aidé à m'organiser un peu. C'était bien d'avoir quelqu'un à qui lancer des idées», souligne Angus, laissant aussi entendre que l'âme de Malcolm, reconnu pour composer les accords et les riffs qui caractérisent le groupe, était tout de même présente dans le nouvel album.

«Plusieurs de ces idées proviennent de ce que moi et Malcolm avons fait au fil des années, certaines que nous n'avions jamais utilisées, mais qui étaient très bonnes. Même quand je travaille seul sur quelque chose, parfois je joue quelque chose et je me dis que j'ai déjà entendu ça et, finalement, c'est quelque chose que moi et Malcolm avions fait il y a des années. Ça peut remonter à aussi loin que des trucs que nous avions faits à l'adolescence», termine le guitariste qui s'impose depuis plusieurs années comme le visage d'AC/DC.

AC/DC en chiffres

1

Nombre de noms de famille portés par les guitaristes d'AC/DC, qui sont tous des membres de la famille Young. Angus, qui est le guitariste principal depuis les débuts du groupe en 1973, et son frère Malcolm, guitariste rythmique jusqu'à son départ du groupe cet été, ont toujours été la pierre d'assise de la formation australienne. Leur neveu Stevie Young avait temporairement remplacé Malcolm durant une tournée nord-américaine en 1988 et a repris sa place depuis son départ. George Young, producteur et grand frère d'Angus et Malcolm, a aussi joué de la guitare et de la basse sur High Voltage, premier album du groupe, et dans plusieurs spectacles en 1974 et en 1975.

***

2

Nombre de rues nommées en l'honneur d'AC/DC à travers le monde. En 2000, la ville espagnole de Leganés a inauguré la rue AC/DC en présence d'Angus et Malcolm Young. La plaque ornée du nom de la rue a été volée quelques heures plus tard et a dû être remplacée à plusieurs reprises au fil des années après avoir été dérobée de nouveau. En octobre 2004, la ville de Melbourne a renommé la rue Corporation Lane du nom de ACDC Lane, sans la barre oblique qui est interdite dans les noms de rues de la seconde plus grande ville d'Australie.

***

3

Nombre de chanteurs ayant occupé le microphone d'AC/DC. Dave Evans, le premier, figurait seulement sur le premier 45 tours du groupe comprenant les pièces Can I Sit Next to You, Girl et Rockin' in the Parlour. Bon Scott a ensuite pris la relève sur les six premiers albums du groupe avant de mourir d'un empoisonnement dû à l'alcool après une soirée bien arrosée environ six mois après la parution de l'album Highway to Hell. Moins de six mois plus tard, le groupe faisait paraître Back in Black avec son nouveau chanteur, Brian Johnson, qui pousse toujours la note aujourd'hui.

***

8

Le plus long écart entre deux albums studio d'AC/DC est de plus de huit ans, soit le temps écoulé entre la sortie de Stiff Upper Lip en février 2000 et Black Ice en octobre 2008. Entre-temps, le groupe a fait une tournée mondiale, changé de compagnie de disques, passant de Warner Bros. à Sony Music, joué devant près de 450 000 personnes au plus grand concert payant de l'histoire en Amérique du Nord pour aider Toronto à faire face à l'épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère et fait ses débuts sur jeu vidéo avec la présence de la pièce Let There Be Rock dans Rock Band 2.

***

14

Nombre d'années passées depuis le dernier spectacle d'AC/DC à Québec. C'était le 14 août 2000 au Colisée, à l'occasion de la tournée Stiff Upper Lip. Près de 11 000 spectateurs s'étaient alors déplacés pour acclamer le groupe australien. Il s'était alors écoulé 12 ans depuis le dernier passage du quatuor à Québec, soit le 5 septembre 1988 pour la tournée Blow Up Your Video, un spectacle auquel 8000 amateurs avaient assisté.

***

23

Nombre de pièces d'AC/DC contenant le mot rock, de Rockin' in the Parlour, qui apparaît en face B du premier 45 tours du groupe, jusqu'à Rock or Bust, Rock the Blues Away, Got Some Rock & Roll Thunder et Rock the House, qui figurent sur son nouvel album.

***

1721

C'est le nombre de fois qu'aurait été jouée la pièce The Jack en spectacle, selon les chiffres très partiels du site Web setlist.fm. On peut toutefois dire sans crainte de se tromper que ce gros blues rock qu'on peut entendre sur les albums T.N.T. et High Voltage est le titre le plus souvent interprété en spectacle par la bande d'Angus Young.

***

1 600 000

Foule la plus nombreuse à un spectacle d'AC/DC, lors du spectacle Monsters of Rock qui avait lieu à l'aéroport Tushino de Moscou le 28 septembre 1991. Les formations Metallica, Pantera, The Black Crowes et le groupe metal russe E.S.T. prenaient également part à l'événement.

***

200 000 000

Nombre d'albums vendus par AC/DC à travers le monde, dont 71,5 millions seulement aux États-Unis. Leur album Back in Black, avec 40 millions d'exemplaires vendus, n'est devancé que par Thriller de Michael Jackson, The Dark Side of the Moon de Pink Floyd, la bande sonore du film The Bodyguard et Their Greatest Hits 1971-1975 des Eagles.

L'uniforme d'Angus Young s'impose comme l'image du groupe,... (Archives Le Soleil) - image 3.0

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L'uniforme d'Angus Young s'impose comme l'image du groupe, mais sans sa cravate et sa culotte courte, le musicien passe inaperçu.

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Un costume, une icône

Quiconque pense à AC/DC pense invariablement à son guitariste principal, Angus Young, et à son traditionnel costume d'écolier, qu'il porte encore sur scène à l'aube de la soixantaine. Paradoxalement, en plus de l'imposer comme l'image du groupe, l'uniforme de travail d'Angus Young lui permet aussi de passer inaperçu.

Tout juste avant d'entrer à l'hôtel Peninsula de Manhattan, où l'entrevue avec les deux membres d'AC/DC allait avoir lieu, le groupe de trois journalistes canadiens dont l'auteur de ces lignes faisait partie a aperçu un type en train de fumer sa clope à l'extérieur, vêtu de son manteau en peau de mouton.

Aucun des scribes, ni aucun des nombreux passants sur cette rue new-yorkaise en ce vendredi matin de novembre, ne s'était aperçu qu'il s'agissait d'Angus Young, guitariste sur l'un des cinq albums les plus vendus de tous les temps. C'est le représentant de Sony Music Canada qui l'a reconnu en premier et est allé lui serrer la pince.

La première chose qui frappe à propos d'Angus, c'est sa petite taille. Le gars doit faire au plus 5' 2'', ce qui surprend beaucoup tellement il en impose sur une scène. Il réussit aussi à ne pas se faire remarquer sans sa casquette sur la tête, sa cravate et sa culotte courte.

Incognito

«Est-ce que c'est toujours comme ça? Personne ne vient jamais te voir ou te demander un autographe quand tu vas fumer une cigarette dehors? C'est quand même incroyable, non?» a demandé un collègue. «Eh bien, quand ils pensent à Angus Young, je crois que les gens s'attendent à voir un type en costume d'écolier, c'est pour ça qu'ils ne me reconnaissent pas», a indiqué le guitariste, qui dit posséder encore un grand nombre de ces uniformes qui sont devenus sa marque de commerce.

«J'en ai tellement que j'en ai perdu le compte. La plupart ont été fabriqués sur mesure pour moi, mais le premier que j'ai porté était vraiment mon uniforme d'école», avoue-t-il en faisant référence à ses années au Ashfield Boys High School de Sydney, dont il a décroché à l'âge de 15 ans.

Même s'il a déjà été rapporté qu'on avait perdu la trace du tout premier uniforme que Young avait porté sur scène, le principal intéressé croit pour sa part qu'il pourrait toujours le posséder. «Je crois que je l'ai encore, il faudra cependant que je cherche un peu pour voir si je peux le retrouver.»

****

Reconnaissante envers le Canada

La femme d'Angus Young, Ellen Van Lochem, l'avoue, elle apprécie depuis toujours le Canada, et pas seulement parce que les albums du groupe de son mari y ont toujours enregistré d'excellentes ventes d'un océan à l'autre.

«J'adore le Canada. S'il y a un endroit dans le monde où j'aimerais résider, c'est là. Vancouver, entre autres, ce n'est pas pour rien que nous enregistrons toujours là-bas maintenant», a lancé la femme peu après l'entrevue que Le Soleil avait réalisée avec celui qui partage sa vie depuis 34 ans.

Puis, les larmes sont montées aux yeux de la blonde de 5' 8''. «Vous savez, je serai toujours reconnaissante envers les jeunes militaires canadiens de nous avoir sauvés pendant la guerre», a laissé échapper la native d'Aalten, un village des Pays-Bas de près de 13 000 habitants situé non loin de la frontière allemande.

«Je suis néerlandaise et si je parle néerlandais aujourd'hui, c'est vraiment grâce à vous, les Canadiens, sinon je parlerais allemand!» a conclu Ellen Van Lochem avec beaucoup d'émotion dans la voix.

Le Canada a en effet rendu de fiers services au Royaume des Pays-Bas durant la Seconde Guerre mondiale. C'est la 1re Armée canadienne qui a libéré les Pays-Bas de l'occupation nazie en 1945, notamment lors de la bataille de l'Escaut et avec la libération d'Arnhem et Randstad.

Durant l'occupation, de 1940 à 1945, la famille royale des Pays-Bas s'était également réfugiée au Canada, où est née la princesse Marguerite, tante du roi Willem-Alexander des Pays-Bas.

Le chanteur Brian Johnson lors du passage d'AC/DC... (Photothèque Le Soleil) - image 4.0

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Le chanteur Brian Johnson lors du passage d'AC/DC à Montréal, en août 2009. La tournée Black Ice aura duré plus de deux ans.

Photothèque Le Soleil

Une pause salutaire

Plus de six ans se sont écoulés depuis la parution de Black Ice et quatre ans depuis la fin de la dernière tournée d'AC/DC. Ces années ont permis aux membres du groupe de prendre un temps d'arrêt nécessaire avant d'enregistrer Rock or Bust et de partir en tournée aux quatre coins du monde en 2015.

«Après le dernier album, nous avons fait une tournée mondiale pendant deux ans. C'était une tournée vraiment longue», commente Angus Young. «Après, on a pris une pause, car on en avait besoin», enchaîne immédiatement Cliff Williams.

«Quand on ne travaille pas, on vit tous dans des parties différentes du monde et on ne se rencontre à peu près pas, ce qui est bien correct, car ça nous permet de prendre une pause les uns des autres! Et quand on recommence à travailler, on se réunit» résume Williams. «On communique par pigeon voyageur, on ne se parle pas beaucoup quand le groupe est en pause», ajoute Angus, rieur.

Le guitariste est d'ailleurs le seul membre d'AC/DC à résider encore en Australie de façon permanente. Williams et le chanteur Brian Johnson habitent la côte ouest de la Floride, Stevie Young vit au Royaume-Uni et le batteur Phil Rudd, dont le statut demeure incertain au sein du groupe à la suite de ses démêlés avec la justice et ses problèmes de consommation, est établi en Nouvelle-Zélande depuis plusieurs années.

Même avec leur proximité géographique, Williams avoue que lui et Johnson ne se fréquentent pas nécessairement davantage en dehors de la musique. «On ne se voit pas tant que ça. Brian a la course automobile et tous ces autres trucs qu'il fait dans sa vie et j'ai mes trucs à moi. On peut se voir de temps en temps, mais c'est surtout quand on est en tournée ou qu'on enregistre qu'on se côtoie.»

La santé de Malcolm

L'état de santé du guitariste Malcolm Young a ensuite accaparé une bonne partie du temps des membres du groupe, tout particulièrement celui de son frère cadet Angus. «Après avoir pris une pause, il fallait voir comment l'état de santé de Malcolm allait évoluer, si ça allait se détériorer ou se stabiliser», indique Angus.

Atteint de démence, Malcolm Young ne peut plus poursuivre son travail avec AC/DC et vit présentement dans une institution spécialisée, en Australie. «Je sais qu'il est heureux à l'endroit où il est. Il reçoit les meilleurs soins et la famille est tout près pour s'occuper de lui.»

Le petit frère avoue que l'année qui s'achève a été plutôt difficile pour lui. «Tu essaies de t'endurcir un peu face à de tels événements», a-t-il laissé tomber. «Heureusement, nous avons toujours été une famille très unie. D'ailleurs, nous avons emprunté un autre membre de la famille pour remplacer Malcolm.»

Les frais de voyage ont été payés par Sony Music

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