Aut'Chose: toujours pertinent

Lucien Francoeur en 1975. Quarante ans après la... (Archives Le Soleil)

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Lucien Francoeur en 1975. Quarante ans après la sortie de Prends une chance avec moé, la musique d'Aut'Chose revit avec le coffret Chaud comme un Jukebox.

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Quarante ans après le lancement de Prends une chance avec moé, la poésie urbaine et le gros rock d'Aut'Chose sont toujours pertinents comme le démontre l'engouement pour le coffret Chaud comme un Jukebox. Lancé il y a 10 jours, l'objet offre pour la première fois sur disque compact presque tous les vers et les notes carburant à l'asphalte et à la bière bon marché de Lucien Francoeur et de sa bande de bums.

«Tu te rends compte? Le soir du lancement, on a écoulé la soixantaine d'exemplaires qu'on avait et il y en a 300 qui sont sortis la première semaine. Hier, j'étais chez Archambault à Québec. J'étais en train de payer mes albums des Doors et il y a un gars qui m'a dit qu'il achetait de la meilleure musique que moi en me pointant le coffret en souriant», raconte avec fierté Francoeur à l'autre bout du fil.

Il faut dire que les albums Prends une chance avec moé, Une nuit comme une autre et Le cauchemar américain, lancés sur une période de 20 mois en 1975 et 1976, n'étaient plus disponibles depuis plusieurs années et n'avaient jamais été réédités sur CD. Ceux qui voulaient se les procurer devaient donc courir les foires du disque et les ventes-débarras ou alors se contenter de copies pirates de mauvaise qualité.

Dans le coffret, on a ajouté au triptyque l'album Chansons d'épouvante, lancé en 2005 et sur lequel Francoeur et le guitariste Jacques Racine ont reformé Aut'Chose avec les Vincent Peake, Michel «Away» Langevin, Denis «Piggy» D'Amour et Joe «Evil» Burnett, le spectacle Aut'Chose au Jardin des Étoiles  réalisé en juin 1975 et trois pièces qui n'avaient été gravées que sur 45 tours.

Avant-gardiste

«Si ça a pris tant de temps avant que je lance ce coffret, c'est que j'ai fait toutes sortes de choses après Aut'Chose. Mais un jour, Ronald MacGregor, qui gère mon site Web, m'a fait remarquer qu'il ne se passait pas une journée sans que des fans demandent quand j'allais sortir ce matériel sur CD», explique le poète et slameur avant la lettre.

«J'ai réécouté tout ça et je me suis rendu compte que c'était avant-gardiste et qu'il y avait des jeunes de 22, de 32 ans qui s'intéressaient à ça. Ce n'est pas comme un show de Michel Rivard où tout le monde a 65 ans! Je me suis rendu compte que c'était de la musique avant-gardiste, plus nord-américaine que québécoise, qui avait gardé sa force marginale.»

Il y a trois ans, Francoeur a donc commencé à plancher sur le projet, d'abord avec Québecor, qui venait de publier sa biographie Le rockeur sanctifié. Il était alors question de lancer un coffret qui comprendrait l'intégrale de son oeuvre, en solo et avec Aut'Chose.

«Mais mon ami Pierre Marchand a quitté Québecor et le projet n'avançait plus. Pierre m'a finalement rappelé il y a six mois en me disant qu'il lançait son label avec Sony. J'ai finalement décidé d'y aller avec lui et seulement avec le matériel d'Aut'Chose», raconte le «Freak de Montréal».

Même si le projet était déjà très avancé, l'artiste avoue qu'il a travaillé jour et nuit avec sa «blonde», la poète Claudine Bertrand, et ses copains Ronald MacGregor et Christian Morency afin de permettre une parution avant les Fêtes.

Pièce manquante

Seul élément manquant de la discographie d'Aut'Chose sur le coffret: l'album Dans la jungle des villes lancé en 2001 alors que notre Lulu national s'était rabiboché temporairement avec Pierre Gauthier, guitariste sur Prends une chance avec moé.

«Cet album a coûté 140 000 $ à faire, mais il n'a été disponible que quelques semaines parce que le producteur André Di Cesare a fait faillite un mois après sa sortie! C'est un bel acte manqué, car les critiques étaient presque toutes dithyrambiques», raconte-t-il.

«Si je ne l'ai pas mis dans le coffret, c'est qu'André m'a dit que ce n'était pas un album d'Aut'Chose, mais bien un album de Lucien Francoeur et que je n'avais appelé ça Aut'Chose qu'à cause de ma tête de cochon à vouloir faire plaisir à Pierre Gauthier. Donc, je vais le ressortir, mais dans mon coffret de Francoeur.»

Avis aux inconditionnels du barde moderne, le projet d'un coffret du matériel solo de Lucien Francoeur est en effet loin d'être mort. L'ensemble de six disques compacts et d'un DVD devrait se matérialiser à son tour à l'automne 2015.

La suite des choses

Comme Le Soleil l'annonçait en février, Lucien Francoeur a décidé de ramener Aut'Chose en studio et sur scène. Le groupe devrait faire la tournée des festivals cet été et lancer son premier album de nouveau matériel au printemps 2016, presque 40 ans après le dernier...  

Car Francoeur écrit encore tous les jours dans des carnets Moleskine qu'il compte maintenant au nombre de 240. «Épisodiquement, j'écris des tounes d'Aut'Chose en slang québécois. J'ai présenté ça aux gars et ils ont adoré ça», raconte-t-il.

«Les gars», ce sont le guitariste Jacques Racine, le bassiste Vincent Peake (Groovy Aardvark, Grimskunk), le batteur Michel Langevin (Voivod) et le claviériste Joe Evil (Grimskunk) qui avaient participé au retour d'Aut'Chose en 2005 accompagnés d'Alex Crowe (Tricky Woo, Xavier Caféine) qui remplace le regretté guitariste Denis «Piggy» D'Amour.

«Eux, c'est mon power band et c'est mes chums! On pratique en studio régulièrement et à chaque fois, on fait une toune inédite. Ça rentre en tabarnak!» lance Francoeur dans son langage imagé. «On va faire des démos tout l'hiver et probablement enregistrer l'été prochain.»

L'été 2015 devrait donc être occupé pour Francoeur, qui prévoit aussi qu'Aut'Chose fasse rocker une douzaine de festivals, dont le Festival d'été de Québec et peut-être les FrancoFolies de Montréal.

Où sont-ils passés?

Lors du lancement du coffret d'Aut'Chose, seuls Lucien Francoeur et Jacques Racine étaient présents parmi les musiciens ayant joué sur les trois mythiques albums que le groupe a lancés dans les années 70.

Mais où sont passés les Pierre et Mick Gauthier, Guy Racine, Jacques Lalumière, François Lebarbé, Jean-François Saint-Georges, Jean-Paul Harnois et Chris Castle? D'après Francoeur, la plupart auraient simplement décidé de quitter le «beau bummage» et d'arrêter de «jouer aux bras».

«La plupart n'ont pas fait carrière dans la musique après Aut'Chose et je les ai perdus de vue. Ronald [MacGregor] a réussi à en retrouver quelques-uns, mais personne n'a répondu à l'invitation. Au fond, je comprends un peu. Le gars qui est marié, a trois enfants et travaille pour l'Hydro est peut-être gêné de revisiter ce qu'il a vécu à 24 ou 25 ans», analyse Francoeur.

Le chanteur avoue qu'il n'a pas reparlé à son ancien ami et guitariste Pierre Gauthier depuis 2001 et qu'il a perdu contact avec son frère, Mick Gauthier, bassiste, qui avait pourtant été son courtier d'assurances pendant plusieurs années.

«Je sais que Guy Racine [bassiste lui aussi], le frère de Jacques, aurait aimé y être, mais qu'il n'a pas pu parce qu'il souffre d'agoraphobie et fait des crises de panique en public. C'est correct, je comprends ça, car j'ai parfois ce genre de problème moi aussi», résume Lucien Francoeur.

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