Le livre de la semaine: Rien n'est trop beau pour les gens ordinaires 

Marina Lewycka, Rien n'est trop beau pour les gens ordinaires, Alto (Infographie Le Soleil)

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(Québec) Marina Lewycka, Rien n'est trop beau pour les gens ordinaires, Alto

L'histoire: Un acteur raté, Berthold Sidebottom, vient de perdre sa mère. Il doit trouver une remplaçante pour garder son appartement à Madeley Court, un HLM conçu au lendemain de la guerre par l'architecte Berthold Lubetkin, ancien amant de sa maman. En face de chez lui emménage Violet, une jolie Kenyane qui hésite entre l'aide humanitaire et la finance internationale. Autour d'eux, une joyeuse cohorte de voisins, aussi étranges que divertissants.

Marina Lewycka, Rien n'est trop beau pour les gens... (Ben McMillan) - image 2.0

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Ben McMillan

L'auteure: Née de parents ukrainiens en 1946, dans un camp allemand de réfugiés, Marina Lewycka a grandi en Angleterre où elle habite toujours. Son premier roman, Une brève histoire du tracteur en Ukraine, traduit en 32 langues et lauréat de plusieurs prix, a été un succès en librairie avec plus de 1,5 million d'exemplaires vendus. Elle a par la suite publié Deux caravanesDes adhésifs dans le monde moderne et Traders, hippies et hamsters.

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Berthold, Inna, Violet et les autres

CRITIQUE / Une galerie de personnages savoureux n'aura pas suffit, pour moi, à transformer un bon livre en excellente lecture.

Vrai que l'auteure Marina Lewycka sait faire naître des héros parfaits dans chacun de leurs défauts. 

Son Berthold est si pathétique qu'il en devient attachant. Sa vieille Ukrainienne Inna nous fait rire aux larmes. Et sa Violet africaine, idéaliste et fleur bleue, sait nous émouvoir.

Ce serait mentir que prétendre avoir tourné les 467 pages avec avidité. Ou avec ennui. J'étais plutôt entre deux eaux. Mais j'aurais aimé plus de vagues.

Le récit s'installe tranquillement, au fil des petits malheurs de Berthold, décidément peu doué pour le bonheur. Mais qui sait intégrer des extraits de Shakespeare, son idole, avec tellement d'à-propos dans son quotidien trop beige.

L'histoire continue de se construire avec les multiples découvertes de Violet, qui entre dans le monde de la finance. Leurs deux destins vont vraiment se croiser lors d'un combat pour sauver le peu de beauté qui reste dans leur immeuble, les grands cerisiers.

L'intérêt principal aura résidé, pour moi, dans les lieux. J'ai aimé faire la découverte d'un Londres loin des attractions touristiques, où les Anglais de toutes origines vivent dans l'anonymat, parfois dans la pauvreté.

L'auteure nous promène comme si on y était dans ce grand édifice, vestige du début du XXe siècle, construit avec style pour accueillir les familles de la classe moyenne.

J'ai adoré suivre Violet dans son Kenya, pour y sentir la chaleur étouffante, la poussière et la puanteur des politiciens corrompus.

Beaucoup de (très bonnes) descriptions, peu d'action. Le récit se termine, un peu abruptement. Pas d'inquiétude pour Violet. Mais, pauvre, pauvre Berthold... 

P.-S. : Note à moi-même, lire Marina Lewycka en anglais la prochaine fois. La traduction franchouillarde peut agacer.  Isabelle Mathieu, Le Soleil ***

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Au coeur de la City

CRITIQUE / Léger, frivole, saupoudré d'un humour typiquement anglais, le dernier roman de Marina Lewycka est le livre idéal pour la saison, ce qui ne signifie pas pour autant qu'il laisse une trace indélébile. Cette histoire à deux protagonistes, Berthold et Violet, voisins dans un immeuble à logements londonien, s'égare trop souvent dans des chemins de traverse.

De Berthold, notre personnage préféré, comédien en dépression empêtré dans une loufoque histoire avec une vieille colocataire ukrainienne qui parle français comme une vache espagnole, on retient surtout son obsession pour... George Clooney, né le même jour que lui, et à qui il ne cesse de se comparer pour son plus grand malheur. «Tout le monde ne peut être ce satané George Clooney, mais Dieu sait si j'ai essayé.»

De Violet, jeune stagiaire d'origine kenyane qui travaille au coeur de la City, on craque pour son idéalisme et sa volonté de dénoncer les injustices. L'auteure s'en sert pour faire passer ses messages dénonciateurs d'une société où l'argent et l'individualisme font foi de tout. La jeune femme, qui s'insurgera contre la direction de son agence à passer l'éponge sur les entourloupettes financières de ses clients, cherche une façon de construire un monde meilleur.

Humanisme réconfortant

Aucun coup de théâtre ou si peu dans l'offrande de Lewycka, que la vie de gens ordinaires cherchant le beau dans la jungle urbaine londonienne, où la crise du logement fait son lot de victimes et où le climat «vous force à rester vigilant, vous endurcit pour affronter la malignité de l'existence». Comme antidote à ce chacun-pour-soi, l'auteure opte pour un humanisme et une tendresse réconfortants. 

On aurait aimé être emporté par ce livre, au demeurant fort bien écrit, mais au final, il n'a eu sur moi que l'effet d'une brise. Dommage. Normand Provencher, Le Soleil **1/2

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Extrait: la première page

Ne leur laisse pas l'appartement, Bertie!» a soufflé ma mère alors qu'on l'emmenait sur le brancard, en m'agrippant la main comme si elle se cramponnait à la vie. Noyé dans un brouillard de chagrin et de regret mêlés au sherry de Lidl, je me remémorais inlassablement la scène en passant ma mémoire au crible, en quête du moindre détail.

La journée avait commencé comme d'habitude par une balade matinale pour aller chercher le journal et le lait. Au retour, je m'étais arrêté chez Luigi's prendre un latte - un de mes péchés mignons, fort rares, ajouterais-je -, dont l'arôme intense de café était une explosion de plaisir dans la grisaille de mon univers. Je l'ai bu, j'ai réglé et au moment où je sortais sur le trottoir, une camionnette blanche a surgi de nulle part à toute allure. Un pigeon qui cherchait des miettes à picorer sur la chaussée à un ou deux mètres de là n'a pas eu le temps de s'envoler. J'ai entendu le bruit sourd de l'impact. L'oiseau est tombé puis s'est mis à battre désespérément d'une aile. Il était évident que le véhicule suivant allait l'écraser et je me suis penché pour le ramasser. Il s'est débattu entre mes mains en agitant les ailes mais je l'ai tenu serré et transporté dans le jardin qui se trouve devant notre immeuble, puis l'ai déposé dans l'herbe au pied d'un cerisier. Lorsqu'il s'est envolé, je me suis aperçu qu'il n'avait qu'une patte; l'autre n'était plus qu'un moignon rose à vif qui dépassait du sous-plumage crasseux. Un accidenté de la vie, comme moi.

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À venir

  • 19 août: Stéphane Larue, Le plongeur (Le Quartanier)
  • 26 août: Carolina de Robertis, Les Dieux du tango (Le Cherche Midi)
  • 2 septembre: Arturo Pérez-Reverte, Deux hommes de bien (Seuil)

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