Le livre de la semaine: Les clefs du silence

Jean Lemieux, Les clefs du silence, Québec Amérique (Infographie Le Soleil)

Agrandir

Infographie Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Ève Martel, Sarah Saidi
Groupe Capitales Médias

Jean Lemieux, Les clefs du silence, Québec Amérique

L'histoire : Le corps d'un infectiologue est retrouvé dans une clinique de Montréal. Le médecin a été poignardé et scalpé. Puis, quelques jours plus tard, un ancien ministre est retrouvé mort lui aussi. Ces deux meurtres sont-ils liés? Et quel rapport avec le FLQ, sans cesse en trame de fond de l'enquête? Le sergent-détective André Surprenant s'y penche.

L'auteur : Jean Lemieux est un médecin québécois passionné de voyages. Depuis 1991, il a publié de nombreux romans, autant pour les adultes que pour la jeunesse.  Il est notamment connu pour son roman jeunesse Le trésor de Brion, lauréat du prix Christie en 1996, et sa série policière mettant en vedette l'enquêteur André Surprenant.

Jean Lemieux, Les clefs du silence,... (Archives La Presse, Bernard Brault) - image 3.0

Agrandir

Archives La Presse, Bernard Brault

..........
Une recette efficace, mais...

CRITIQUE / Rien de mieux qu'un bon polar pour nous tenir en haleine, à condition de nous livrer un bon «punch» pour clore le roman. Les clefs du silence en est un écrit dans les règles de l'art. Une recette éprouvée, efficace et qui nous pousse à poursuivre la lecture jusqu'à la toute fin. 

L'intrigue débute avec la découverte du corps d'un médecin, scalpé et quasiment vidé de son sang. Le mystère prend une tournure encore plus étrange avec le meurtre d'un ancien ministre, et une disparition, en apparence sans lien avec le précédent homicide. 

Dans l'aura du FLQ

La trame du récit, inspirée de l'actualité des dernières années, allie ces sordides histoires et la collusion politique, sans oublier un clin d'oeil aux Belles-Soeurs de Michel Tremblay, le tout baignant dans l'aura du FLQ au coeur de la Crise d'octobre. On souligne ici le travail de recherche de l'auteur sur l'une des périodes sombres de notre histoire.

Dans Les clefs du silence, les lecteurs renouent avec le sergent-détective André Surprenant. Il n'est toutefois pas nécessaire d'avoir lu ses quatre précédentes aventures, toutes du même auteur, pour se familiariser avec le personnage et son univers. Or, les tribulations familiales du protagoniste, à la limite ennuyeuses, n'apportent rien à l'histoire.

C'est à la fin que ça se gâte. Classique du genre, l'enquêteur erre ici et là au fil de l'intrigue, recueillant des indices qui, on le souhaite, nous permettent de résoudre une partie de l'énigme avec le héros. Cette fois-ci, il n'aura suffi que d'une preuve tombée du ciel, voire offerte sur un plateau d'argent, pour que le détective Surprenant tisse tous les liens et déballe immédiatement sa théorie à l'auteur du crime. 

Plaisir gâché.  Marie-Ève Martel, La Voix de l'Est ***

..........

Programme chargé pour Surprenant

CRITIQUE / Les clefs du silence a beau être le cinquième tome des enquêtes d'André Surprenant, il peut tout aussi bien en devenir une excellente porte d'entrée. 

Toujours sergent-détective au SPVM, Surprenant rate pour la énième fois une soirée avec son amoureuse pour se rendre sur une scène de crime : le médecin André Pereira a été retrouvé mort et scalpé dans son bureau. Sur le plan personnel, le policier jongle avec son nouveau statut de grand-père et le retour récent de son propre père, entre autres... 

Au-delà de sa forme conventionnelle, Les clefs du silence nous immergent dans un sujet loin d'être banal : la Crise d'octobre 1970. L'opacité qui perdure autour de cette période trouble de l'histoire du Québec permet à l'auteur d'ajouter sa fiction aux « versions officielles » du gouvernement. Basée sur une solide recherche, la version de Jean Lemieux ne sonne jamais faux, du moins pour les jeunes (comme moi) pour qui cette époque, reléguée à un passé lointain et flou, devient fascinante.

Jean Lemieux a aussi eu la brillante idée de complexifier l'intrigue en créant des liens non seulement entre les événements d'octobre et l'enfance de Surprenant, mais aussi entre le meurtre de Pereira et la vie personnelle du policier. Ce programme chargé est livré dans un style direct, mais élégant, agrémenté de dialogues dignes d'un bon scénario. Si l'enquête demeure captivante, elle devient parfois répétitive et un peu trop transparente... empêchant de ce fait Les clefs du silence de s'imposer comme un véritable page-turner

Tout compte fait, l'intérêt du roman réside surtout dans les fausses pistes de l'enquête plutôt que dans son dénouement, somme toute peu surprenant (sans mauvais jeu de mots) et décevant, tant pour le lecteur que pour Surprenant lui-même.  Sarah Saïdi, La Tribune ***1/2

..........

Extrait : la première page

«Le cellulaire du sergent-détective André Surprenant vibra alors qu'il se pressait, au milieu d'une cohorte de mélomanes, vers l'entrée du parterre de la salle Wilfrid-

Pelletier. Il ne jongla pas longtemps avec l'idée d'ignorer l'appareil. Plus qu'un tic professionnel, répondre à un appel, à un texto, était devenu un réflexe d'autant plus automa- tique que, en ce soir de juillet, sa fille Maude entamait sa quarantième semaine de grossesse.

Il sortit l'appareil de sa poche. Geneviève, à son bras, se pencha pour lire le nom de l'importun sur l'écran. Elle soupira à la vue des neuf lettres «LP Brazeau».

- Allo? Qu'est-ce qu'il y a? s'informa agressivement Surprenant.

- Un docteur assassiné dans une clinique rattachée à l'hôpital Saint-Luc.

- Écoute! Je suis en congé, j'entre à la Place-des-Arts avec Geneviève pour voir Chucho Valdés. Normalement, c'est le soir de Guzman.

Brazeau observa un moment de silence, question de faire sentir à son coéquipier qu'il compatissait avec sa situation conjugale, voire

qu'il admirait la solidité de sa ligne de défense, mais qu'il savait qu'il allait céder.

- Es-tu là? maugréa Surprenant sous les regards curieux de ses voisins.

- C'est un coup où on peut facilement être trois. Je te dirai même qu'on ne sera pas trois très longtemps.

- Le moment est mal choisi.

..........

À venir

29 juillet : Catherine Poulain, Le Grand Marin (Points)

5 août : Bernard Émond, Camarade, ferme ton poste (Lux éditeurs)

12 août : Marina Lewyka, Rien n'est trop beau pour les gens ordinaires (Alto)




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer