Le livre de la semaine: Treize raisons

Jay Asher, Treize raisons, Albin Michel (Infographie Le Soleil)

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Jay Asher, Treize raisons, Albin Michel

L'histoire: Hannah Baker s'est suicidée. Pour expliquer son geste, l'adolescente a enregistré sur de bonnes vieilles cassettes à ruban des messages pour 13 personnes qui ont joué un rôle dans sa décision d'en finir. Le paquet leur est envoyé à tour de rôle. Le lecteur en découvre le contenu en même temps que Clay Jensen, celui qui aurait pu être le petit ami d'Hannah. L'histoire a été reprise dans une série télévisée qui fait sensation sur Netflix.

L'auteur: Jay Asher, originaire de la Californie, a connu le succès dès la publication de son premier roman, Treize raisons, publié en 2007. Le livre qui a inspiré la série du même nom sur Netflix a remporté plusieurs distinctions et a entre autres figuré sur la liste des best-sellers du New York Times. Jay Asher a publié deux autres romans depuis.

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À propos de la fin

CRITIQUE / «Non, mais ça va-tu finir?» Ce mantra s'est imposé à moi rapidement et ne m'a plus quittée pendant la lecture de Treize raisons, la traduction plus que française du roman pour ados Thirteen Reasons Why ayant servi de matière première à la série télévisée à succès.

L'histoire d'Hannah Baker est assurément probable et réaliste, mais l'accumulation de malheurs et la succession de trahisons dans la vie de l'adolescente m'ont indisposée. Depuis son arrivée dans cette nouvelle école jusqu'à sa disparition, la jeune fille aura été victime sans relâche de ragots et de manipulations. Connaissant l'issue dès le début, aucun espoir n'est permis, ce qui rend la lecture pénible.

La structure choisie pour le récit est originale. Le lecteur va et vient entre le contenu des cassettes et les sessions d'écoute d'un personnage qui se retrouve malgré lui sur la liste maudite des présumés responsables du suicide. Les allers-retours se font assez bien, mais l'idée même du règlement de comptes est dérangeante. Tant de douleur exprimée trop tardivement, tant d'énergie à se faire vengeance au lieu de se faire du bien. Encore une fois, malaise. 

Les intervenants qui luttent contre le suicide ont décrié le passage à l'écran du best-seller, car il n'y a jamais de lumière au bout du tunnel et des scènes fortes difficiles à regarder. Bien sûr, dans le roman, on échappe aux détails graphiques pour mieux se mettre dans la peau d'Hannah. Mais c'est là un piège pour des adolescents fragiles qui pourraient s'identifier un peu trop à l'héroïne, qui n'en est pas une finalement. 

La productrice de la version télévisée, l'actrice et chanteuse Selena Gomez, ainsi que les ados qui ont découvert Treize raisons sur Netflix, répliquent que l'oeuvre fait réfléchir aux conséquences de nos gestes sur les autres. Vrai, mais il m'apparaît plus important encore de prévenir ces petites et grandes violences du quotidien. 

Un mot sur la traduction proposée par Albin Michel, vraiment agaçante pour les Québécois. Déjà que les jeunes fréquentent le lycée, il est usant de lire qu'ils craignent les flics, que les filles se font mater et qu'on peut jouer aux flippers. Les machines à boules, c'est tellement plus amusant. Annie Morin, Le Soleil  **

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Moins captivant que la série télé

CRITIQUE / Difficile de ne pas faire de rapprochements entre le roman Treize raisons et la série du même nom, qui connaît un succès fou sur Netflix tout en soulevant un débat sur l'intimidation. Le personnage d'Hannah Baker, qui s'enlève la vie après avoir enregistré des cassettes expliquant les raisons de son geste, n'a presque plus besoin de présentation.

Dans le livre plus qu'à l'écran, la détresse du personnage principal est présente. On la dépeint à l'écrit de façon moins douce, plus troublée, mais il est difficile de ne pas voir l'interprétation de Katherine Langford dans la série télé.

La courte plaquette se concentre sur une double narration, soit celle d'Hannah, qui se raconte sur les cassettes, et celle de Clay, l'ami amoureux qui ne s'est jamais vraiment déclaré. Malgré une distinction dans le choix des caractères utilisés pour chacun des personnages, le passage de l'un à l'autre peut être un peu difficile à l'occasion.

La traduction, ponctuée d'expressions très françaises, peut parfois être dérangeante. Ainsi les propos d'Hannah ne collent pas toujours à ceux d'une adolescente en difficultés. Le style, par contre, paraît un peu naïf et il est difficile de savoir si le choix de mots relève de maladresses de l'auteur ou de la traduction elle-même.

Les personnages très typés, la meneuse de claque, le sportif populaire, l'élève parfait, la garce, sortent peu des clichés et révèlent peu de profondeur. On ne s'attache donc ni à Hannah ni à Clay, que la série nous avait pourtant rendus sympathiques.

Si on reproche à la série télévisée de laisser toute la place à la détresse sans proposer des solutions, le livre pour adolescents n'en fait pas plus non plus. Il est toutefois moins explicite dans les images la plupart du temps.

Les amateurs de la série voudront peut-être lire le livre ayant inspiré les 13 épisodes portés à l'écran, mais ils risquent probablement d'être déçus.  Jonathan Custeau, La Tribune  **

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Extrait: la première page

- Jeune homme? me répète la femme. Quel délai de livraison souhaitez-vous?

Je me frotte le sourcil gauche du bout des doigts, très fort.

La douleur s'est intensifiée.

- Aucune importance.

L'employée prend mon paquet. La même boîte à chaussures trouvée devant ma porte il y a moins de vingt-quatre heures; remballée à neuf dans du papier kraft, scellée avec du scotch transparent, exactement telle que je l'ai reçue. Sauf qu'elle est désormais adressée à un nouveau destinataire. Le suivant sur la liste d'Hannah Baker.

Je secoue la tête.

- Ça fera combien?

La femme place le paquet sur une balance en caoutchouc et pianote sur son clavier. Je repose mon gobelet de café acheté à la station-service et surveille l'écran. Je sors deux trois billets de mon portefeuille, plus quelques pièces de monnaie du fond de ma poche, et j'étale la somme sur le comptoir.

- La caféine n'a pas encore agi, dit-elle. Il manque un dollar.

Je le lui tends, puis me frotte les yeux pour tâcher de me ranimer. Quand je prends une gorgée de mon café, il est tiède, pas très agréable à avaler. Mais il faut bien que je me réveille. À moins que. Je devrais peut-être traverser cette journée dans un semi-coma. C'est peut-être même le seul moyen d'y survivre.

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À venir

  • 17 juin: Marie-Ève Sévigny, Sans terre (Héliotrope)
  • 23 juin: spécial lectures d'été
  • 30 juin: Margaret Atwood, La servante écarlate (Robert Laffont)

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