Le livre de la semaine: La dernière des Stanfield 

Marc Levy, La dernière des Stanfield, Robert Laffont (Infographie Le Soleil)

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Marc Levy, La dernière des Stanfield, Robert Laffont

L'histoire: Eleanor-Rigby, journaliste au National Geographic à Londres, reçoit une lettre anonyme lui révélant le passé criminel de sa mère, décédée. L'auteur de la lettre lui donne rendez-vous dans un restaurant de Baltimore, où elle rencontre Georges-Harrison, un inconnu, ébéniste de Magog, ayant reçu une lettre similaire. Ils tentent ensemble d'en savoir un peu plus sur le passé qui les réunit aujourd'hui.

Marc Levy, La dernière des... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 2.0

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Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

L'auteur: Marc Levy n'a - presque - plus besoin de présentation. Il connaît un énorme succès depuis 2000, lorsqu'il écrit Et si c'était vrai, qui est depuis devenu un film. Ses 17 romans précédents ont été traduits en 49 langues et publiés à plus de 40 millions d'exemplaires. Il est l'un des auteurs français les plus populaires à travers le monde.

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Enquête sur trois générations

CRITIQUE / Même écriture fluide, même sens de l'intrigue, Marc Levy sert dans La dernière des Stanfield, son 18e roman, la même recette qui a fait son succès dans le passé. S'il s'en était écarté, on lui aurait de toute façon reproché de trop se réinventer alors que la formule fonctionne toujours à merveille.

La dernière des Stanfield se lit aisément, rapidement, même si les sauts en arrière pour dévoiler à petites doses les mystères des parents et des grands-parents des personnages principaux cassent un peu le rythme. Dans le même sens, la mise en situation prend beaucoup de temps à s'installer. L'univers d'Eleanor-Rigby et de sa famille occupe près de la moitié du livre avant que l'enquête ne se mette réellement en branle.

Si le mécanisme de la lettre anonyme pour attirer les protagonistes dans un lieu inconnu fonctionne, il est un peu plaqué, comme certains détails essentiels nous sont révélés par des personnages qui, par hasard, en savent long sur des secrets jusque-là bien gardés.

Les amateurs de Levy reconnaîtront des allusions à la résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale, un sujet que l'auteur avait déjà abordé dans Les enfants de la liberté, où il racontait le passé de son propre père. 

Les références aux Cantons-de-l'Est, où Marc Levy participe souvent aux Correspondances d'Eastman, sont plutôt accessoires, même si elles font sourire. Il faudrait toutefois travailler l'accent québécois, même par écrit, alors qu'un personnage magogois emprunte une expression plutôt inconnue de ce côté de l'Atlantique.

Marc Levy parvient une fois de plus à surprendre, à dérouler les intrigues sans qu'elles soient trop prévisibles, comme il l'avait fait dans Le Premier jour et La Première nuit. Il met aussi en scène des personnages féminins forts sans s'encombrer de clichés. Les amateurs du genre y trouveront un autre divertissement honnête, dans la bonne moyenne de ce que livre généralement l'auteur français.  Jonathan Custeau, La Tribune ***1/2

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Remuer le passé pour la vérité

CRITIQUE / Le désir de connaître ses origines est très fort. Tellement qu'on est parfois prêts à chambouler sa propre vie pour connaître la vérité. Dans La dernière des Stanfield, cette vérité est crue, mais néanmoins prévisible.

Le dernier-né de Marc Levy nous plonge dans une aventure familiale qui dure trois générations, de la Seconde Guerre mondiale, aux années de libération 1970 et 1980 et jusqu'à aujourd'hui.

Les héros Eleanor-Rigby et George-Harrison mènent chacun de leur côté une vie tranquille, où la solitude est omniprésente. C'est peut-être pourquoi ils ne peuvent résister à l'envie d'en savoir plus sur le passé houleux de leurs mères respectives, le jour où ils reçoivent des lettres anonymes.

Cette quête dans laquelle ils plongent mettra bien du piquant dans leurs existences. Probablement au-delà de ce qu'ils auraient pu espérer.

Le rythme du bouquin est excellent, les chapitres assez courts pour qu'on ait toujours envie d'en entamer un autre. Sauf qu'au fur et à mesure que le passé est décortiqué, on devine aisément à quoi ressemblera le tableau final, à quelques détails près. Comme si trop d'indices avaient été laissés en chemin pour véritablement être surpris lorsqu'on arrive à destination.

J'ai beaucoup aimé le personnage de Michel, le frère d'-Eleanor-Rigby. Probablement atteint du syndrome d'Asperger, il nous fait découvrir la logique derrière son comportement. Mais certains autres personnages secondaires frisent la caricature, comme ce professeur d'histoire colérique de Baltimore. 

Scandales, trésor familial, oeuvres d'art, trahison, vengeance et amour entre femmes : l'auteur touche à plusieurs sujets qui font mouche. 

Sauf que n'ayant pas relu de Marc Levy depuis son tout premier livre, je m'attendais à un peu de surnaturel, ce qu'il n'y a pas du tout dans ce livre. Il s'agit d'un habile thriller, pas renversant, mais tout de même divertissant. Une lecture estivale pour qui ne veut pas se casser la tête. Patricia Cloutier, Le Soleil ***

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Extrait: la première page

Octobre 2016, Londres.

Je m'appelle -Eleanor-Rigby -Donovan. Mon prénom vous dit peut-être quelque chose. Mes parents étaient fans des Beatles, «Eleanor Rigby» est le titre d'une chanson écrite par Paul McCartney. Mon père a horreur que je lui fasse remarquer que sa jeunesse appartient au siècle dernier, mais dans les années 1960, les fans de musique rock se divisaient en deux groupes. Rolling Stones ou Beatles ; pour une raison qui m'échappe, il était inconcevable d'apprécier les deux. Mes parents avaient dix-sept ans quand ils ont flirté pour la première fois, dans un pub londonien près d'Abbey Road. Toute la salle entonnait All You Need Is Love, les yeux rivés sur un écran de télévision où un concert des Beatles était retransmis en mondovision. Sept cents millions de téléspectateurs accompagnaient leurs émois naissants, de quoi marquer le début d'une histoire à l'encre indélébile. Et pourtant, ils se perdirent de vue quelques années plus tard. La vie étant pleine de surprises, ils se retrouvèrent dans des circonstances assez cocasses, à l'aube de leur trentaine. Je fus conçue treize ans après leur premier baiser. Ils avaient pris leur temps. Mon père ayant un sens de l'humour qui connaît peu de limites - on raconte dans la famille que c'est cette qualité qui aurait séduit ma mère -, lorsqu'il alla enregistrer mon acte de naissance, il choisit de m'appeler Eleanor-Rigby...

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À venir

  • 3 juin: Micheline Lachance, Rue des Remparts (Québec Amérique)
  • 10 juin: Jay Asher, 13 raisons (Albin Michel)
  • 17 juin: Marie-Ève Sévigny, Sans terre (Héliotrope)

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