Le livre de la semaine: La mort d'une princesse 

India Desjardins, La mort d'une princesse, Éditions de l'Homme (Infographie Le Soleil)

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India Desjardins, La mort d'une princesse, Éditions de l'Homme

L'histoire: Sarah Dufour, 38 ans, essaie de se convaincre que le célibat est devenu son choix et non «pas la conséquence d'un échec». Elle a toujours carburé aux papillons dans l'estomac. Mais si l'amour était d'abord une chenille? S'il ne causait pas d'angoisse? S'il ne la transperçait pas comme une épée? Sarah -saurait-elle le reconnaître et accepter que «c'est juste ça»?

India Desjardins, La mort d'une princesse,... (Archives La Presse) - image 2.0

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Archives La Presse

L'auteure: India Desjardins, 40 ans, a connu un succès phénoménal avec sa série de livres pour jeunes Le journal d'Aurélie Laflamme, vendus à plus de deux millions d'exemplaires dans la Francophonie depuis 10 ans et adaptée dans deux films. L'écrivaine a aussi fait paraître une bande dessinée, un conte illustré et est scénariste pour la télévision. Elle a gagné de nombreux prix et fait courir les foules dans les salons du livre.

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Dialogues mordants, écriture bâclée

CRITIQUE / India Desjardins sait raconter une histoire, écrire des dialogues mordants et décrire lucidement une célibataire qui se croit endurcie. Divertissante et allumée, cette jeune auteure a un gros tic, celui de mettre des «qui» et des «que» qui alourdissent les phrases et qui exaspèrent le lecteur.

Dans une phrase des pages 90-91, j'en ai compté sept. Dans une autre de la page 98, huit. Cette dernière fait d'ailleurs partie d'une relecture de Blanche-Neige inutile et barbante.

«François me lance le même regard que Jean-Krystofe. Ou que n'importe qui quand je dis que je ne cherche pas à être en couple.» Lues à haute voix, ces phrases de la page 111 sonnent comme des castagnettes. Avec ce «qui quand», on n'est pas loin du «quand que». Je me suis mise à faire la traque aux «que». Une vraie obsession.

Cela dit, j'offrirais La mort d'une princesse à la plupart de mes amies, peu importe leur âge et leur statut. Les célibataires se reconnaîtront dans ce roman écrit à l'ère des réseaux sociaux. Et celles qui sont en couple comprendront mieux le célibat grâce à des phrases comme celle-ci : «Présentement, ma vie est dépourvue de ce risque [d'être blessée ou trompée] et je suis bien la plupart du temps.»

Sarah, l'héroïne du roman, travaille dans le milieu des relations publiques. India Desjardins s'immisce dans les coulisses du métier et en dévoile quelques ficelles. Ces détails sont jouissifs. Cependant, utiliser le communiqué comme procédé narratif n'est pas une bonne idée. Il ne fait pas avancer l'intrigue, il la fait stagner. L'ironie ne fonctionne pas ici.

Quelle que soit la façon dont ils sont livrés (verbalement, par courriels, par textos, ou dans un scénario de comédie romantique), ses dialogues font mouche. Voilà sa grande force.

La fin ne surprendra ni ne frustrera personne. Annoncée par le titre, elle arrive comme la conclusion d'une démonstration habilement construite.  Michèle LaFerrière, Le Soleil **1/2

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Princesse, ennui et bavardage

CRITIQUE / Je suis un bloc de glace. Comme les derniers - espérons-le! - vestiges de l'hiver sur le fleuve, j'ai dérivé tout au long des 293 pages de La mort d'une princesse d'India Desjardins sans le moindre petit bouillon d'émotion. Pire, avec un fond d'exaspération...

La prémisse parlait beaucoup à l'ancienne (?) ado romantique en moi; comment une jeune professionnelle dans la trentaine, ébranlée par une rupture, en vient à aimer «pour vrai» et non à aimer seulement l'image de l'amour? Comment abandonne-t-on ses illusions sur le couple pour embrasser la vie?

Et je me faisais un plaisir de découvrir enfin une auteure québécoise, grande vedette du roman jeunesse, qui s'adresse maintenant aux lecteurs adultes.

Mais, rapidement, j'ai été ennuyée. Puis, j'ai souvent levé les yeux au ciel en soupirant...

Tout est trop... «dit» dans La mort d'une princesse. Il manque de subtil, de suggéré, d'images. Question de goût, sans doute, mais l'écriture d'India Desjardins m'apparaissait lourde, bavarde.

J'aurais voulu de l'ironie, de la légèreté. À la place, je me suis sentie engluée dans le monologue verbeux du personnage central, une fille déçue qui choisit de se carapacer le coeur et de tout miser sur la carrière.

Heureusement qu'il y avait par moment l'humour grinçant de la meilleure amie de Sarah, la chocolatière Anik, pour me faire sourire. 

J'ai aimé certaines réflexions sur les réseaux sociaux et la façon dont certains s'en servent pour mettre en scène les plus beaux moments de leur vie. 

L'auteure utilise avec à-propos l'écriture en texto pour certains dialogues. Bonne idée aussi de transposer certains chapitres en textes de théâtre, vivants et colorés. Les faux communiqués de presse décrivant les actions de l'héroïne sont toutefois redondants et inutiles.

Tant mieux si les fidèles d'India Desjardins trouvent du plaisir dans cette quête du bonheur. Moi, j'aurais plutôt dû mettre mon nez dans un Aurélie Laflamme pour satisfaire ma curiosité...  Isabelle Mathieu, Le Soleil  **

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Extrait: la première page

MAYDAY

- Sarâh Dufour? me dit l'agent de sécurité en regardant mon visage pendant que je place mon sac ainsi que tous mes effets personnels dans un bac gris pour les envoyer au scanner.

- Euh...

Je regarde tour à tour ma photo de passeport qui me donne l'air d'une évadée de prison, et mon chum qui n'aime pas que je dise ce que je m'apprête à dire, surtout à un agent de sécurité. Après cinq ans de relation, Gabriel et moi communiquons presque par télépathie. J'admets que ma réponse pourrait porter à confusion. Je pourrais donner l'impression d'avoir usurpé une identité, mais ce n'est pas le cas. Je n'aime simplement pas qu'on écorche mon prénom. Alors je ne peux m'empêcher de préciser, en mettant bien l'accent sur le deuxième « a » :

- Sarah.

Me faire appeler «Sarâh» me fait grincer des dents. Je trouve ça très laid. En plus, pourquoi massacre-t-on seulement le deuxième « a » au Québec ? C'est vraiment un mystère pour moi. Je préfère de loin « Sarah ». C'est plus élégant, non ?

Quoique je dois avouer que j'ai un double standard. Je n'aime pas qu'on m'appelle Sarâh, mais je dis parfois «choco- lât », « là-bâs », « fais pas çâ », « etceterâ ». Ce n'est probablement pas mon seul paradoxe.

L'agent de sécurité me regarde, sans broncher, sans non plus se reprendre (ce que j'aurais trouvé courtois).

Gabriel semble me dire: «T'aurais pu laisser tomber cette fois-ci... Un agent de sécurité ! »

Il me trouve un peu condescendante lorsque je fais ça. Il pense que je devrais en laisser passer quelques-unes. Que quelqu'un qui m'appelle « Sarâh » ne le fait pas pour m'insulter, que c'est seulement sa façon de parler et que je ne peux rien y changer.

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Écho des lecteurs

À propos de La mort d'une princesse d'India Desjardins

Déjà terminé le nouveau roman d'India Desjardins, La mort d'une princesse. J'ai envie de dire... MERCI... merci d'avoir si bien décrit ce que peut être le célibat pour une trentenaire... oui, oui, que je suis moi-même! Hihihi! Vous êtes en couple depuis des lustres... et vous avez de la difficulté à cerner vos amies célibataires? Ce livre est pour vous! Vous êtes en couple depuis des lustres et vous trouvez divertissantes toutes les histoires de vos amies célibataires... ce livre vous fera voir l'autre côté de la médaille de ces histoires si divertissantes à vos yeux... Vous êtes une femme dans la trentaine et célibataire? Vos illusions tombent l'une après l'autre pendant que vos barrières, elles, s'élèvent progressivement... et bien, ce livre est pour vous! Il vous fera du bien! Je dis merci à l'auteure pour ce roman! Tout en restant romancé... il nous fait voir que la fin de nos illusions... c'est seulement le début d'une nouvelle vision! Catherine Petit, Magog

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À venir

  • 1er avril: Blaise Ndala, Sans capote ni kalachnikov (Mémoire d'encrier)
  • 8 avril: Lori Lansens, Les égarés (Alto)
  • 15 avril: Mario Bolduc, Le tsar de Peshawar (Libre expression)

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