Le livre de la semaine: Le cas Malaussène I - Ils m'ont menti

Daniel Pennac, Le cas Malaussène I - Ils m'ont menti, Gallimard (Infographie Le Soleil)

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Daniel Pennac, Le cas Malaussène I - Ils m'ont menti, Gallimard

L'histoire: Dix-huit ans après la parution d'Aux fruits de la passion, Daniel Pennac ramène le clan Malaussène à l'avant-scène dans une intrigue où police, justice et littérature ont la part belle. La tribu de Benjamin a vieilli, mais son quotidien ne s'est pas aplani pour autant. En témoignent les rebondissements, nombreux, qui parsèment ce nouveau récit rocambolesque qui s'ouvre sur l'enlèvement d'un riche homme d'affaires, rien de moins.

Daniel Pennac, Le cas Malaussène I - Ils m'ont menti,... (Archives AP) - image 2.0

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Archives AP

L'auteur: Daniel Pennac est un écrivain français né au Maroc en 1944. Il est notamment connu pour la saga des Malaussène, dont le premier tome, Au bonheur des ogres, est paru en 1985. Outre de nombreux romans pour les adultes et pour la jeunesse, son oeuvre compte aussi des essais, des bandes dessinées et des scénarios.

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Heureuses retrouvailles

CRITIQUE / Ces retrouvailles avec les Malaussène, beaucoup les espéraient. Et depuis longtemps. Si on ouvre ce nouveau chapitre avec un plaisir certain, on constate aussi que l'univers de la saga n'est plus tout à fait le même. La magie opère à demi. On n'est pas désenchantés pour autant. 

C'est juste que le clan Malaussène a changé. 

C'est juste que le temps a passé (Aux fruits de la passion a été publié en 1999, quand même!). Le sablier a fait son oeuvre au sein de l'attachante tribu. Les personnages nés dans les précédents romans sont maintenant de jeunes adultes. La dynamique est autre. Au début, on s'y perd un peu... beaucoup! Il faut plusieurs pages pour refaire connaissance avec l'imposante galerie de héros - et leurs surnoms. Il faut un temps pour apprivoiser ce nouveau réel inventé et s'accrocher à toutes les lignes lancées dans les premiers chapitres. Une fois que ça y est, on arrive enfin à plonger dans l'histoire, portée par différents narrateurs et dans laquelle s'imbriquent diverses intrigues qui finissent par se recouper. 

L'invraisemblable, auquel on s'attend lorsqu'on côtoie Benjamin et son inénarrable fratrie, s'invite à tout crin dans ce récit 2.0. Les nouvelles technologies teintent le quotidien. Les scandales, sportifs comme littéraires et politiques, éclaboussent la vie des uns, bousculent celle des autres.  

Ça se lit comme un roman policier, avec un petit quelque chose en plus. De l'étincelle, je dirais.   

Parce que, ce qui n'a pas changé, c'est l'esprit de Pennac. Son génie pour tisser une histoire et promener le lecteur dans d'improbables, mais savoureux détours. Son style, unique, reconnaissable, délicieux. Ses personnages colorés qui ont encore un charme fou. 

La finale n'en est pas vraiment une, il y aura une suite. On a déjà hâte.  Karine Tremblay, La Tribune ***

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Un Malaussène en demi-teinte

Les premières pages d'Ils m'ont menti font l'effet d'un seau d'eau glacée sur la tête. Pennac ne nous laisse pas le temps de réapprivoiser le style déjanté de la saga des Malaussène. Il nous lance plutôt sans préambule dans ses cascades de mots.

Enfilade de métaphores, de jeux de mots, d'argot... en plus de références aux personnages des romans précédents : tout s'y trouve dès le début. Aucun doute, Pennac n'a pas perdu sa main Malaussène.

Les nouveaux venus s'en trouveront peut-être rebutés, les habitués voudront sûrement persévérer. Une fois le choc passé, on réapprend à apprécier cette manière d'écrire emblématique.

Sur le plan de l'histoire, aussi, l'appréciation se développe assez tard. Dans la première moitié du roman, le récit stagne et s'éparpille avant de se fixer sur l'enquête policière. L'affairiste Georges Lapietà s'est fait kidnapper et ses ravisseurs demandent une rançon équivalente au parachute doré offert par son ancien employeur - au sou près. 

L'intérêt réduit de la première partie réside aussi dans le fait que la plupart des membres de la tribu Malaussène n'y figurent pas. Quant à Benjamin, il se fait très discret avant de revenir en ville à point pour servir, comme à son habitude, de bouc émissaire universel.

Dans toute cette aventure, rien n'a de sens : ni le crime, ni le mobile, ni les méthodes d'enquête, ni la réaction des personnages - mais c'est justement l'invraisemblance assumée qui charme et fascine.

Par les pans les plus absurdes de l'histoire, Pennac passe des messages à la fois naïfs et réfléchis sur le monde moderne : la jeunesse, les nouvelles technologies, le capitalisme.

Tout compte fait, le plaisir de lire Ils m'ont menti augmente exponentiellement. Espérons que la suite reparte sur ce même élan. Sarah Saïdi, La Tribune ***

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Extrait: la première page

Lapietà? Georges? Tu le connais, c'est le genre de type à se rouler dans la confidence comme un chien de ferme dans la fosse à purin. (Ce mouvement hélicoïdal qui les torchonne du museau jusqu'à la queue!) Il est pareil. Il en fout partout. Alors, autant entrer tout de suite dans l'intérieur de sa tête. Il n'y a pas d'indiscrétion, lui-même a tout raconté aux gosses ce jour-là. À commencer par la minutie avec laquelle il s'est préparé pour aller toucher son chèque. Et ses bonnes raisons de ne pas arriver à l'heure : J'ai toutes les cartes en main, j'arrive à mon heure, je palpe mon fric et on se tire en vacances, voilà ce qu'il voulait faire comprendre à l'aimable comité : Ménestrier, Ritzman, Vercel et Gonzalès. Des semaines passées à choisir son déguisement avec soin. Ariana, un bermuda? Si je me pointais en tongs et en bermuda, tu vois leur gueule? Et une canne à pêche? Tuc, démerde-toi pour me dégoter une canne à pêche! La plus ringarde possible, un truc en bambou, genre Charlot, tu vois? Ah! les imaginer poireautant avec ce chèque qui leur dévorait les tripes, poireautant dans le silence lambrissé du grand salon, remâchant l'opinion qu'ils avaient de lui, Georges Lapietà, mais fermant leurs quatre gueules, vu que tous les quatre avaient la queue prise dans le même chéquier. Arrête de te pomponner, Georges, tu te mets en retard. Justement, Ariana, c'est le meilleur de l'affaire. Ah! le silence de leur attente.

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À venir

  • 11 mars: Marie-Claire Blais, Des chants pour Angel (Boréal)
  • 18 mars: Peter Wohlleben, La vie secrète des arbres (Multimondes)
  • 25 mars: India Desjardins, La mort d'une princesse (Éditions de l'Homme)

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