Le livre de la semaine: L'insoumise de Gaza

Asmaa Alghoul, L'insoumise de Gaza, Calmann-Lévy (Infographie Le Soleil)

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Asmaa Alghoul, L'insoumise de Gaza, Calmann-Lévy

L'histoire: Au fil d'une trentaine de courtes histoires, Asmaa Alghoul relate des tranches de vie politico-sociale dans la bande de Gaza, «cette prison à ciel ouvert». À ces bribes du quotidien, auprès de sa famille, d'amis et de collègues journalistes, se mêlent des prises de position très campées contre la politique intérieure de son gouvernement et l'oppression subie par les Palestiniens, à la fois par les islamistes et l'armée israélienne.

L'auteure: Asmaa Alghoul est née dans un camp de réfugiés palestiniens en 1982. Naître à Gaza va influencer tout le reste de sa vie : la jeune mère de famille porte aujourd'hui plusieurs chapeaux, dont ceux de militante, journaliste et blogueuse. Elle raconte maintenant son histoire dans L'insoumise de Gaza.

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Courageuse Asmaa Alghoul!

CRITIQUE / En quelque 236 pages, L'insoumise de Gaza nous donne un bon aperçu de ce qu'est de vivre à Gaza, et d'être une femme sous le régime du Hamas. Que sait-on, de ce côté-ci du globe, de l'éternel conflit israélo-palestinien? Bien peu de choses, à part les attaques et les images que nous renvoie la télévision. Et l'impression qu'on n'en verra jamais la fin.

Un peu à l'image d'un comp-te rendu journalistique, ce condensé de la vie d'Asmaa Alghoul, rédigé sous la plume de l'ex-journaliste et auteur Sélim Nassib, permet de plonger dans la complexité de cette guerre sans fin entre Israéliens et Palestiniens.

Sans fioriture, sans grand exercice de style, Nassib fait ressortir les nuances de noir et de blanc de ceux qui vivent en territoires occupés, nous rappelant du même coup dans quel monde complexe nous vivons. 

Avec cette toile de fond, le récit de la journaliste et militante, également jeune mère de famille, est passionnant.

On ne peut que ressentir de l'admiration pour cette femme qui ose élever la voix devant les injustices commises par Israël et le régime oppressif du Hamas... au péril de sa vie, voire de celle de sa famille. 

L'histoire d'Asmaa Alghoul nous rappelle tristement le danger, dans certains pays, de lutter pour des droits qui peuvent nous sembler acquis ici. La jeune militante court de grands risques en luttant pacifiquement avec ses mots, en s'entêtant à raconter ce qu'elle vit, ce qu'elle voit, et à dénoncer.

On ne peut que ressentir beaucoup de respect pour toute cette fougue et ce courage, qui plus est pour une jeune femme qui n'a que 35 ans, mais qui a déjà mené tant de batailles. Isabelle Pion, La Tribune  *** 1/2

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Puissant cri du coeur

CRITIQUE / À n'en pas douter, il faut un courage incommensurable pour écrire un livre comme L'insoumise de Gaza lorsqu'on habite cette partie du monde. Encore plus lorsqu'on est une femme. De toute évidence, du courage, la militante, blogueuse et journaliste Asmaa Alghoul, n'en manque pas.

Cette incursion intime et personnalisée au coeur de la société gazaouie, un «peuple qui subit les coups les plus durs et qui cicatrice le plus rapidement», se veut un vibrant plaidoyer pour faire connaître au reste du monde la souffrance qui règne dans cette contrée soumise à «l'inhumanité cruelle» d'Israël.

La jeune trentenaire, éprise de liberté pour elle et son peuple, ne se gêne pas non plus pour faire le procès du Fatah et du Hamas, mais aussi des islamistes, «des arriérés» obsédés par le sexe, qui traquent en permanence les mécréants, et qui font subir une «horrible oppression» aux habitants de Gaza en général, et aux femmes en particulier. «Ce sont les islamistes qui divisent, qui sont contre toute joie. Leur culture est une culture de la mort. Tu ne meurs pas pour les tiens ni pour la patrie, tu meurs pour accéder au Paradis.»

Du courage, disions-nous?

À travers une dénonciation tous azimuts des exactions subies par une société qui ne trouve jamais le repos et conduite malgré elle «au bord de l'asphyxie», Asmaa Alghoul prend aussi le temps de célébrer les habitants de Gaza, leur joie de vivre, leur sens de l'entraide, leur générosité, leur résilience. Ces quelques rayons d'humanité apportent un peu de lumière à ce récit rendu avec la rage au coeur, mais aussi, à l'occasion, une bienveillante légèreté.

Pour l'auteure, Gaza est à son image, insoumise et rebelle, et peut se targuer d'avoir gagné la guerre parce qu'«encore en vie»...  Normand Provencher, Le Soleil  ****

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À venir

  • 4 mars: Daniel Pennac, Le cas Malaussène I - Ils m'ont menti (Gallimard)
  • 11 mars: Marie-Claire Blais, Des chants pour Angel (Boréal)
  • 18 mars: Peter Wohlleben, La vie secrète des arbres (Multimondes)

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