Le livre de la semaine: L'héritier de Darwin

Alain Olivier, L'héritier de Darwin, Lévesque éditeur (Infographie Le Soleil)

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Alain Olivier, L'héritier de Darwin, Lévesque éditeur

L'histoire: L'héritier de Darwin est un roman à la fois scientifique et une quête philosophique. C'est aussi, en fond de scène, un texte sur les chemins empruntés au fil des ans par un couple qui, stérile, a adopté deux filles. On y suit le narrateur dans son périple sur les origines de la vie. Au contact de Charles Darwin, il en découvrira davantage sur les ressorts de l'évolution et ceux de l'attachement aux siens.

L'auteur: Docteur en biologie végétale, Alain Olivier est professeur à l'Université Laval. Il est titulaire de la Chaire en développement international et dirige le Groupe interdisciplinaire de recherche en agroforesterie. Avant L'héritier de Darwin, Alain Olivier a publié deux récits de voyage, ainsi que deux romans, Le chant des bélugas et Nuits d'Afrique.

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Merci Darwin

CRITIQUE / Alain Olivier ne lui a offert qu'une douzaine d'apparitions, mais le grand Charles Darwin porte ce roman à bout de bras avec des révélations riches sur des aspects moins connus de son oeuvre. 

Dans ces courts passages, on retrouve tout ce qui manque au reste du récit, présenté comme un roman scientifique. L'auteur est doué et son écriture est impeccable, mais son insistance à tout décrire tel un naturaliste, surtout les oiseaux qui survolent le livre continuellement,  finit par lasser. De la même manière, les décors et les personnages sont chaque fois dépeints avec une abondance de mots convenus et d'adverbes inutiles, sans que jamais l'image forte ne tombe. 

Les réflexions du père, de l'amoureux et du scientifique versent parfois dans le journal intime un peu désincarné.  Si on y reconnaît un professeur dans la mi-trentaine avec des questionnements bien ancrés dans notre époque, on regrette de ne pas saisir le coeur du personnage, qui garde toujours ses distances. 

Cela dit, L'héritier de Darwin révèle un auteur remarquablement doué pour le scénario. En aucun temps le lecteur ne s'égare entre le voyage du couple au Chili, les émois de leur amour naissant plusieurs années auparavant et les inquiétudes liées à l'infertilité de la femme. Avec le même brio, Alain Olivier relate de nombreuses observations tirées de voyages scientifiques antérieurs, toujours avec une parfaite maîtrise du temps. 

Et il y a ces rencontres fugaces et toujours en solitaire avec Darwin, parfaitement intégrées au récit. Ces passages surréalistes donnent lieu à des échanges révélateurs qui donnent toute la substance au roman. 

Comme quoi, la science éclaire la vie à bien des égards, mais elle peut manquer de charme si on s'y astreint avec trop de rigueur.  Serge Denis, La Tribune ***

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Quête ingénieuse

CRITIQUE / C'est un roman ingénieux que celui d'Alain Olivier. On y découvre la figure de Charles Darwin, qui apparaît en chair et en os au narrateur-bourlingueur. Ils dialoguent. On tend l'oreille, inévitablement.

Bien sûr, on les entend. On les entend et on les écoute. On comprend que la loi du plus fort ne fait pas foi de tout; que Darwin regrette un peu de n'avoir pas mis l'accent sur d'autres aspects de ses recherches.

C'est ce qu'il finira par confier au narrateur, lui-même chercheur en biologie parti explorer les confins du Chili avec sa compagne, Julie.

Par la magie du roman, Darwin dit qu'il insisterait aujourd'hui sur le fait que les êtres vivants connaissant le plus de succès sont ceux qui coopèrent. Pas ceux qui livrent aux autres une lutte sans merci.

On sort moins con de la lecture de L'héritier de Darwin. Le regard du narrateur s'aiguise au contact du naturaliste anglais. Celui du lecteur aussi.

Ce roman est un appel. Un appel à la coopération et à la fraternité de deux hommes de science se rencontrant par-delà les siècles. Leur appel peut dessiller les yeux, même de ceux qui croient les avoir bien ouverts. 

«Tout, dans la nature, n'est pas que compétition», insiste le célèbre naturaliste entré dans l'histoire en 1859 avec son livre L'origine des espèces au moyen de la sélection naturelle. Les faiblesses cachent parfois des forces prodigieuses, vient-il nous dire aujourd'hui par le truchement de l'auteur.

Le livre d'Alain Olivier n'est jamais pédant. Jamais lourd. Les mots glissent comme le temps qui passe. Ils s'écoulent comme cette «fin du monde, arrivée depuis le jour même de son commencement».

Ce roman est finement construit. On ne voit pas la charpente. On voit l'oeuvre qu'elle soutient. Il y a des chutes et des hauteurs.

Ce roman porte haut et fort un propos. Il comporte des plans rapprochés et des plans larges. Il fait réfléchir.

Ce roman, je dois le dire, est écrit par un ami. Je dois surtout dire que c'est l'ouvrage d'un écrivain. Jean-Marc Salvet, Le Soleil ****

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Extrait: la première page

La première fois que je l'ai vu, je veux dire pour de vrai, parce que je m'étais depuis longtemps efforcé de l'imaginer, c'était à quelques dizaines de kilomètres de Concepción, sur un promontoire rocheux en bordure de l'océan Pacifique. Julie et moi venions tout juste d'en terminer l'ascension, en empruntant un sentier rocailleux qui serpentait au milieu des herbes sèches. Nous avions passé l'après-midi à la plage, occupés à somnoler à l'ombre d'un pin, à l'exception d'un bref intermède d'animation où nous avions sauté, agités, dans les vagues, pour en ressortir aussitôt, frigorifiés, avant de nous assoupir de nouveau. Même si nous étions surtout attirés par les montagnes, les lacs et les forêts, nous n'avions pas voulu rater l'occasion de découvrir à quoi ressemblait le littoral chilien. Il serait d'ailleurs exagéré de prétendre que nous n'avions aucun intérêt pour la mer, qui était du reste notre ultime destination, à l'extrémité du continent. Il est vrai cependant qu'à l'image, peut-être, de notre univers intérieur, nous aimions surtout les côtes escarpées, battues par les vagues et balayées par le vent. Il nous fallait, pour nous satisfaire, des bourrasques et une houle avec de gros moutons blancs. Même la pluie nous mettait en joie.

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À venir

  • 25 février: Asmaa Alghoul, L'insoumise de Gaza (Calmann-Lévy)
  • 4 mars: Daniel Pennac, Le cas Malaussène I - Ils m'ont menti (Gallimard)
  • 11 mars: Marie-Claire Blais, Des chants pour Angel (Boréal)

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