Le livre de la semaine: Petit traité d'éducation lubrique

Lydie Salvayre, Petit traité d'éducation lubrique, Seuil (Infographie Le Soleil)

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Lydie Salvayre, Petit traité d'éducation lubrique, Seuil

L'histoire : Réédition d'un livre publié pour la première fois en 2008, ce traité explique, dans les grandes lignes, ce qu'il y a à savoir sur le sexe et comment l'obtenir de l'être désiré. L'auteure résume à merveille son intention dans la quatrième de couverture : «Petit traité destiné à instruire les analphabètes du sexe, à désengourdir les gourds et à défâcher les méchants.»

Lydie Salvayre, Petit traité d'éducation... (Fournie par Diffusion DiMedia) - image 2.0

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Fournie par Diffusion DiMedia

L'auteure : Lydie Salvayre est une auteure française prolifique ayant publié plusieurs romans. Elle a également écrit pour la radio et la télévision. Son ouvrage Pas pleurer a notamment été récompensé du prix Goncourt en 2014. Elle est également récipiendaire du prix Novembre pour La compagnie des spectres et du prix François-Billetdoux pour BW. Ses titres sont traduits dans 

une vingtaine de langues.

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L'art du désir décortiqué

CRITIQUE / Avec son Petit traité d'éducation lubrique, réédité pour une seconde fois, Lydie Salvayre ne cherche pas à pervertir les esprits, mais plutôt à les ouvrir. Car si les plus prudes peuvent rougir à la lecture de l'ouvrage, sachez qu'on se situe à des kilomètres de ces fameuses cinquantes nuances...

L'auteure n'a pas peur des mots, elle qui joue habilement avec un vocabulaire étendu entourant la «chose». Il serait en effet pratique d'avoir un dictionnaire sur la table de chevet pour comprendre toutes les allusions et subtilités du registre amoureux dont elle fait usage.

Le désir humain y est décrit à la manière d'un documentaire de National Geographic, rappelant au lecteur que sa sexualité n'est que l'expression de son côté animal... plus enfoui chez certains que d'autres. L'essai est en soi un habile pied de nez à cette facette de la nature humaine.

Sans détour et sans tabou, Salvayre explore, avec sarcasme et humour, l'acte amoureux sous tous ses angles et toutes ses positions. L'art profond de la séduction, elle le maîtrise parfaitement... disons. 

L'auteure prodigue au lecteur, quel que soit son sexe, quelques conseils pour savoir se faire désirer et mettre le grappin sur la proie de sa luxure, toujours en laissant place à l'imagination... et au ridicule.

L'exercice prend son sens à la dernière page, avec un atterrissage en douceur de l'auteure après toutes ces cabrioles littéraires. Juste pour ces dernières lignes, la lecture en aura valu le coup jusqu'à la toute fin.

À lire en couple, pour les fous rires. Ceux qui s'attendent à être émoustillés à la lecture de ce petit livre rouge pourraient toutefois être déçus, mieux vaut vous en avertir. Quoique... Marie-Ève Martel, La Voix de l'Est  ***1/2

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Décoincer les frustrés du sexe

CRITIQUE / Aimer la vie. Aimer le sexe. Pour Lydie Salvayre, ces deux phrases vont tellement bien ensemble qu'elles sont presque interchangeables. 

Rafraîchissante lecture à quelques jours de la Saint-Valentin, ce livre n'est toutefois pas écrit comme un roman érotique, fait pour mettre en appétit. Oubliez donc l'idée de le lire sous la couette en compagnie de votre douce moitié. 

Ce traité est plutôt fait pour être lu en solo, en gardant l'esprit ouvert. Sourire en coin, on parcourt à grande vitesse les 119 pages, alors que l'auteure décortique autant le simple baiser que les positions les plus diverses pour faire l'amour, sans se prendre les pieds dans les fleurs du tapis. Ceux qui aiment le sarcasme et l'humour subtil seront servis. 

Le vocabulaire utilisé pour décrire le sexe peut toutefois déstabiliser. Il passe du niveau littéraire - savez-vous ce qu'est la futution? - à des mots beaucoup plus crus. Une bonne façon de démontrer que l'érotisme fait partie de la vie de tous les hommes et femmes, peu importe leur statut social, leur pays d'origine ou l'époque à laquelle ils ont vécu. Par contre, les nombreuses références littéraires et extraits de poèmes rendent parfois la lecture moins fluide. 

Reste que le message général qui ressort de ce livre est intéressant et mériterait d'être plus souvent abordé. S'il y avait moins de gens frustrés, coincés dans une sexualité insatisfaisante ou qui ont peur de se laisser aller aux plaisirs charnels, peut-être que le monde serait meilleur? L'auteure frappe fort sur la religion et même sur le mariage comme des freins à une sexualité épanouie. Des prises de position qui peuvent être discutables. Mais on ne peut qu'applaudir sa noble intention de lutter contre les frustrations au lit, qui se transposent parfois en frustrations dans la vie. Patricia Cloutier, Le Soleil ****

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Extrait: la première page

1. L'étreinte préliminaire

Il nous faut distinguer trois types d'étreintes préliminaires :

1 - subreptice,

2 - appuyée,

3 - insistante. 

1 - L'étreinte subreptice

L'éducation lubrique offrant une excellente opportunité pour élargir et approfondir notre vocabulaire, nous vous rappelons que le mot subreptice s'est formé à partir de subreptus : participe passé de subripere qui signifie «dérober», et de subrepere qui signifie «se glisser sous».

L'étreinte subreptice convient particulièrement aux débutants, aux pubescents et aux timides. Elle se pratique mine de rien et comme par inadvertance, et consiste à effleurer, par le plus grand hasard du monde, la poitrine convoitée, ou à rencontrer, Dieu sait comment, les lèvres désirées, ou à se retrouver plaqué, par un faux pas, un geste maladroit, un trébuchement, une secousse, que sais-je, contre l'objet de la tentation, vous m'en voyez confus.

Cette modalité présente l'avantage de pouvoir s'exercer, sans y paraître, en tous endroits, en toutes occurrences, et sans l'appoint d'aucun accessoire (le coup du mouchoir que la jeune fille laissait tomber en vue d'obtenir un simple effleurement est aujourd'hui totalement obsolète).

Elle constitue à nos yeux la seule circonstance où la sournoiserie vaut d'être encouragée.

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À venir

  • 18 février: Alain Olivier, L'héritier de Darwin (Lévesque éditeur)
  • 25 février: Asmaa Alghoul, L'insoumise de Gaza (Calmann-Lévy)
  • 4 mars: Daniel Pennac, Le cas Malaussène I - Ils m'ont menti (Gallimard)

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