Le livre de la semaine: Voici venir les rêveurs

IMBOLO MBUE, Voici venir les rêveurs (Belfond) (Infographie Le Soleil)

Agrandir

Infographie Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

IMBOLO MBUE, Voici venir les rêveurs (Belfond)

L'histoire: Ils ont quitté leur Cameroun natal pour vivre le rêve américain. Jende Jonga, sa femme Neni et leur fils Liomi vivent dans un petit appartement à Harlem, mais ils vivent d'espoir. Pour eux, mais également pour leur enfant. Il décroche un emploi de chauffeur pour un directeur chez Lehman Brothers, et elle étudie pour devenir pharmacienne. Mais il n'a pas son permis de travail et des obstacles imprévus surviennent d'un peu partout, forçant une remise en question de leur aventure.

IMBOLO MBUE, Voici venir les rêveurs... (Archives Le Droit) - image 2.0

Agrandir

Archives Le Droit

L'auteure: Née en 1982, Imbolo Mbue est originaire de la ville de Limbé au Cameroun, d'où viennent les personnages de son roman. Arrivée aux États-Unis en 1998, elle vit à New York. En 2014, son roman a reçu un accueil exceptionnel à la Foire du livre de Francfort où les éditeurs ont fait monter les enchères jusqu'à 1 million $ pour en obtenir les droits.

. . . . . . . . . .

Du rêve à la réalité

CRITIQUE / Voici venir les rêveurs se présente comme une illustration de l'Amérique dans ce qu'elle a de mieux et de pire à offrir. 

À travers Jende Jonga et sa femme Neni, l'auteure offre une intéressante incursion dans le quotidien d'un couple du Cameroun qui poursuit le rêve de centaines, de milliers d'autres immigrants, soit de s'établir aux États-Unis.

C'est avec un certain émerveillement que les personnages principaux découvrent New York, leur nouveau chez-soi. Emploi de rêve pour l'immigrant d'Afrique de l'Ouest sans papier, perspective d'études pour sa femme, c'est dans un lent crescendo que s'établit la trame de l'histoire.

Par les descriptions tout en candeur du personnage principal de ses périples new-yorkais, de son environnement de travail, de son patron et ses collègues, on s'attache peu à peu à la famille camerounaise qui vit dans Harlem. 

Des quartiers huppés de New York jusque dans les vacances dans les Hampton au service du richissime Clark Edwards et de sa femme Cindy, Jende et Neni constatent que l'Amérique peut tout donner, puis tout reprendre.

Si la première moitié du roman illustre ce rêve américain, la réalité du pays de l'Oncle Sam rejoint le couple d'origine camerounaise dans ce qu'elle a de moins reluisant.

C'est cependant à partir du moment où tout semble basculer que l'intrigue du roman offre ses meilleurs moments.

Lorsque le vent tourne dans la vie de tous les personnages, des facettes jusque-là insoupçonnées surprennent et font prendre une nouvelle tangente à l'histoire. 

Les rêveurs sont alors ramenés à la réalité - celle d'une terre d'accueil qui peut aussi rester celle des souvenirs.

Ce premier roman de la Camerounaise Imbolo Mbue s'avère un bon divertissement avec un rythme parfois lent. René-Charles Quirion, La Tribune ***

. . . . . . . . . .

Dans les coulisses du rêve américain

CRITIQUE / Je n'aime pas les romans qui ne parviennent pas à piquer rapidement ma curiosité ou à me faire aimer leurs personnages. J'ai été «accroché» dès le premier chapitre de Voici venir les rêveurs. C'est le genre de livre dont on a hâte de connaître la suite. Au fil des événements, Jende et sa femme Neni nous font découvrir les us et les coutumes de leur pays d'origine. Ils nous font partager leurs espoirs et leurs craintes dans ce nouveau monde fascinant que sont, pour eux, les États-Unis d'Amérique. Ils nous éveillent au dur labeur des immigrants qui tentent de se tailler une place chez nous, à leurs difficultés d'adaptation, leurs hésitations et leurs doutes.

Mais en parallèle, c'est à une histoire profondément humaine de deux familles que nous convie Imbolo Mbue dans son roman. Celle des immigrants, bien sûr, mais aussi celle de la famille de leur employeur dont la richesse et le confort cachent de grandes angoisses et de grandes tristesses. En conclusion, c'est la philosophie et la sagesse camerounaise de Jende qui l'emportera et qui lui vaudra le respect de son employeur américain.

L'autre aspect passionnant de ce livre est la démarche de Neni qui découvre, dans les moeurs et le style de vie des Américains, une fenêtre libératrice pour la femme qu'elle ne connaissait pas au Cameroun. Une fenêtre difficile à accepter pour Jendi, qui n'accepte pas ces changements de comportement chez sa femme. C'est son cousin Winston, arrivé aux États-Unis depuis longtemps, qui lui ouvre les yeux : «Ce n'est pas comme chez nous, où un homme fait comme bon lui semble et la femme lui obéit. Ici, c'est l'inverse. Les femmes disent à leur homme ce qu'elles veulent et les hommes le font parce qu'ils disent : "Épouse heureuse, vie heureuse". C'est une drôle de société.»

Voici venir les rêveurs est un roman sans prétention, mais tellement vrai. À lire, absolument. Gilbert Lavoie, Le Soleil ****

. . . . . . . . . .

Extrait: la première page

On ne lui avait jamais demandé de porter un costume pour un entretien d'embauche. Jamais dit d'apporter un curriculum vitae. Une semaine plus tôt, il ne possédait d'ailleurs pas de curriculum, quand il s'était rendu à la bibliothèque à l'angle de la 34e Rue et de Madison Avenue et qu'un bénévole lui en avait rédigé un, détaillant son parcours afin de montrer qu'il était un homme aux grandes qualités : fermier responsable du labourage des terres et de la bonne santé des récoltes; cantonnier chargé de préserver la beauté et la rutilance de la ville de Limbé; chargé de vaisselle dans un restaurant de Manhattan, veillant à ce que les clients mangent dans des assiettes sans traces ni microbes; taximan officiel dans le Bronx, responsable du bon acheminement des passages.

Il n'avait jamais eu à s'inquiéter de savoir si son profil correspondrait, si son anglais conviendrait, s'il passerait pour un homme suffisamment intelligent. Mais ce jour-là, vêtu de son costume croisé vert à fines rayures, celui-là même qu'il portait quand il avait débarqué aux États-Unis, une pensée l'obsédait: serait-il capable de faire impression sur un homme qu'il n'avait jamais rencontré?

. . . . . . . . . .

À venir

  • 19 novembre: Louis Hamelin, Autour d'Éva (Boréal)
  • 26 novembre: Marie-Hélène Poitras et Léa Clermont-Dion, Les superbes (VLB)
  • 3 décembre: Deni Ellis Béchard, Dans l'oeil du soleil (Alto)

Écrivez-nous

Le Club de lecture se veut un lieu d'échange sur la littérature. Chaque semaine, deux journalistes du Groupe Capitales Médias partagent leur appréciation d'un livre. Et nous voulons aussi votre avis! Vous avez lu le bouquin dont nous parlons et voulez donner vos commentaires? Envoyez-nous un texte d'environ 80 mots (500 caractères) avec votre nom et votre lieu de résidence à clubdelecture@gcmedias.ca

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer