Le livre de la semaine: Vrai ou faux

CHRYSTINE BROUILLET, Vrai ou faux (Druide) ... (Infographie Le Soleil)

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CHRYSTINE BROUILLET, Vrai ou faux (Druide)  


L'histoire : La secrétaire de la paisible résidence pour aînés Les Cèdres est trouvée morte, étranglée, en plein Bois-de-Coulonges. Le lecteur sait dès le départ qui est le meurtrier et assiste, pas à pas, à l'enquête de Maud Graham et de ses collègues de la police de Québec, qui, bien loin de leur monde criminel habituel, doivent naviguer au milieu de témoins fragiles, à la mémoire vacillante, aux secrets bien gardés.

Chrystine Brouillet... (La Presse) - image 2.0

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Chrystine Brouillet

La Presse

L'auteure : Talentueuse et prolifique, Chrystine Brouillet a écrit une cinquantaine de romans, surtout policiers. Sa série mettant en scène la détective Maud Graham connait un énorme succès, avec plus de 600 000 exemplaires vendus. Cette héroïne, que la romancière décrit comme  «une femme ordinaire exerçant un métier hors de l'ordinaire», est une enquêteuse de grande expérience au flair et à la ténacité redoutables.

Portraits de vieux et enquête bien lisse

CRITIQUE/ C'est à se demander si Chrystine Brouillet avait vraiment le goût d'une enquête. Car les passages «policiers» sont certainement les moins intéressants de Vrai ou Faux

Bien sûr, c'est toujours agréable de retrouver Maud Graham, la rousse enquêteuse qu'on aime encore plus pour ses défauts que pour ses qualités. Et, bien sûr, pour une fille de Québec - d'accord, Lévis -, c'est toujours aussi amusant de se promener dans des lieux connus, de la côte Gilmour à la rue Saint-Paul. 

Mais l'enquête autour du meurtre de Lydia Francoeur, secrétaire du directeur de la résidence Les Cèdres, ne soulève ni angoisse ni surprise. Pas de palpitation, pas de grands revirements de situation; une route lisse, linéaire et un peu ennuyeuse. Est-ce la construction du récit, où l'on connaît dès le départ l'auteur du crime? Est-ce la personnalité du meurtrier, qui m'a laissée indifférente? 

Ce qui fait qu'on continue de tourner les pages jusqu'au bout, ce sont les magnifiques portraits de vieillards, des personnages incarnés, douloureusement lucides. On s'attache sans réserve au vieux peintre, à l'enquêteur retraité, à la psychologue en fauteuil roulant. Ils répercutent tous nos craintes, nos deuils.

Chrystine Brouillet sait rendre parfaitement toute la confusion qui habite un vieillard, au printemps de la maladie d'Alzheimer, et elle dépeint avec tendresse l'amitié entre deux vieux.

L'auteure est toujours aussi habile à rendre les lieux vivants, la nourriture appétissante, les vêtements texturés. Son écriture précise se prête à merveille à l'univers des beaux-arts qui enveloppe le récit d'une chaude lumière.

Pour les lecteurs du dimanche qui, comme moi, arrivent et repartent de la série des Maud Graham à leur guise, les références aux personnages secondaires et aux intrigues des romans passés agacent, embrouillent. 

On reviendra à Maud Graham, personnage irrésistible. En se souhaitant plus de frissons. Isabelle Mathieu, Le Soleil, ** 1/2

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Démêler le rêve de la réalité

CRITIQUE/ Peintre brillant et proli­fique, Karl est vieillissant. Le temps où il vivait avec un père raciste et violent dans un trou perdu du Sud des États-Unis est bien loin. 

De Québec, où il a décidé de refaire sa vie, il entretient maintenant une amitié avec un ancien enquêteur de la Sûreté du Québec, son voisin à la résidence Les Cèdres. 

Depuis quelque temps, sa mémoire n'est plus la même. Qu'a-t-il vu l'autre soir dans le Bois-de-Coulonge? 

La fiabilité de la mémoire chez une personne aux prises avec la maladie d'Alzheimer est au centre de la nouvelle enquête de l'inspectrice Maud Graham. La policière doit, pour retrouver le meurtrier, sonder des souvenirs flous, confus et imprécis. 

On ne peut être qu'intrigué de connaître le vrai du faux... la réalité du rêve. Connaissant certains éléments de ce qui est véritablement arrivé, on a même envie de souffler les réponses à l'oreille de la policière. 

Si seulement elle pouvait nous entendre...

Chrystine Brouillet explore abondamment la psychologie et le passé des personnages dans son nouveau roman. On s'attache ainsi à eux, alors qu'on comprend bien leur motivation et leur réalité. La complexité des personnages est d'ailleurs la grande force de ce roman policier. 

Heureusement, car l'enquête policière est somme toute banale et peut même sembler accessoire.  

On devine dans Vrai ou faux la plume d'une véritable amoureuse de la ville de Québec. Quiconque l'a déjà visitée reconnaîtra les endroits où se déroulent les événements du roman. 

Le lecteur est transporté du Musée national des beaux-arts à la rue Cartier en passant par le port de Québec, le traversier vers Lévis ou la vieille ville. Plus que des tableaux pour présenter l'action du roman, Québec devient un personnage.  Gabriel Delisle, Le Nouvelliste  ***

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Extrait: la première page

États-Unis, septembre 1946

Si Karl Spencer n'avait pas fait un cauchemar qui l'avait tiré de son lit le coeur battant et le front moite, peut-être qu'il ne se serait pas réveillé quand la voiture de M. Simpson s'arrêta devant la maison dans un crissement de pneus. Il perçut simultanément le grincement de la porte d'entrée, puis la voix de son père, celle de M. Dean et le rire de Ken Simpson, rauque, entrecoupé de quintes de toux. De la fenêtre entrouverte de sa chambre, il sentait la fumée de sa cigarette.

- C'est pour demain, dit Stephen Dean. Tout le monde devrait être là.

- On ne sera pas dérangés, la ferme est isolée, dit Simpson.

- Le feu se verra de loin, fit Walt Spencer.

- Mais on a le chef des pompiers avec nous, rappela Simpson en éclatant de rire. Personne ne nous embêtera.

- Et le shérif?

- Il sait très bien quand c'est le temps de se mêler de ses affaires, affirma Dean. Penses-tu qu'il va se déranger pour des nègres? S'il veut être réélu l'an prochain...

- Il fait mieux de comprendre qu'on ne veut pas de nègres, de chinetoques, de juifs ni de communistes dans notre région, déclara Spencer. Ce n'est pas une petite loi qui va nous empêcher de faire notre boulot pour garder notre pays propre. La vermine doit rester à sa place. Hitler avait raison.

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Échos des lecteurs

À propos du livre Faims de Patrick Sénécal

L'arrivée d'un cirque ambulant qui est composé de personnages bizarres et mystérieux. Une série de meurtres atroces coïncident avec la venue de ce cirque dans une ville paisible et fictive. Qui est le meurtrier? Qu'est-ce qui le pousse à tuer de façon sanguinaire ses victimes? Faims du Sénécal fidèle à lui-même. Des émotions fortes, de la réflexion, du dégoût et pourtant le désir de poursuivre la lecture. Aucune surprise, c'est du Sénécal du début à la fin. On aime ou pas... moi... j'aime!!

Carole Brisebois, Cantley

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