Le club de lecture: Les maisons

FANNY BRITT, Les maisons, Cheval d'août (Infographie Le Soleil)

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FANNY BRITT, Les maisons, Cheval d'août

L'histoire: Tessa est maman de trois enfants et toujours amoureuse de leur père. Elle semble mener une vie familiale qui la comble. Jusqu'au jour où la trentenaire, qui est aussi agente immobilière, reçoit le mandat de vendre la maison d'un ancien amant qui se sépare. Tessa n'a jamais mis un point final à leur histoire. 

Or, elle a rendez-vous avec Francis, dans trois jours. En l'attendant, Tessa remet tout en question.

Fanny Britt... (La Presse, Marco Campanozzi) - image 3.0

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Fanny Britt

La Presse, Marco Campanozzi

L'auteure: Essayiste, dramaturge et traductrice, Fanny Britt est très active dans le milieu du théâtre. Sa pièce Bienvaillance a été couronnée d'un prix du Gouverneur général en 2013. Cette même année, elle était finaliste pour le texte de la bande dessinée Jane, le renard et moi. Auteure des albums jeunesse Félicien (La courte échelle), elle signe, avec Les maisons, son premier roman.

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Une femme entre deux portes

CRITIQUE / Tessa avait 20 ans quand elle est tombée follement amoureuse de Francis. C'était dans une autre vie, puisque Tessa a depuis rencontré le tendre et généreux Jim, est devenue l'heureuse maman de trois gamins et a troqué ses ambitions de chanteuse classique pour un rôle d'agente immobilière. Le retour de Francis dans sa vie chamboule toutes ses certitudes. Au malaise initial succède l'irruption de sensations longtemps enfouies. Et s'il n'était pas trop tard pour reprendre là où leur relation s'est interrompue, il y a 15 ans?

L'heure des décisions et des bilans a sonné. Ainsi, pendant que la trentenaire attend fébrilement le rendez-vous avec son ancien amant, elle confronte ses désirs d'hier (sa passion inassouvie pour Francis) à ceux d'aujourd'hui (les mains rassurantes, mais si prévisibles de Jim; les câlins mais aussi les crises de ses enfants), en tentant d'imaginer de quoi ils pourraient être faits demain si... Car Tessa est convaincue de tout plaquer si elle revoit Francis.

Les maisons est tout, sauf complaisant. Entre l'achat d'un maillot de bain (scène particulièrement truculente), les obligations familiales, les rêves et les désillusions de son héroïne, Fanny Britt jette un regard aussi lucide et mordant que vrai et émouvant sur le couple, l'adultère, la maternité, l'amitié, le vieillissement, la féminité et la fidélité (notamment à soi-même). Elle ancre les observations, pulsions et frustrations de Tessa dans un quotidien qui fait un troublant écho à la réalité de toute femme ayant eu à faire face à un amour ressurgi du passé pour hanter son présent. L'auteure fait aussi d'éloquents allers-retours dans l'histoire de Tessa pour mieux creuser ses failles et ses envies; pour farfouiller sans concession les moindres replis de son corps et de son âme. Ce faisant, Britt réussit du coup à rendre les tourments de son personnage sans la juger ni prétendre incarner la «vérité», sinon celle, intrinsèque, de Tessa. Qui, au final, devra faire le bon choix. Pour elle.  Valérie Lessard, Le Droit ****

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Déluge intérieur

CRITIQUE / On m'avait dit beaucoup de bien de ce roman. Tellement que je suis restée sur ma faim. 

L'histoire de cette trentenaire qui a le goût d'une aventure après être tombée par hasard sur un amour de jeunesse est toute simple, voire banale. Tessa aime sa vie, mais elle rêve de mieux, de prendre un nouveau départ. 

Pendant les trois jours que dure le récit, Fanny Britt nous plonge dans toutes les hésitations de son héroïne, entrecoupées de souvenirs. 

Les maisons n'offre pas de grandes péripéties ou de surprises. La vie de Tessa suit son cours tranquille pendant que, dans sa tête, c'est le déluge d'émotions. Pour cette chronique du quotidien, c'est comme si on lisait à l'intérieur d'une mère de famille et agente d'immeuble un peu triste. Des gâteaux sucrés à faire pour l'école en passant par l'essayage forcé d'un maillot de bain, le livre fait sourire, parce que les lecteurs - les lectrices surtout - se retrouveront dans l'amalgame de pensées futiles et de pensées très profondes qui s'entrechoquent, pêle-mêle. 

L'écriture est sans contredit de grande qualité. On a l'impression de sentir, de goûter ou de toucher tout ce dont l'auteure nous parle. Les souvenirs de Tessa sont tellement réels qu'on croit être avec elle dans une garderie à quatre ans, à avoir de la difficulté à faire la sieste. On a presque mal au coeur d'avoir trop mangé de sucre dans une file d'attente nocturne pour des billets de Pearl Jam.

Reste que la trame narrative n'est pas des plus enlevantes. On se retrouve un peu dans cette femme qui magnifie un amour de jeunesse, en se vautrant dans tout le romantisme qu'elle croit avoir vécu. Mais la réflexion ne va pas beaucoup plus loin. 

Après avoir tourné la dernière page, on a surtout envie de secouer l'héroïne pour lui dire de sortir de sa tête, question d'être vraie avec elle-même et avec ceux qui l'entourent.  Patricia Cloutier, Le Soleil ***

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Extrait: la première page

Je ne sais pas encore que je suis chez lui. J'aurais peut-être dû le deviner. Y avait-il un indice dans cette assiette au fond de l'évier, le couteau posé sur l'assiette, le beurre et la confiture sur le couteau? Les cheveux de Francis s'emmêlaient-ils sur le peigne dans la salle de bain? Se rasait-il toujours au rasoir à lames, ses pantalons se déchiraient-ils encore aux genoux?

Évelyne range le nécessaire à couture dans la penderie de la salle de lavage. Ça, j'ai vu. J'ouvre les portes d'armoires.

«C'est une formalité, j'espère que ça vous va», j'explique à Évelyne, qui n'est alors qu'une femme de mon âge, un peu plus jeune ou un peu plus vieille; il arrive un moment où les gens deviennent une masse indistincte, nous croyons avoir l'âge de filles qui ont dix ans de moins ou cinq ans de plus, et nous disons qui s'en soucie de toute manière, en pensant voilà un beau mensonge.

Évelyne rit d'un petit rire traînant et triste, elle répond : «Bien sûr que oui, ouvrez toutes les portes, je n'ai rien à cacher.» C'est vrai. Sa salle de lavage est impeccable. Son nécessaire à couture me fascine, une trousse en laine bouillie gris éléphant, brodée de fil rouge au point de croix, une superbe petite chose scandinave, et je pense, Évelyne est danoise. Elle me dépasse d'une tête et ses cheveux blonds, droits et fous comme les blés, s'abattent en trombes sur son lainage noir.

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Échos des lecteurs

À propos du livre Profession du père de Sorj Chalandon

Ce titre m'intriguait car il me ramenait moi aussi à cinq ans, en première année, quand on me demandait ce que faisait mon père: il travaillait... Heureusement, mon père était plus facile à saisir dans ses occupations hors de la maison. Ce roman est fantastique dans sa folie et donc très troublant.  Joanne Robitaille, Québec

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À venir

2 juillet: André Alexis, Le langage de la meute (Québec Amérique) 

9 juillet: Nicole Castéran, L'oeil du diable, tome 1 : 1685 (Libre Expression)

16 juillet: Patrick Senécal, Faims (Alire)

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