Le club de lecture: Un été à No Damn Good

NATHALIE PETROWSKI, Un été à No Damn Good (Boréal) (Infographie Le Soleil)

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NATHALIE PETROWSKI, Un été à No Damn Good (Boréal)

L'histoire : Nouvellement arrivée dans le quartier anglophone de Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal, Nora P., 14 ans, est laissée à elle-même par son père et sa mère trop occupés par leurs obligations sociales et professionnelles et leurs disputes sur le point de faire exploser leur couple. Heureusement, elle s'est fait deux bonnes amies, Élise et Marie-T Chevrier, les deux voisines d'en face. Il y a aussi le beau Jeannot, le grand frère des deux frangines, un poète qui compose des chansons, gratte sa guitare mais surtout un jeune homme aux idées marxistes. En l'espace d'un été, ce petit monde tranquille s'effondrera.

Nathalie Petrowski... (La Presse, André Pichette) - image 2.0

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Nathalie Petrowski

La Presse, André Pichette

L'auteure :Chroniqueuse au quotidien La Presse, Nathalie Petrowski avait publié deux romans avant de se lancer dans la rédaction d'Un été à No Damn Good, soit Il restera toujours le Nebraska (1990) et Maman Last Call(1995). Elle a aussi été la scénariste des films Maman Last Call, tiré de son roman, et Gerry, qui racontait l'histoire de Gerry Boulet, leader du groupe Offenbach, et l'auteur de la série Miss Météo.

La fin de l'innocence

CRITIQUE/ Début des années 70 à Montréal. Une période charnière dans l'histoire du Québec parce qu'elle allait changer le cours des choses à bien des niveaux, une période d'affirmation dans la Belle Province. Des Québécois en ont assez de vivre sous le joug des Anglais et réclament leur pays.

Au même moment, les premières féministes revendiquent les mêmes droits que les hommes. Et c'est aussi pour plusieurs la découverte des drogues douces. C'est dans cette période que Nathalie Petrowski situe son nouveau roman qui pourrait être autobiographique tellement il semble collé sur sa réalité.

L'auteure a cependant rejeté cette affirmation en expliquant sur les tribunes qu'elle s'était inspirée de son passé mais qu'elle l'avait recréé.

En 1971, quand s'amorce Un été à No Damn Good, Nora P, l'héroïne de Nathalie Petrowski, a 14 ans. J'en avais 12 à la même époque. Elle vivait à Notre-Dame-de-Grâce et moi à Ahuntsic. Et ma famille, si elle ne ressemblait en rien à celle de Nora P., avait beaucoup d'affinités avec celle des Chevriers.

En me plongeant dans Un été à No Damn Good, j'ai retrouvé un pan de mon passé de jeune adolescent et j'ai revécu des épisodes ayant marqué ma jeunesse.

Très dynamique, l'écriture de Nathalie Petrowski est pleine d'images et de références. Bien souvent, je n'avais pas à m'imaginer les lieux où se déroulait l'intrigue, je les voyais dans ma tête parce que je les connaissais. Le film créé par mon imagination semblait donc bien réel. Un film accompagné d'une bande sonore de pièces ayant marqué mon adolescence.

Dès le début de son roman, Nathalie Petrowski donne le ton. Pour célébrer les funérailles de Jim Morisson, Nora P., Marie-T et Élise écoutent à tue-tête Riders on the Storm des Doors. Difficile de ne pas, nous aussi, nous laisser bercer par la musique de Morrison et son band et de ne pas avoir l'impression d'être présents aux funérailles organisées par les trois adolescentes.

Par son style et parce qu'il se laisse dévorer sans cérémonie, Un été à No Damn Good fera un bon compagnon de lecture pendant les vacances. Comme moi, plusieurs baby-boomers se reconnaîtront dans l'ouvrage. Quant aux plus jeunes, ils profiteront d'un cours d'histoire accéléré mais divertissant

Jean François Tardif, Le Soleil *** 1/2

Des illusions qui volent en éclats

CRITIQUE/ Ne vous fiez pas au titre du livre : Un été à No Damn Good n'est pas une interminable complainte ni un long réquisitoire contre la vie dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce (NDG), à Montréal.

Regardez plutôt la photo de la couverture. Elle donne une meilleure idée de ce que vous trouverez dans ce roman signé par Nathalie Petrowski. Malgré que deux d'entre elles portent des lunettes fumées, on perçoit en effet facilement toute l'innocence qui habite les trois adolescentes de la page couverture.

Les personnages principaux, Nora et ses deux amies, Élise et Marie-T, ont encore des têtes de gamines, mais le monde des adultes se dévoile peu à peu à elles avec son lot de découvertes excitantes et de franches désillusions.

Grâce à la plume de Petrowski, l'adolescente dont l'histoire est racontée, Nora, jette un regard à la fois amusant et lucide sur le monde qui l'entoure. Les réflexions de l'adolescente paraissent parfois provenir de la bouche d'un adulte plutôt que de celle d'une jeune fille de 14 ans, mais le ton est juste la vaste majorité du temps.

Il faut reconnaître à l'auteur, aussi scénariste à ses heures, une grande capacité à faire apparaître de savoureuses images dans la tête du lecteur. On se surprend même à s'esclaffer en lisant ce livre, un brin autobiographique.

Nathalie Petrowski a voulu créer un lien étroit entre la vie de Nora et les événements historiques qui se déroulent alors que cette dernière a 14 ans, parmi lesquels la montée du nationalisme québécois.

Intéressant de replonger au début des années 70 et de revivre en partie la fameuse Crise d'octobre. Cela dit, les références à l'histoire auraient sans doute pu être plus nombreuses encore. Sans conteste, Un été à No Damn Good constitue une proposition de lecture tout à fait honnête pour la saison estivale. Un mojito constituerait sans doute un accompagnement tout désigné.

Jean-François Gagnon, La Tribune ***

Échos des lecteurs

À propos du livre La bête et sa cage.

J'avais beaucoup aimé le premier roman de David Goudreault, La bête à sa mère; j'ai adoré son second, La bête et sa cage. Quel style! Quels personnages et, surtout, quelle histoire!

L'auteur nous embarque dans les péripéties de son héros avec une habileté machiavélique. On s'imagine vraiment à Donnacona, en prison, et on croit à ces personnages tordus. On en vient même à en haïr plusieurs et à en plaindre, sinon à aimer, quelques-uns, embrigadés malgré eux dans des combines ou s'entremêlent drogue, sexe et violence.

Pourtant au détour de certains chapitres, on rencontre une certaine tendresse, une quête d'amour. Ne serait-ce que pour le récit, qui est un thriller en soi, ce roman mérite d'être lu.

David Goudreault nous amène d'ailleurs beaucoup plus loin que le plaisir de lire un bon livre. On se frotte à ce roman coup de poing avec notre bagage de valeurs et de préjugés, on en ressort secoué tant les réflexions de l'auteur ébranlent nos convictions.

Sans prévenir, Goudreault réussit à nous faire pouffer de rire avec son humour décapant. On rit comme parfois au salon funéraire, malgré nous. Mais ce que ça peut faire du bien! Ce sont d'ailleurs mes éclats de rire qui ont incité ma blonde à lire La bête et sa cage.

Elle l'a lu d'une traite, malgré le langage parfois très cru de l'auteur. Résultat : des discussions passionnées à s'obstiner sur la psychologie des personnages, les revirements de situation et les prises de position de l'auteur.

Cependant, ma douce et moi, on s'entend pour déplorer une chose : notre plaisir va se terminer trop vite avec le troisième tome de cette trilogie. On en prendrait plus.

Sébastien Plante, Québec

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La semaine prochaine : Sorj Chalandon, Profession du père (Grasset)

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