Le club de lecture: Tout ce qu'on ne te dira pas, Mongo

DANY LAFERRIÈRE, Tout ce qu'on ne te dira pas, Mongo (Mémoire d'encrier) (Infographie Le Soleil)

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(Québec) DANY LAFERRIÈRE, Tout ce qu'on ne te dira pas, Mongo (Mémoire d'encrier)

L'histoire: Sous prétexte d'une rencontre avec Mongo, jeune Camerounais que le hasard a mis sur sa route, ou plutôt dans sa routine, Dany Laferrière repasse le fil de sa vie au Québec. Il revit ses premiers moments dans le froid, donne des leçons d'histoire, livre ses réflexions sur les Québécois et leurs habitudes. L'auteur dit avoir écrit une longue lettre d'amour à sa terre d'adoption, mais c'est aussi un petit traité sur l'immigration qu'il signe ici.

DANY LAFERRIÈRE, Tout ce qu'on ne te... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

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Photothèque Le Soleil, Yan Doublet

L'auteur: Écrivain prolifique se balançant entre le roman et la chronique, Dany Laferrière, 63 ans, est un chouchou des Québécois et un des plus brillants représentants de sa littérature. Son oeuvre est connue et appréciée dans toute la francophonie. En 2013, c'est l'ultime consécration alors qu'il est élu à l'Académie française, une première pour un écrivain d'Haïti et du Québec.

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De tout partant de rien

CRITIQUE / Il est costaud, le dernier livre de Dany Laferrière. L'auteur alterne ses conversations avec le Mongo en titre avec des conseils aux nouveaux arrivants, des observations notées dans son «carnet noir» et même des extraits de ses chroniques à la radio, qui prennent des allures de discours. 

Les mêmes grands sujets reviennent en boucle: l'exil, l'intégration, la langue, la religion, que l'écrivain considère comme omniprésente et réactionnaire face à l'islam. Il y a un peu de politique aussi, Laferrière s'interrogeant sur l'éternelle recherche d'un «chef» pour diriger le Québec. Pour le lecteur, il en résulte un continuel débat intérieur et parfois une impression de redite. 

Cet essai présente également la société québécoise à travers ses petites particularités. L'immortel se plaît à discuter de la poutine, à faire le tour de l'expression «tomber en amour» et à critiquer cette manie de faire la vaisselle avant la fin d'un bon repas, par exemple. De quoi nous arracher un sourire. 

À la fin de cette avalanche de réflexions, une première conclusion sous forme de guide pour les gens venus d'ailleurs - Laferrière déteste les mots immigrant et immigré. «Comment s'intégrer dans une nouvelle culture» se décline 81 points. C'est assurément trop. J'ai préféré les six pages de la toute fin, qui résument avec brio les défis et les promesses de l'intégration. 

Comme toujours avec Laferrière, la qualité de la langue séduit tout du long. Les mots sont justes, les phrases, rythmées. L'écrivain pourrait nous balancer une recette de pâté chinois qu'elle susciterait l'admiration. 

«Un pays est un roman écrit par ceux qui l'habitent. Chaque interprétation nouvelle l'enrichit», écrit Dany Laferrière. Sa version de ce pays-roman est pleine de sagesse et de tendresse. Considérant la grande renommée de l'écrivain et son lectorat international, c'est une fleur pour le Québec. 

Paru à l'automne, ce livre est parfait pour l'été. Il peut se déguster par petites ou grandes bouchées, à décanter ensuite sous le soleil ou la pluie, entre deux contemplations. Ce n'est sûrement pas l'auteur qui vous en tiendra rigueur.  Annie Morin, Le Soleil *** 1/2

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Une douce lucidité

DANY LAFERRIÈRE, Tout ce qu'on ne te... (Le Soleil, André-Philippe Côté) - image 5.0

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Le Soleil, André-Philippe Côté

La critique du caricaturiste du Soleil vous est présentée ici sous forme de bande dessinée. André-Philippe Côté, Le Soleil ***

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Extrait: la première page

La rencontre

Je descends la rue Saint-Denis vers le fleuve. On m'arrête au coin de la rue Cherrier. C'est un jeune homme au début de la vingtaine.

- Je m'appelle Mongo. J'arrive tout juste d'Afrique.

- C'est grand, l'Afrique.

- Ah, vous connaissez! Je viens du Cameroun. En fait, j'ai pris le nom d'un écrivain camerounais pour qui j'ai beaucoup de respect.

- Mongo Beti.

- Vous le connaissez aussi?

- Oui... J'aime bien sa colère. Il ne prend rien pour acquis.

- La plupart des gens prennent l'Afrique pour un pays où l'on ne fait qu'attendre la mort. Je suis étonné par un tel manque de curiosité.

Et moi, je suis étonné par la qualité de sa langue, son ton calme et réfléchi. Et son regard de tigre prêt à bondir sur l'ennemi de chasse.

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Échos des lecteurs

À propos de Ceux qui restent de Marie LabergeDans un procédé inventif, Marie Laberge fait parler à tour de rôle des personnes touchées par le suicide d'un proche. Blessées et bien seules, ces personnes se battent à leur manière pour survivre au geste brutal et trouver une issue vers l'oubli et la lumière. Il a fallu beaucoup de souffle à l'auteure pour écrire ce roman de 500 pages; il nous faut également beaucoup de souffle pour le lire. Claire Desjardins, Gatineau

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Du joual dans un roman de Marie Laberge! Pourquoi? Après quelques pages, on s'adapte et on plonge dans l'histoire des parents, de la conjointe, du fils et même de la maîtresse dont la vie a basculé suite au suicide de Sylvain. Dans Ceux qui restent, on ne comprendra pas le pourquoi de ce geste irrévocable mais plutôt comment la vie bascule après une telle tragédie. Ce qui relie les personnages, c'est qu'ils ont courageusement choisi la vie et, à la fin, c'est aussi la vie qui nous unit. Mélanie Larocque, Casselman

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Ceux qui restent, roman touchant où nous sommes témoins des cogitations et des problèmes que vivent les personnages à la suite du suicide de Sylvain. L'auteure a su saisir avec justesse et intelligence la personnalité et l'âme de chacun des personnages. Nous ressentons beaucoup leurs émotions, mais jamais l'auteure ne s'enlise dans la lourdeur larmoyante. Un beau roman qui nous laisse avec beaucoup d'espoir et ceux qui restent ont le goût de mordre dans la vie. Bravo à Marie Laberge!  Josée Marcil, Rimouski

Écrivez-nous!

Le Club de lecture se veut un lieu d'échange sur la littérature. Chaque semaine, deux journalistes du Groupe Capitales Médias partagent leur appréciation d'un livre. Et nous voulons aussi votre avis! Vous avez lu le bouquin dont nous parlons et voulez donner vos commentaires? Envoyez-nous un texte d'environ 80 mots (500 caractères) avec votre nom et votre lieu de résidence à clubdelecture@gcmedias.ca

À venir

28 mai: Juliana Léveillé-Trudel, Nirliit (La Peuplade)

4 juin: David Goudreault, La bête et sa cage (Stanké)

11 juin: Nathalie Petrowski, Un été à No Damn Good (Boréal)

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