Le club de lecture: Ceux qui restent

MARIE LABERGE, Ceux qui restent (Québec Amérique) (Infographie Le Soleil)

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MARIE LABERGE, Ceux qui restent (Québec Amérique)

L'histoire: Sylvain s'est enlevé la vie à 29 ans. Le deuil, difficile à porter, l'est encore plus pour une famille et des amis qui cherchent à comprendre pourquoi un des leurs s'est donné la mort. Sa maîtresse, la mère de son fils et son père racontent en alternance leur cheminement à travers les années et leurs tentatives de se reconstruire.

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L'auteure: Enfant de la ville de Québec, l'écrivaine de 65 ans est une immortelle du paysage littéraire québécois depuis 40 ans. Sa trilogie Le goût du bonheur (GabrielleAdélaïde et Florent) a rallié un immense public avec des ventes de plus de 500 000 exemplaires. Ceux qui restent, publié en 2015, est son 13e roman.

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Ceux qui refusent de sombrer

CRITIQUE / Disons-le d'emblée, le sujet est lourd. Marie Laberge dépeint bien son côté tabou. La torture de ceux qui cherchent à combler un vide aussi soudain qu'inattendu ne peut pas donner un roman jojo.

Le succès de Marie Laberge, largement connu, peut créer des attentes démesurées pour quiconque, comme moi, découvre son univers avec ce roman. Encore faut-il faire partie du public cible.

Charlène, la maîtresse, Mélanie-Lyne, la conjointe, et Vincent, le père, narrent tour à tour le récit, dans leurs mots, avec un changement de ton auquel il faut s'habituer. Le narrateur Dieu, qui vient casser le rythme, raconte les personnages périphériques, comme l'ennuyante Muguette, complètement désarçonnée par le départ de son fils.

Avec son langage un brin stéréotypé, Charlène la barmaid demeure le personnage le plus intéressant, le plus rassembleur, et il aurait peut-être été intéressant de tirer encore davantage profit de la sympathie qu'elle inspire au lecteur. Charlène est attachante, particulièrement présente, et sauve la mise autant pour les autres personnages que pour le lecteur.

Bien sûr, les hasards semés de chapitre en chapitre paraissent parfois un peu invraisemblables, mais on pardonnera au gars des vues d'avoir su faire un peu de magie.

À mi-roman, on aperçoit une lueur et la lecture devient moins ardue. On souhaite enfin connaître le destin interrelié de cette poignée d'individus. Mais il faut aimer les récits lents qui dépeignent des quotidiens en partie malheureux et lancinants. 

Si la fiction de Marie Laberge comporte un élément positif, c'est dans la force et la résilience de la plupart des personnages, ceux qui refusent de sombrer et qui cessent de demander pourquoi, une question qui n'aura vraisemblablement jamais de réponse. À travers tous les petits désespoirs, ils se serrent les coudes et s'aident à se relever chaque fois que l'un d'entre eux touche le fond. Jonathan Custeau, La Tribune ** 1/2

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La vie trouve toujours son chemin

CRITIQUE / Il y a le roman et il y a le moment où on le lit. 

Plonger dans Ceux qui restent quelques jours après la touchante sortie de l'ex-dragon Alexandre Taillefer sur le suicide de son ado, donne au roman de Marie Laberge une résonance bien particulière. 

Sylvain, 29 ans, père d'un garçonnet, s'est tué. Sans lettre d'adieu. Sans le moindre signal de détresse avant son geste.

Les inconditionnels de Marie Laberge - dont je suis - seront ravis de retrouver son écriture crue, tumultueuse, qui nous laisse peu de répit. Le «joual» vous irrite? Passez tout droit.

Les personnages, ceux qu'on aime comme ceux qui nous horripilent, sont incarnés à l'extrême. J'avais le goût de pleurer avec le père, au verbe pompeux et au coeur si grand. De trinquer avec la «barmaid» maîtresse, puits de colère, puis source d'apaisement. Et de secouer la veuve, pétrifiée par la peur que son fils suive l'exemple de son père.

La mort violente et inexpliquée de Sylvain prend toute la place au début du touffu roman de 500 pages. Les personnages tombent, broyés par la souffrance. Puis, des rayons de lumière percent.

Car plus que de suicide, c'est de survivance dont il est question. Où poser les pieds quand tout notre univers s'est écroulé? «Je vais vivre, quel qu'en soit le prix. Je vais vivre, quel que soit le poids de mon coeur privé de toi», écrit le père endeuillé à son fils.

Pas de grand suspense dans Ceux qui restent; les tours du destin sont somme toute prévisibles. 

On referme le livre sans mode d'emploi, sans réponse pour se rassurer. Mais avec le coeur un peu plus au chaud, un peu plus persuadé que la vie trouve son chemin, d'une manière ou d'une autre. Isabelle Mathieu, Le Soleil *** 1/2

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Extrait: la première page

Prologue

Le 26 avril 2000, Sylvain Côté s'enlevait la vie. Il avait vingt-neuf ans. Si on lui avait dit combien de gens il marquerait par son geste, il ne l'aurait pas cru. Qu'il y consente ou non, qu'il le veuille ou non, ces personnes ont eu à porter le poids de cette décision - pourtant archi-personnelle - toute leur existence.

Poids inégal, réparti sur tant d'épaules, tant de vies alourdies, étourdies.

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Échos des lecteurs

À propos de Quand j'étais Théodore Seaborn de Martin Michaud

On croit tout d'abord au délire d'un être dépressif puis on se fait prendre dans l'engrenage d'une situation aussi inattendue que réelle, entremêlant horreur, souffrance, humanité et retour sur soi. Quand j'étais Théodore Seaborn, c'est aller jusqu'au bout de soi pour en revenir meilleurpar le biais d'une histoire collée à l'actualité racontée avec l'écriture efficace et talentueuse de Martin Michaud. Louise Lemieux, Québec

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OEuvre étrange, déroutante, mi-polar, mi-récit biographique, aventure un peu fabuleuse et invraisemblable, qui n'en est pas moins une lecture captivante et un récit enlevant. Si la première moitié est truffée d'invraisemblances, on est néanmoins happé par le récit de la suite des événements et par les interrogations personnelles du protagoniste, qui nous emmène dans les dédales de l'espionnage et des activités de terrorisme. Personnellement, j'attribue trois étoiles sur cinq à cette oeuvre, qui, bien qu'imparfaite, est assurément un bon divertissement, intelligent et instructif. Louise Dumoulin, Gatineau 

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21 mai: Dany Laferrière, Tout ce qu'on ne te dira pas, Mongo (Mémoire d'encrier)

28 mai: Juliana Léveillé-Trudel, Nirliit (La Peuplade)

4 juin: David Goudreault, La bête et sa cage (Stanké)

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