Mère!: dans la maison ***1/2

Jennifer Lawrence démontre encore une fois l'étendue de... (Fournie par Paramount Pictures)

Agrandir

Jennifer Lawrence démontre encore une fois l'étendue de son talent dans Mère!, une oeuvre déroutante et ambitieuse dont le scénario s'inspire largement du Bébé de Rosemary de Polanski.

Fournie par Paramount Pictures

Le SoleilÉric Moreault 3/5

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CRITIQUE / Mère! (Mother!) est un film extrêmement ambitieux sur le plan artistique, une oeuvre déroutante qui propose quantité de pistes ouvertes à la réflexion, autant sur les notions d'amour, de sacrifice, de mort que sur la création. Darren Aronofsky part d'une idée toute simple pour construire un récit complexe qui cherche à repousser le spectateur dans ses derniers retranchements. Et certains vont trouver que tout ça est vraiment trop bizarre.

Il est indéniable que le scénario d'Aronofsky s'inspire largement du Bébé de Rosemary de Polanski (1968), une influence majeure dès ses débuts de cinéaste. Il ne sert à rien de recenser les ressemblances, tellement elles sont nombreuses.

Mère! se déroule dans une immense maison au milieu de nulle part habitée par une jeune femme (Jennifer Lawrence) et son mari plus âgé (Javier Bardem). Pendant qu'elle rénove à l'identique leur domicile détruit par un incendie, le célèbre poète cherche l'inspiration.

Leur quiétude est troublée par l'arrivée d'un vieil homme (Ed Harris), rejoint le lendemain par sa femme (Michelle Pfeiffer). Les étrangers vont s'incruster, au grand désarroi de la jeune femme, dont l'anxiété s'intensifie. D'étranges visions viennent aussi la hanter, accentuées par le caractère étrange des agissements de leurs invités non désirés.

Aronofsky nage dans les mêmes eaux avec ce drame fantastique que Le cygne noir (2010), tant sur la forme que sur le fond. Le cinéaste américain aime jouer sur les ambiguïtés psychologiques et multiplier les métaphores. La plus évidente étant ici le parallèle entre la procréation d'un bébé et la création - non seulement sur ce qu'elle exige de l'artiste, mais ses conséquences, notamment le culte de la personnalité. Le poète est tellement dépendant de la reconnaissance que celle de sa femme follement amoureuse passe presque inaperçue à ses yeux. Il est aussi question d'éternel recommencement.

Sur le plan formel, Aronofsky s'appuie sur les images plutôt que sur les mots pour faire progresser son récit, qu'il fracture grâce à des ellipses, mais aussi des distorsions du temps qui contribuent au climat d'étrangeté.

Le réalisateur a un talent indéniable pour créer une atmosphère anxiogène en travaillant sur le son et la composition de l'image. La maison, un personnage en soi, craque et grince comme un vieux navire au gré des états d'âme de celle qui la rénove. Mère! épouse le point de vue de la jeune femme.

Pour accentuer sa détresse et son malaise, le réalisateur tient sa caméra très proche de son actrice, souvent en très gros plan de son visage, autant pour explorer la gamme d'émotions très bien jouées par Jennifer Lawrence que communiquer au spectateur son désarroi et lui transmettre son angoisse.

L'actrice oscarisée pour Le bon côté des choses (2013) démontre encore une fois l'étendue de son talent. Mais Javier Bardem ne lui cède en rien dans la peau d'un homme énigmatique à souhait.

Mère! est le genre de long métrage qui apporte beaucoup plus d'interrogations que de réponses, une oeuvre sur laquelle on peut projeter ses propres réflexions sur la condition humaine. 

C'est sa plus grande qualité, mais aussi son plus grand défaut. Le film, déjà dense, finit par être beaucoup trop chargé, surtout dans son dernier acte. Aronofsky transforme alors la maison, dans des séquences démesurées, en un microcosme des travers de la société occidentale. Fellini aurait aimé.

Bien qu'imparfait, Mère! se révèle une véritable incarnation des possibilités du 7e art. Le genre qui ne laisse personne indifférent.

Au générique

  • Cote: ***1/2
  • Titre: Mère!
  • Genre: drame fantastique
  • Réalisateur: Darren Aronofsky
  • Acteurs: Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris et Michelle Pfeiffer
  • Classement: en attente de classement
  • Durée: 2h01
  • On aime: la fantaisie, les thèmes abordés, le climat d'étrangeté, le jeu des acteurs
  • On n'aime pas: l'aspect trop chargé du dernier acte




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer