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Léa Pool porte à l'écran le roman Et au pire on se mariera

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Léa Pool dit avoir été «bouleversée» par le roman Et au pire on se mariera. «À cause du personnage d'Aïcha, mais aussi à cause de la structure du roman. La manière de raconter cette histoire m'a intriguée».

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(Québec) Même si le film de Léa Pool n'est pas encore officiellement à l'affiche, Et au pire on se mariera a déjà charmé et chamboulé bon nombre de lecteurs et de spectateurs. Il s'agit d'abord d'un roman de Sophie Bienvenu publié aux éditions La Mèche, puis porté à la scène à Montréal et à Québec par La compagnie Exlibris.

On y suit le récit d'Aïcha (Sophie Nélisse), une adolescente du quartier Centre-Sud de Montréal en rébellion contre l'univers en général et contre sa mère (Karine Vanasse) en particulier. Ses souvenirs, sa solitude, ses ressentiments et un amour foudroyant - le genre d'amour impossible qui vous tord le ventre et vous rend fou - la taraudent. Si le spectateur s'amuse d'abord des boutades acérées et vives d'Aïcha, qu'il s'y attache, il s'enfonce graduellement avec elle dans les eaux troubles de ses mensonges. 

Le film, présenté en première mondiale à Angoulême, fait partie de la programmation du Festival de cinéma de la ville de Québec. Il sortira en salles au Québec le 15 septembre, puis sera présenté dans différents festivals à Vancouver et à l'étranger en octobre.

Nous nous sommes entretenus avec la réalisatrice Léa Pool, qui cosigne le scénario avec Sophie Bienvenu et qui a bien voulu nous parler de cette aventure cinématographique hors du commun.

Q Comment avez-vous découvert le texte de Sophie Bienvenu? 

R Par ma fille, Julia, qui était sur le jury du Prix littéraire des collégiens. J'aime bien discuter de littérature avec elle et je lisais les livres finalistes au fur et à mesure. Le récit m'a bouleversée, à cause du personnage d'Aïcha, mais aussi à cause de la structure du roman. La manière de raconter cette histoire m'a intriguée.

Q Avez-vous tout de suite songé à en faire une adaptation cinématographique?

R Oui, j'ai tout de suite vu un film. Mais comme c'est un monologue, il fallait voir comment on pouvait le transformer en scénario. Il y avait aussi des scènes très crues, érotiques, et je devais trouver une manière de les aborder. 

Q Il fallait nécessairement construire une nouvelle narration, puisque dans le texte d'origine, nous avions seulement accès aux évènements par les mots de la jeune fille. Comment vous y êtes-vous prise?

R Je voulais qu'on entre dans sa tête comme dans le livre. Le langage d'Aïcha, je le trouve tellement beau, tellement fort. Pendant toute la première partie, elle est étonnante, elle est très drôle, en fait. Je ne voulais pas perdre ça. Je voulais qu'on entre dans l'histoire avec sa déposition et que peu à peu, on se perde avec elle. Son passé, sa solitude, son amour fou, je savais que ça resterait, mais il fallait aussi que son récit puisse continuer d'être perçu de différentes manières par les spectateurs, qu'il n'y ait pas de réponses toutes faites.

Q Vous avez ajouté plusieurs personnages adultes autour d'Aïcha, pourquoi?

R Pour donner plus de corps à l'histoire, il fallait que l'école soit plus présente et que sa confrontation avec sa mère soit montrée. On la voit plus jeune [Aïcha est alors jouée par Isabelle Nélisse, la petite soeur de Sophie Nélisse], avec son beau-père Hakim, avec un oncle bienveillant, et dans la voiture avec sa mère, pour une conversation très troublante.

Q Le patin est une belle trouvaille de réalisation, qui permet de montrer des éléments emblématiques de Montréal, comme le stade olympique ou la Ronde, tout en nous donnant accès à des états d'âme d'Aïcha. D'où est venue cette idée?

R Comme elle se déplace beaucoup, qu'elle promène sa solitude dans cette ville un peu inhospitalière, le patin permettait de dynamiser ces scènes d'errance, d'en voir plus en moins de temps et de montrer ce qu'elle vit intérieurement, qu'elle ne partage que vaguement avec les deux prostituées.

Karine Vanasse et Sophie Nélisse dans Et au... (Fournie par K-Films Amérique) - image 2.0

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Karine Vanasse et Sophie Nélisse dans Et au pire on se mariera

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Q Pourquoi avoir commencé le film en suivant la mère à sa sortie du travail?

R Je voulais qu'il y ait un moment qui soit hors du récit d'Aïcha. C'est la seule chose dont on est sûr. On sait qu'il y a eu une intervention de la police, une ambulance, mais tout le reste, on ne sait plus qui est quoi. Ça permettait aussi de bien placer la mère, qui est seulement suggérée dans le roman, dans le récit, et d'établir dès le départ que ce ne sera pas une histoire fleur bleue, qu'il y aura des évènements dramatiques.

Q Vous avez choisi d'aborder les scènes érotiques, très crues dans le texte d'origine, avec davantage de pudeur. Aïcha a presque 15 ans, plutôt que 13. Pourquoi?

R Au départ, je crois que c'est parce que je suis une personne pudique. Ça ne m'intéresse pas de tourner une scène érotique explicite avec une très jeune actrice. Là, Sophie Nélisse en avait 16, mais quand je l'ai d'abord approchée, elle en avait 14 et sa mère avait refusé, elle la trouvait trop jeune. Entre-temps, j'ai fait La passion d'Augustine et un documentaire, puis on a fait des auditions et Sophie Nélisse a voulu y participer, et c'était la meilleure, alors on l'a pris. On a ensuite trouvé une manière que tout le monde soit à l'aise. 

Q Vous avez également atténué la violence de la finale. Était-ce pour des raisons similaires?

R Je voulais qu'on s'attache au personnage et que son geste découle d'une douleur tellement intense qu'elle en est insoutenable, et non d'une violence calculée. On sait qu'elle casse tout dans la maison, qu'elle contrôle très mal ses émotions. C'est ce trop-plein de mal-être qui la pousse à bout. 

Q Vous aviez déjà dirigé Karine Vanasse dans Emporte-moi, en 1998. Comment avez-vous vécu ces retrouvailles artistiques?

R Ça faisait on moment qu'on voulait retravailler ensemble, mais aucun projet ne s'y prêtait. A priori, je ne la voyais pas comme une mère, dans Emporte-moi elle est une enfant, et ça teintait encore ma vision d'elle. Il fallait voir quelle était la chimie entre elle et Sophie. Elle a fait la scène où elle parle à Aïcha à travers la porte, et ça faisait tellement penser à la scène où elle parle à sa mère de cette manière dans Emporte-moi qu'on a vécu un moment. On en avait les larmes aux yeux. 

Q Comment avez-vous dirigé Sophie Nélisse, qui porte le film sur ses épaules?

R J'ai fait un travail un peu scolaire au début. Ça l'a bien fait rigoler parce que c'est une vraie adolescente. Elle est très intuitive, donc les exercices, ce n'est pas trop son affaire, même si elle est très professionnelle. Après, elle n'avait jamais patiné, donc elle a dû prendre des cours. 

Q Quelles étaient vos directives pour Jean-Simon Leduc, qui joue Baz, celui dont s'éprend Aïcha, même s'il a le double de son âge?

R Il ne devait pas paraître trop naïf. Il fallait croire qu'il voulait vraiment aider Aïcha. Il devait jouer dans un entre-deux qui semble simple, mais qui n'est pas évident.




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