Mort de l'actrice Jeanne Moreau

  • L'actrice dans une scène du film <i>Eva</i> de Joseph Losey à Venise en 1961. (Archives Le Soleil)

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    L'actrice dans une scène du film Eva de Joseph Losey à Venise en 1961.

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  • «Mademoiselle Moreau» en 1960 (Archives Le Soleil)

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    «Mademoiselle Moreau» en 1960

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  • L'actrice Jeanne Moreau pose à l'aéroport de Londres en 1962. (Archives Le Soleil)

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    L'actrice Jeanne Moreau pose à l'aéroport de Londres en 1962.

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  • Jeanne Moreau accompagnée de l'actrice Brigitte Bardot (à droite) à l'aéroport d'Orly à Paris en 1965. (Archives Le Soleil)

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    Jeanne Moreau accompagnée de l'actrice Brigitte Bardot (à droite) à l'aéroport d'Orly à Paris en 1965.

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  • Jeanne Moreau en compagnie de l'acteur italien Marcello Mastroianni en 1985. (Archives Le Soleil)

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    Jeanne Moreau en compagnie de l'acteur italien Marcello Mastroianni en 1985.

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  • Jeanne Moreau en 1987 (Archives Le Soleil)

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    Jeanne Moreau en 1987

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  • La comédienne française à son arrivée sur le tapis rouge du Festival de Cannes en 2008. (Photothèque Le Soleil)

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    La comédienne française à son arrivée sur le tapis rouge du Festival de Cannes en 2008.

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La Presse Canadienne
Paris

La célèbre actrice française Jeanne Moreau, qui a obtenu la consécration en 1962 en jouant dans le film-culte de la Nouvelle Vague Jules et Jim, de François Truffault, est décédée à l'âge de 89 ans.

Pendant une carrière qui s'est échelonnée sur sept décennies et plus de 100 longs métrages, la comédienne à la voix grave a oeuvré avec certains des réalisateurs les plus réputés du monde, dont Orson Welles, Luis Buñuel, Wim Wenders, Rainer Werner Fassbinder, Michelangelo Antonioni, Joseph Losey, Theo Angelopoulos et Louis Malle.

Son décès a été annoncé lundi par le bureau de la présidence française, puis confirmé par un adjoint de son agent. On ne dispose pas de plus de détails pour le moment sur les causes du décès de cette presque nonagénaire, qui avait accepté encore un petit rôle il y a deux ans - une «participation amicale» dans Le talent de mes amis.

L'annonce du décès de la grande comédienne a suscité de nombreuses réactions.

«Jeanne Moreau, c'est l'art, la culture, la beauté, le chic, l'esprit français», a notamment écrit Gilles Jacob, ex-président du Festival de Cannes.

Née à Paris le 23 janvier 1928, d'un père français et d'une mère anglaise danseuse aux Folies-Bergères, «Mademoiselle Moreau», comme elle aimait se faire appeler, a commencé sa carrière au cinéma en 1949. Mais c'est la Nouvelle Vague qui l'a propulsée au rang de figure emblématique du cinéma français et même mondial - les Anglo-Saxons la surnommaient «la Bette Davis française».

Les cinéphiles se souviennent de ses interprétations extrêmement personnelles dans Touchez pas au grisbi (Jacques Becker, 1953), son premier grand rôle, puis L'Ascenseur pour l'échafaud et Les amants (Malle, 1957-1958), Eva (Losey, 1962), Le Journal d'une femme de chambre, d'après Mirbeau (Buñuel, 1964), ou encore Monsieur Klein, avec un sublime Delon (Losey, 1976).

Les plus jeunes se souviendront peut-être davantage de cette délicieuse Lady M qu'elle a interprétée dans l'adaptation de La vieille qui marchait dans la mer, de San Antonio, en 1992. Son jeu remarquable lui a valu un de ses rares César d'interprétation.

«Il y a des personnes qui, pour trouver des choses, explorent la planète, moi ce que j'ai toujours voulu explorer c'est le tréfonds de l'âme humaine», expliquait Jeanne Moreau. 

Elle a par ailleurs écrit et réalisé elle-même deux longs métrages de fiction : Lumière en 1976 et L'Adolescente en 1979, dans lesquels elle tenait aussi un rôle.

Plusieurs «prix d'honneur»

«Mademoiselle Moreau» aura été somme toute peu récompensée par des prix d'interprétation dans les importants rendez-vous cinématographiques du monde - elle a tout de même remporté le Prix d'interprétation à Cannes en 1960 pour Moderato Cantabile, de Peter Brook. Mais les grands festivals de Venise et de Berlin lui ont décerné un «prix d'honneur» en 1992 et en 2000, et l'actrice française a reçu deux César d'honneur, en 1995 et 2008. Hollywood a aussi salué son importance indéniable dans l'histoire du cinéma mondial en décernant à cette grande ambassadrice du septième art un Oscar honorifique en 1998. Elle a aussi présidé - plutôt deux fois qu'une - le jury au Festival de Cannes.

Au cours de sa longue et prolifique carrière, Jeanne Moreau a même joué une fois au Québec, en 2006, dans Romeo et Juliette, une adaptation écrite par le dramaturge Normand Chaurette. Le metteur en scène Yves Desgagnés, qui en était à son deuxième film derrière la caméra, devait alors diriger «non seulement une idole, mais une grande interprète».

Le président français Emmanuel Macron a rendu hommage lundi à «une artiste qui incarnait le cinéma dans sa complexité, sa mémoire, son exigence». «Il est des personnalités qui à elles seules semblent résumer leur art. Jeanne Moreau fut de celles-ci. [...] Sa force fut de n'être jamais où on l'attendait, sachant s'échapper des catégories où trop vite on aurait voulu la ranger. Telle était sa liberté, constamment revendiquée, mise au service de causes auxquelles elle croyait, en femme de gauche ardente, toujours rebelle à l'ordre établi comme à la routine», a-t-il dit.

Jeanne Moreau a eu un fils, Jérôme, en 1949, d'un premier mariage. Femme de plusieurs «Jules» et autres «Jim» dans une vie libre et indépendante, elle avait aussi été brièvement l'épouse, dans les années 70, du réalisateur américain William Friedkin (L'Exorciste). Elle a eu aussi entretenu une liaison amoureuse pendant cinq ans avec le designer de mode Pierre Cardin.

Sa famille tiendra une cérémonie funèbre en privé au cours des prochains jours, a indiqué son agence. Une cérémonie publique aura lieu en septembre.

Une grande séductrice en quête de «l'amour profond»

Réputée grande séductrice, libre et indépendante, la comédienne française Jeanne Moreau, décédée dans la nuit de dimanche à lundi, affirmait avoir recherché «l'amour profond» plus que la passion, à travers les liaisons qu'elle avait pu avoir au cours de sa vie.

«L'amour profond n'a rien à faire avec la passion. La passion est éphémère. Les gens qui disent : "moi j'ai une passion pour vous", ça ne m'intéresse pas», assurait-elle, l'âge venu.

Au mot sexualité, elle préférait celui de sensualité : «Je laisse au rapport des corps une dimension divine».

L'actrice qui eut des liaisons amoureuses entre autres avec le cinéaste Louis Malle et le couturier Pierre Cardin certifiait : «J'ai été désirée plus que je n'ai désiré».

Mariée très jeune en 1949 avec le comédien et réalisateur Jean-Louis Richard, elle partageait avec lui la passion du théâtre et les difficultés quotidiennes des jeunes couples désargentés. Leur fils, Jérôme, avait 11 mois quand le mariage commença à battre de l'aile. «Là, j'ai vécu ma liberté», disait-elle. «Des expériences amoureuses multiples» qui, pour elle, n'avaient pas le parfum scandaleux de l'adultère. Après le divorce, en 1955, Jean-Louis Richard était resté son ami.

Jeanne Moreau refusait de qualifier d'«échec» son second mariage en 1977 avec William Friedkin, le réalisateur de French Connection, qui aboutit de nouveau à un divorce après deux ans : «Je n'ai jamais fait d'erreur», lançait-elle.

Une fois installée aux États-Unis avec le réalisateur américain, ce fut, assurait-elle, «une vie conjugale qui ne m'a pas convenu du tout», «une expérience à la fois terrible et magnifique.»

«Ma vie a été parsemée comme de tentatives, d'expériences pour apprendre ce que c'est que d'aimer», estimait-elle encore. «Il est très difficile de dire : "je sais ce que c'est que l'amour". C'est comme le paradis perdu dont on a été soi-disant chassés».

Elle répétait souvent que les ruptures étaient toujours de son fait, préférant abandonner elle-même plutôt que d'être abandonnée.

La rupture avec Louis Malle a été notoirement difficile pour Jeanne Moreau. Les amants est «le premier film qui a été fait pour moi. C'est une rencontre avec l'amour», a-t-elle dit, jugeant que le film n'aurait pu être tourné si elle-même et le réalisateur n'avaient pas été amants.

Sa rencontre avec Pierre Cardin, dont l'homosexualité n'était pas un secret, fut un coup de foudre. «Je l'ai vu. Ç'a été immédiat. J'ai voulu le revoir tout de suite», confiait-elle à Marguerite Duras. «Je savais qu'il pouvait aimer une femme. Je devais être patiente, douce, ne pas lui faire peur».

Pierre Cardin n'avait pas craint, en 2001, dans son discours d'accueil de Jeanne Moreau à l'Académie des Beaux-Arts, la première femme à y entrer, d'évoquer devant tous des souvenirs très personnels : «À Venise, à l'hôtel Danieli, dans cette grande chambre où vécurent George Sand et Musset nous faisions l'amour, nos corps enlacés».




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