Rue de la Victoire: le triomphe de la volonté ***1/2

Rue de la Victoire dresse le portrait de... (fournie par l'Atelier)

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Rue de la Victoire dresse le portrait de Mohamed, un jeune homme idéaliste contraint à l'exil pour fuir l'incompréhension et réaliser son rêve : devenir artiste de cirque.

fournie par l'Atelier

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) CRITIQUE / On peut s'appeler Mohamed, être musulman dans un pays arabe et pourtant vouloir s'affranchir des diktats religieux et sociaux. Rue de la Victoire est un portrait singulier et poétique d'un jeune homme idéaliste contraint à l'exil pour fuir l'incompréhension et réaliser son rêve : devenir artiste de cirque.

Mohamed a grandi sur la rue de la Victoire, dans la ville d'Ezzahra, en banlieue de Tunis. Frédérique Cournoyer Lessard recrée une partie de son enfance, où le jeune gymnaste développe ses talents d'acrobate. Déjà, il est stigmatisé. 

Il trouvera un exutoire en s'inscrivant à la toute nouvelle école des arts du cirque de Tunis. Rapidement, les problèmes d'une société corrompue vont le rattraper. La révolution de 2011 n'arrange rien. 

À la caméra, Mohamed confie ouvertement son désarroi et ses désillusions. Marginalisé par ses compatriotes et incompris de ses trois frères et, dans une moindre mesure, de ses parents, l'homme de 26 ans a pris le chemin de la France en espérant trouver un espace de liberté pour exprimer son talent à la roue Cyr. Envers et contre tous. Pour lui, le cirque est une obsession et un mode de vie. Mais le Tunisien n'aura pas tout cuit dans le bec...

Pour son premier long métrage documentaire, Frédérique Cournoyer Lessard a convoqué ses deux champs d'études, le cinéma et les arts du cirque. Ce qui explique sa connaissance intime de son sujet, son sens du cadrage et de l'image alors qu'elle filme Mohamed pendant les répétitions de son numéro avec le cirque qui l'a accueilli en France.

La trame sonore, qui mélange musique actuelle et traditionnelle, accentue le conflit entre les deux cultures, les pulsions qui déchirent Mohamed, entre sa patrie et sa société d'adoption où il se sent tout aussi bizarre, et renforce l'aspect poétique de certaines séquences.

Se battre pour s'affranchir

Mohamed est un jeune homme vulnérable et attachant. Tout le monde peut s'identifier à sa quête universelle de liberté, à son combat déterminé pour s'affranchir du regard des autres et obtenir son indépendance. Vivre sa vie, quoi!

On comprend que la réalisatrice ait voulu laisser au spectateur le soin de lire entre les lignes, mais un peu de contexte n'aurait pas fait de tort.

N'empêche. À travers le destin incertain de Mohamed, Rue de la Victoire évoque la diversité au sein de la société musulmane. Les Mohamed de ce monde ne sont pas tous des fous d'Allah. Bien au contraire. Le documentaire de Frédérique Cournoyer Lessard fait également oeuvre utile d'éducation. Tout en étant captivant.

***

Au générique

  • Cote : ***1/2
  • Titre : Rue de la Victoire
  • Genre : documentaire
  • Réalisateur : Frédérique Cournoyer Lessard
  • Classement : général
  • Durée : 1h05
  • On aime : l'originalité du sujet, le traitement poétique, les thèmes abordés
  • On n'aime pas : un manque de contexte




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