Le dernier tour de piste de Michel Côté?

Un imposant chapitre de la carrière de Michel... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Un imposant chapitre de la carrière de Michel Côté s'est tourné récemment avec la dernière de Broue. «On voulait finir avec des salles pleines et en beauté», dit-il.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La prolifique carrière de Michel Côté est jalonnée de rôles marquants, sur les planches (Broue, bien sûr); au petit écran (Omertà) et au cinéma, d'Au clair de la Lune (1983) à Piché (2010), en passant par Cruising Bar (1989 et 2008), C.R.A.Z.Y. (2005) et De père en flic (2009). Une certaine représentation de l'homme québécois, donc, et de l'image paternelle. Difficile de croire qu'en rendossant les habits du commandant Jacques Laroche, il pourrait bien s'agir du dernier tour de piste du populaire acteur québécois.

Le sujet de la «retraite» est incontournable avec ce deuxième chapitre des relations tumultueuses entre Jacques Laroche et son fils Marc (Louis-José Houde). Côté incarne un policier qui nie l'évidence de son déclin - il se teint les cheveux, arbore des tatouages aux bras, dit «chill»... Le parallèle a ses limites, d'autant que l'acteur est dans une forme resplendissante en ce lundi tout gris. «Dans notre métier, y a pas vraiment de retraite», insiste celui qui a obtenu un Jutra hommage pour l'ensemble de sa carrière en 2013.

Ne comptez pas sur lui, par contre, pour jouer un vieux qui meurt d'alzheimer. «Si je n'ai pas de bon rôle, je ne travaille plus.» Alors quoi? Des rôles «flyés». Il cite en exemple le désopilant L'homme qui ne voulait pas fêter son anniversaire (Felix Herngren, 2013). 

On n'en est pas encore là. Mais après la tournée de promotion de De père en flic 2, l'homme de 67 ans s'accorde une sabbatique de six mois. Qui pourrait se prolonger. Une première «depuis que j'ai 16 ans». Il a même refusé de lire un scénario pour un tournage en septembre. Pour ne pas se laisser tenter, mais aussi pour ne pas créer d'attentes. En paix avec sa décision, il précise qu'il se laissera guider par ses coups de coeur. S'il y en a. Peu importe : «J'ai eu une carrière.» Et toute une.

Un imposant chapitre de celle-ci s'est tourné récemment avec la dernière de Broue. «On voulait finir avec des salles pleines et en beauté», ajoutant que l'idée était en suspens depuis cinq ans. «Une grosse décision à prendre.» En effet : Marc Messier, Marcel Gauthier et lui ont interprété l'inimitable comédie pendant 38 ans! La pièce lui a procuré une stabilité et un coussin financier qui lui permet d'envisager la suite avec sérénité, notamment auprès de ses petits-enfants...

Mais pas avant de jouer l'égocentrique commandant Laroche. «Ça aurait été difficile de dire non. Tu dis [plutôt] : "merci beaucoup".» Même si la recette est éprouvée. «Écrire une comédie, c'est très, très difficile», fait-il valoir. Et quand la précédente a connu un succès monstre au box-office... Les succès récents de Bon Cop Bad Cop 2, et des 3 p'tits cochons 2 l'été dernier, parlent d'eux-mêmes.

La comédie, cet art mineur

Il y a plus, souligne Michel Côté. La SODEC et Téléfilm, les institutions de financement au cinéma, «ont un pouvoir décisionnel assez important». Là comme ailleurs, «on considère la comédie comme un art mineur», dit-il ironiquement.

Et «lire un scénario de comédie, c'est pas drôle. Le scénario, c'est un outil pour le réalisateur. [...] Choisir des textes drôles pour faire des comédies populaires, intelligentes, qui vont marcher... Pour deux gros succès, il faut que tu en tournes six. On n'arrête pas de le dire, personne ne nous croit. C'est pour ça que les [gens de l'industrie] ont le goût de jouer safe». En soumettant une suite, qui obtiendra des subventions.

Le succès de tels longs métrages permet de redonner le goût aux Québécois de leur cinéma, mais aussi de financer des films d'auteur. «Il faut que les gens se rendent compte que l'argent des organismes paragouvernementaux leur revient un peu pour qu'ils soient moins frustrés. Des films d'auteur plus hermétiques, et il y en a des excellents, ça ne parle pas à tout le monde.»

Michel Côté croit que les écoles de formation comme l'INIS devraient consacrer un volet au cinéma populaire. «Regarde C.R.A.Z.Y. [de Jean-Marc Vallée], on a fait 6 millions $ au box-office. C'est pas une comédie. Et c'était grand public. Parlons de bonne scénarisation en pensant aux gens. C'est mon message.»

À bon entendeur...




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