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Roger Moore 007: «En plus d'être peureux, j'avais le vertige»

James Bond (Roger Moore) et Richard Kiel (Jaws)... (MGM Studios)

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James Bond (Roger Moore) et Richard Kiel (Jaws) dans The Spy Who Loved Me.

MGM Studios

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<p>Gilles Carignan</p>

(Québec) Roger Moore, dont la mort a été annoncée mardi, avait donné une entrevue au Soleil en février 2006, en prévision de son passage à Québec pour l'évènement Vue sur Bond 007. Voici la version intégrale de l'article.

Du 24 au 26 février, l'événement Vue sur Bond 007 amènera à Québec Roger Moore, Britt Ekland et Richard «Jaws» Kiel, figures mythiques de l'univers de James Bond. Au menu : films, spectacle et cueillette de fonds pour l'UNICEF et le Festival de cinéma des 3 Amériques. À quelques jours de leur arrivée, LE SOLEIL vous offre aujourd'hui un spécial 007, à commencer par une entrevue avec Roger Moore.

Hello, this is Roger Moore. On nous avait promis une heure. D'entrée de jeu, il réajuste les pendules : nous aurons 20 minutes, imprévu oblige. C'est à la fois beaucoup et peu, vu la liste des sujets impérieux (et pas sérieux) qu'on souhaitait aborder, quelques jours avant sa venue à Québec.

Oublions donc les questions sur son enfance londonienne (son père était policier), ses débuts de dessinateur (il a vite été viré), ses premières tentatives de percer à Hollywood (ratées), ses quatre mariages, ses trois enfants, son titre (la reine l'a anobli en 2003) et la plupart des 70 films qu'il a tournés : il faudra aller à l'essentiel, c'est-à-dire à Bond, James Bond.

De toute façon, malgré Simon Templar et tous les autres rôles, c'est pour celui-là dont on se souviendra de Roger Moore. De Vivre et laisser mourir (1973) à Dangereusement vôtre (1985), il fut sept fois 007. Seul Sean Connery, avec qui on l'a si souvent comparé, peut en dire autant.

Et alors, M. Moore, qui est le meilleur James Bond ?

Il est bien mal placé pour jouer à l'arbitre. De toute façon, pourquoi priver les amateurs de leur inépuisable sujet de débats ? Ça ne signifie pas qu'il est indifférent. «Je remarque que chaque fois qu'un nouveau Bond arrive, on critique le mien : il était trop léger, trop ceci, trop cela... Mais j'en ai fait sept, donc quelqu'un a dû les aimer !»

Son Bond, il l'a joué cool , élégant, avec beaucoup d'humour. Bien différent de celui de Connery. N'y a-t-il pas un moment où toutes ces comparaisons finissent par peser ? «Oh, non... Pourquoi se mettre en colère ? Personnellement, j'ai passé 14 belles années à jouer Bond.»

Il a d'ailleurs de bons mots pour Connery. «Sean avait une personnalité tout à fait appropriée pour Bond. Il était excellent.» Il lancera même quelques fleurs à Pierce Brosnan. La question du «plus meilleur» n'est pas celle qui l'embarrasse le plus. Laquelle alors ? «Hum... Quelle était votre Bond girl préférée ?»

- Pourquoi ? Parce qu'il y en a trop eu ?

- Non, tout simplement parce que c'est impossible de répondre à cette question ! Si tu en nommes une, tu vas en choquer une autre, qui va se dire : pourquoi il l'a citée elle, et pas moi ? Elle va se dire : avoir su, je n'aurais pas couché avec lui !»

Rire au bout du fil. Moore, à 78 ans, n'a peut-être plus l'âge des acrobaties, mais son sens de l'humour est intact. Question de tempérament. Normal qu'il l'ait greffé à 007. «Ce n'était pas un rôle de composition, Bond, c'était un premier rôle dans un film d'aventures !» souligne-t-il. Il n'avait pas l'impression de faire l'acteur. «Ce n'est qu'une extension de ta personnalité.»

De ses sept Bond, un préféré ? L'espion qui m'aimait . «Lewis Gilbert le réalisait, et nous nous étions découvert un sens de l'humour identique. J'ai eu beaucoup de plaisir sur ce film. Faire un film, pour moi, c'est nécessairement avoir du plaisir. Si je n'ai pas de plaisir, je vous assure, ce n'est pas très beau à l'écran.»

Il pourrait difficilement commenter les autres Bond : il ne les a pas vus. Aucun, vraiment ? «J'ai vu le dernier avec Pierce, mais pas d'autres.» Comment le personnage a-t-il évolué ? À d'autres, l'analyse. Y avait-il plus de filles avant qu'aujourd'hui ? Sais pas. Chose sûre, à son époque, elles se succédaient dans les bras de 007. «Disons simplement que ce n'était pas désagréable... Je ne suis pas sûr si j'aurais aimé être dans Brokeback Mountain !»

Roger Moore est au parfum de l'actualité cinéma. Pas le choix. «C'est une période où je dois voir tous les damnés films. Je suis membre de l'Académie, je dois voter pour les Oscars, on m'envoie donc tous les DVD.»

Il ne tourne presque plus. Depuis 15 ans, une tout autre mission l'occupe. «Je remercierai toujours Bond, car il m'a apporté la célébrité qui m'a permis de me joindre à l'UNICEF.» C'est Audrey Hepburn qu'il l'a introduit à l'organisme. Son rôle d'ambassadeur, il le prend au sérieux celui-là.

Le contact avec la misère des enfants a changé son regard sur le monde. L'ancien espion au permis de tuer a aujourd'hui en aversion les armes à feu. «Quand on voit les effets des armes, des mines sur le terrain, on réalise tous les dégâts qu'elles causent.»

Roger Moore n'a pas la prétention de penser que sa seule implication dans l'UNICEF puisse faire la différence. «Si je regarde les statistiques, je constate qu'au début des années 90, 40 000 enfants mouraient chaque jour, et que ce nombre est descendu à 32 000, puis à 29 000. Malheureusement, le sida et la tuberculose frappent encore à la porte. Vous faites un pas en avant, puis un pas en arrière. Parfois, c'est frustrant. Mais ce n'est pas parce que c'est difficile qu'il ne faut pas essayer de faire quelque chose.»

Roger Moore avait accepté de bonne grâce de... (Archives Le Soleil) - image 2.0

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Roger Moore avait accepté de bonne grâce de signer des autographes lors de son passage aux Galeries de la Capitale, en février 2006.

Archives Le Soleil

C'est l'UNICEF qui l'amène d'abord au Canada. Avant sa venue à Québec, il passera quelques jours à Toronto, où seront soulignés les 50 ans de l'organisme au pays. Pourquoi a-t-il accepté l'invitation de la Vieille Capitale ? Fort simple. «Hilary Saltzman me l'a demandé. Hilary est la fille de Harry Saltzman, un des deux producteurs de James Bond quand j'ai commencé. C'est grâce à lui et à Cubby Broccoli si j'ai fait ces films.»

Roger Moore a vu grandir Hilary Saltzman, qui habite aujourd'hui Québec. Lors d'un spectacle au Grand Théâtre samedi prochain, l'acteur rendra hommage à Harry Saltzman, un Québécois d'origine. Comme Vue sur Bond 007 amasse en prime des fonds pour l'UNICEF, il pouvait difficilement décliner l'invitation.

Ah oui, il a bien vu que le ski était au menu des activités. Mais non, Roger Moore, qui a appris à skier à 50 ans, ne traînera pas ses planches. Pourquoi a-t-il commencé si tard ? «Avant, il m'était interdit de skier. Les compagnies d'assurances avaient peur que je me blesse. J'avais un peu peur moi aussi. Ça m'a pris deux ans à sortir des pistes de débutants ! Je me rappelle encore de ma frousse quand pour la première fois j'ai pris le t-bar. J'ai alors découvert qu'en plus d'être peureux, j'avais le vertige.»

Comment ? James Bond, acrophobe et froussard ? Encore des illusions qui s'évanouissent...




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