70 ans de Cannes: des vedettes se souviennent...

Sophia Loren sur la Croisette en 1964... (Archives AFP)

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Sophia Loren sur la Croisette en 1964

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Festival de Cannes

Du 11 au 22 mai, notre journaliste Éric Moreault est à Cannes pour suivre le festival de cinéma qui en est à sa 69e présentation. »

Agence France-Presse
Paris

Pour la 70e édition du Festival de Cannes, des personnalités du cinéma racontent leur premier Festival ou leur meilleur souvenir:

Victoria Abril en 2013... (AFP) - image 1.0

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Victoria Abril en 2013

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  • L'actrice espagnole Victoria Abril:
«Mon meilleur souvenir, c'est ma première sélection officielle avec La Lune dans le caniveau de Jean-Jacques Beineix en 1983. La presse a été très dure avec le film et avec Beineix, mais je ne sais pas pourquoi ils ont décidé de m'épargner...»

  • L'actrice française Anouk Aimée:
«Ma première fois, c'était en 1952 pour présenter Le rideau cramoisi d'Alexandre Astruc. J'ai trois souvenirs sublimes. Le premier, c'était d'être avec Federico Fellini et Marcello Mastroianni au Carlton [pour La Dolce Vita en 1960]. C'était magique.

«Le deuxième, c'était Un homme et une femme [en 1966]. On nous avait mis dans un hôtel très correct. À cette époque, on connaissait la Palme dès le matin. Et quand ils ont découvert qu'on l'avait, ils nous ont tout de suite mis au Carlton. Je me souviendrai toute ma vie de la salle debout devant Claude Lelouch, qui avait 28 ans. Tout le monde applaudissait le petit film qu'on avait fait entre nous.

«Le troisième, ça a été de recevoir le prix d'interprétation féminine [en 1980 pour Le saut dans le vide de Marco Bellocchio].»

  • Le réalisateur espagnol Pedro Almodóvar:
«Mon premier festival de Cannes, c'était en 1983. Je suis allé au Palais voir Identification d'une femme d'Antonioni et L'argent de Bresson. Je me suis installé très loin de l'écran, dans les derniers rangs de la corbeille, mais j'en ai énormément profité. J'étais heureux. Je me sentais au paradis.»

Gabriel Arcand... (Archives AFP, Yohan Bonnet) - image 2.0

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Gabriel Arcand

Archives AFP, Yohan Bonnet

  • L'acteur québécois Gabriel Arcand:
«C'était en 1972. Je vivais à Marseille, j'étais étudiant au Centre d'art dramatique du sud-est, et j'ai pris l'autobus pour Cannes pour aller voir mon frère (réalisateur) Denys. Son premier film, La maudite galette était présenté à la Semaine de la critique et j'avais un petit rôle. C'était mon baptême de cinéma.

«Le Festival de Cannes, c'est gros, c'est très très gros. Tout le monde parle de la même chose pendant 10 jours. Je me souviens d'avoir eu des conversations avec des garçons de café qui connaissaient le cinéma sud-américain ou du Moyen-Orient bien mieux que moi.»

  • Le réalisateur marocain Nabil Ayouch:
«Ma première rencontre avec la sélection cannoise date de 2012, avec Les chevaux de Dieu dans la section Un Certain regard.

«Ce jour-là, je n'oublierai jamais l'émotion dans les yeux d'Abdelilah Rachid, le comédien principal de mon film. Avant le tournage, il m'avait dit: ''Nabil, je suis né à Sidi Moumen [bidonville d'où sont issus les kamikazes des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca]. Et pourtant, j'ai un rêve, celui de devenir acteur. Et je veux aller au Festival de Cannes. Et j'aimerais que ce soit avec Les chevaux de Dieu''. À l'époque, je lui avais répondu qu'il allait un peu vite et qu'il fallait d'abord le tourner, ce film. Mais c'est lui qui a eu raison...»

  • L'humoriste et acteur français Guy Bedos:
«Mon plus beau souvenir, c'était l'an dernier. Thierry Frémaux a programmé Dragées au poivre, un film de 1963 réalisé par Jacques Baratier que j'ai coécrit et dans lequel j'ai joué... C'était formidable, il n'a pas pris une ride. Il y avait plein de jeunes gens dans la salle qui hurlaient de rire.»

  • L'actrice italienne Monica Bellucci:
«Mon premier festival, c'était en 2000, ça fait déjà 17 ans. C'est la première fois que je montais les marches à Cannes et j'étais avec Morgan Freeman et Gene Hackman, pour un film américain qui s'appelait Suspicion. Même si j'étais bien entourée, ça ne m'a pas empêchée de trembler.

«Mon meilleur souvenir, c'est à chaque fois. C'est toujours une grande émotion d'être à Cannes. Quand j'ai été dans le jury en 2006, ça a été intense, mais beau. C'est une grande responsabilité. On voit trois films par jour, on ingère beaucoup d'informations, ce qui pour quelqu'un qui n'est pas journaliste est quand même des fois difficile. Mais c'était une belle expérience.»

  • Le producteur français Dominique Besnehard:
«J'étais un jeune responsable de casting. J'avais joué dans La drôlesse de Jacques Doillon, et j'étais descendu en 1979 avec la jeune comédienne, la petite Madeleine Desdevises, qui venait de la campagne, de la Normandie profonde. On a pris le train, même pas l'avion. On a traversé la France et on est arrivés à Cannes. On avait l'impression de deux campagnards qui débarquaient. Elle n'avait jamais vu la mer.»

Jane Birkin à Cannes en 2002... (Archives AFP, Olivier Laban-Mattei) - image 3.0

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Jane Birkin à Cannes en 2002

Archives AFP, Olivier Laban-Mattei

  • La chanteuse et actrice britannique Jane Birkin:
«Mon premier souvenir qui me revient, c'est... lorsque j'étais sur les genoux de Jack Nicholson (rires)! C'était plutôt amusant! Je ne me rappelle plus vraiment du contexte exact, et d'ailleurs il n'y a aucune raison pour laquelle on puisse se retrouver sur les genoux de Jack Nicholson. C'est la frivolité de Cannes! Je devais avoir 25 ans.

«Mon meilleur souvenir, c'était d'être venue défendre La pirate de Jacques Doillon, qui était en compétition. C'était un très beau moment.»

  • L'actrice québécoise Suzanne Clément:
«Mon premier souvenir, c'est nos visages fatigués et heureux quand on a présenté J'ai tué ma mère [de Xavier Dolan en 2009]. Le rêve fou de Xavier est devenu réalité, il a produit, écrit, réalisé et joué dans son premier long métrage à 20 ans et il est à Cannes.

«Je me souviens de ma course folle dans Cannes en baskets et en short pour aller chercher ma deuxième carte de crédit à l'hôtel et compléter l'achat d'une robe au prix exorbitant. Je me change directement dans la boutique où j'abandonne mes vêtements et je cours pieds nus, talons en mains, pour recevoir le prix d'interprétation dans la section Un Certain regard pour le film de Dolan Lawrence anyways [2012].»




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