Dur périple des comédies françaises à Hollywood

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Jacques Villeret dans le rôle de François Pignon, dans Dîner de cons.

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Veronique Dupont
Agence France-Presse
Los Angeles

Les comédies produites en France dopent régulièrement le box-office à domicile, parvenant même à y détrôner de grosses machines hollywoodiennes, mais très peu parviennent à traverser l'Atlantique sans faire de flop.

À l'heure où un remake d'Intouchables, l'un des plus grands succès de tous les temps en France, est en préparation outre-Atlantique, il n'y a guère que Trois hommes et un couffin ces dernières décennies qui ait réussi à séduire le public en version originale et américaine.

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Steve Carell et Paul Rudd, les deux têtes d'affiche de la version américaine du Dîner de cons.

Media Films

On ne compte plus les adaptations ratées, comme celles du Dîner de cons, des Visiteurs, de La cage aux folles.

Deux rois de la comédie à la française, Dany Boon et Lisa Azuelos, présents au festival Colcoa cette semaine à Los Angeles, se sont frottés à cet exercice périlleux.

Le premier a vu son succès historique Bienvenue chez les Ch'tis adapté avec réussite en italien, mais ne pas atteindre les plateaux de Hollywood malgré des années de travail de réécriture et une star comme Will Smith pour porter le projet.

Lisa Azuelos a mis en scène elle-même la version américaine de son hit LOL, avec Miley Cyrus et Demi Moore, mais sans parvenir à rééditer le succès rencontré en France.

La scénariste-réalisatrice-productrice, venue promouvoir son dernier film, Dalida, à Colcoa, remarque que «c'est compliqué de faire voyager l'humour brut [...]. Il faut rester proche de la sensibilité de départ, mais tout redémarrer, repartir de la situation intime comme: "il m'est arrivé tel malheur aujourd'hui", et ne pas se contenter de refaire exactement la même blague», dit-elle à l'AFP, en marge du festival.

Le moment d'une blague, les références peuvent se perdre en passant d'une langue à l'autre.

Méandres des studios

Elle souligne aussi que pour que l'humour garde son impact, sa fraicheur, «il ne faut pas que ça se perde dans les studios, dans des labyrinthes».

À Hollywood, «vous avez affaire à deux, trois, quatre producteurs exécutifs qui vous disent que vous ne pouvez pas faire ci ou ça», renchérit Dany Boon, qui présentait à Colcoa son dernier film, Raid dingue.

Tous ces responsables de studios «vont influencer le film et l'écriture pour des mauvaises raisons, comme "pousse cette caricature, faut que ça fasse aussi rire les ados"», parce que c'est une tranche démographique qui va beaucoup au cinéma, poursuit la star française qui vit à Los Angeles, dans un entretien à l'AFP.

Dany Boon... (AFP, Valerie Macon) - image 3.0

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Dany Boon

AFP, Valerie Macon

«Je déteste les comédies potaches pour adolescents, très vulgaires et scatologiques», dit l'acteur-réalisateur de 50 ans, qui a grandi avec les films de Billy Wilder, de Blake Edwards et de Peter Sellers. Il prépare actuellement une nouvelle aventure de «Ch'tis» avec Line Renaud et coproduit un «biopic» sur Pablo Escobar avec Javier Bardem et Penelope Cruz.

«C'est très difficile de traduire ce qui est drôle dans une autre culture, c'est pour ça que les drames sont encore vendus plus chers que les comédies dans les marchés aux films internationaux», souligne Tom Nunan, producteur et enseignant à l'université UCLA School of Theatre, film and television. 

Détails qui tuent

«Les concepts des comédies sont souvent simples, mais les problèmes arrivent avec les détails», fait-il valoir.

Il cite l'exemple de La belle famille, comédie désopilante au succès mondial sortie en 2000. «Une grande partie de l'humour découle du fait que le personnage de Ben Stiller se sent émasculé parce qu'il est infirmier» face à son beau-père Robert de Niro, ex-agent de la CIA.

«Mais dans d'autres cultures, ce n'est peut-être pas très important, et si on devait l'adapter dans une autre langue, on se demanderait peut-être "mais qu'est-ce qu'il y a de si drôle?"».

La comédie, affaire de détails, de sens du moment et de références culturelles, «c'est beaucoup plus dur» que le drame, estime Lisa Azuelos, qui s'apprête à renouer avec le genre pour traiter cette fois du thème des enfants qui quittent le foyer parental.

Elle a mis plusieurs années à faire son Dalida, parce que «c'est dur de faire un film d'époque sur la vie de quelqu'un qu'on ne veut pas trahir, je n'avais jamais eu autant de contraintes. Mais, en réalité, l'émotion c'est plus facile, on a quelqu'un qui a perdu un enfant, on met une belle musique [...]. Aller chercher le rire, c'est beaucoup plus dur qu'aller chercher les larmes.»




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