Dalida: spleen au sommet **1/2

Rayonnante en Dalida, l'Italienne Sveva Alviti est la... (Fournie par Les Films Séville)

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Rayonnante en Dalida, l'Italienne Sveva Alviti est la révélation du film.

Fournie par Les Films Séville

Le SoleilÉric Moreault 2/5

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CRITIQUE / La vie de Dalida fut une suite de tragédies, de son enfance jusqu'à son dernier soupir. De femme complexe, en quête d'amour, de bonheur tranquille, mais aussi de popularité, Lisa Azuelos a surtout cherché à exploiter le conte de fées de la petite complexée qui devient une mégavedette internationale, s'assurant de contenter ses aficionados en présentant quantité de chansons. En résulte, dans Dalida, un long vidéoclip lisse qui reste en surface au lieu de chercher à déboulonner le mythe entretenu par son frère Orlando.

Bien sûr, ce n'est pas une mince tâche de résumer une vie tumultueuse. Mais qui trop embrasse, mal étreint. La réalisatrice française a tenté de tout montrer, débutant par la première tentative de suicide de Dalida (Sveva Alviti) après la mort violente de son compagnon, en 1967. 

Cette évocation devient un prétexte à un récit raconté par ses proches, qui relatent les grandes étapes de sa carrière. On fait un bref retour sur son enfance alors qu'elle est victime des moqueries en raison de son strabisme et qu'elle souffre énormément de la mort de son père. 

Ces traumatismes l'ont profondément marquée. Au point où elle vivra en équilibre sur le fil de fer entre la vie et la mort. Ceux qui l'accompagnent dans cette danse vont souvent tomber, d'ailleurs : amants et amis vont se suicider, à son grand désespoir.

Paradoxe ambulant

La chanteuse égypto-italienne est un paradoxe ambulant. Alors que cette grande romantique aspire à une vie familiale rangée avec des enfants, elle se laisse néanmoins aspirer par sa carrière et le désir de tout donner à son public. Celle qui cherche désespérément l'amour vend du rêve. Poussée, il est vrai, par les hommes qui l'entourent, victime de l'époque et de son paternalisme ambiant.

Dont Orlando, frère et gardien du temple Dalida, qui a collaboré au scénario. Il n'a pas été jusqu'à gommer la rencontre de l'idole de l'époque avec Lucio, jeune Italien tout juste majeur. Lui et le reste de la famille la forceront à le laisser et à avorter, opération qui la rendra stérile, à son grand désespoir (ce qui inspirera sa célèbre Il venait d'avoir 18 ans). Mais on a droit à un drame biographique officiel, un film de commande.

D'ailleurs, on ne sent pas une grande empathie de la réalisatrice envers son sujet. Non contente de pécher par superficialité, Lisa Azuelos réussit l'exploit de ne pas émouvoir le spectateur à un destin aussi tragique. Car sous le bonheur apparent de ses chansons, la femme multiplie les dépressions et traîne son spleen comme un boulet.

Ceux qui veulent entendre - en partie - ses grands succès et la reconstitution de leur interprétation vont être servis. Au point où le film rappelle les hagiographies musicales diffusées par les chaînes spécialisées comme MTV et MusiquePlus.

De plus, l'exercice a ses limites. Difficile, en deux heures, d'illustrer toutes les multiples incarnations de Dalida, de Miss Égypte à icône pour la communauté gaie, en passant par la chanteuse à textes et la vamp hollywoodienne. Actrice aussi, notamment sous la direction du grand Youssef Chahine. On évoque d'ailleurs le tournage du Sixième jour (1986), quelques mois avant sa mort, à Paris, d'une surdose de médicaments.

Heureusement, il y a Sveva Alviti, rayonnante dans le rôle-titre et révélation de ce film. L'Italienne réussit à véritablement incarner la chanteuse, à lui donner une âme et, en fin de compte, à nous toucher. Et c'est tout ce que voudront les gens qui iront voir Dalida et en ressortiront avec des vers d'oreille pour un mois.

Au générique

  • Cote: **1/2
  • Titre: Dalida 
  • Genre: drame biographique
  • Réalisatrice: Lisa Azuelos
  • Acteurs: Sveva Alviti, Riccardo Scamarcio et Jean-Paul Rouve
  • Classement: général
  • Durée: 2h04
On aime: l'incarnation de Sveva Alviti

On n'aime pas: la recette, l'aspect superficiel




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