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C'est le coeur qui meurt en dernier: à la recherche de la mère perdue ***1/2

La large part du film repose sur Denise... (Fournie par les Films Séville)

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La large part du film repose sur Denise Filiatrault, qui relève le défi sans coup férir. C'est dans les émotions plus subtiles, vers la fin, qu'elle devient vraiment convaincante et touchante.

Fournie par les Films Séville

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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CRITIQUE / Si C'est le coeur qui meurt en dernier est le dernier tour de piste de Denise Filiatrault, l'énergique actrice pourra partir la tête haute. La femme de 85 ans a trouvé un rôle à sa juste mesure dans le quatrième long métrage d'Alexis Durand-Brault. Ce puissant drame intimiste, qui n'est pas dépourvu d'une subtile critique sociale, est une belle évocation des liens complexes qui unissent une mère à son fils - on pense au puissant Léolo de Lauzon (1992), sans le lyrisme, et au Tremblay des Chroniques du plateau Mont-Royal.

Adaptation du roman du même nom de Robert Lalonde, le film met en scène une vieille femme atteinte d'Alzheimer (Filiatrault) qui veut se rapprocher de son fils avant de perdre la raison. Ce qui est bien pratique: la maladie lui permet autant d'avoir son franc-parler truculent que la mémoire sélective...

Elle ignore toutefois que Julien (Gabriel Sabourin) a publié un livre, acclamé par la critique et le public, qui relate la relation particulière qu'il a entretenue avec sa mère jeune (jouée par Sophie Lorain) et qui révèle de lourds secrets de famille.

Sur la base de cette chronique douce amère, Durand-Brault (La petite reine) déploie son cinéma avec beaucoup d'efficacité. Plans-séquences aux mouvements de caméra élaborés, gros plans au bon moment, direction d'acteurs subtile, le réalisateur démontre de belles choses. Même s'il y a quelques longueurs et une certaine sécheresse émotive dans la première moitié.

Car C'est le coeur... est un film qui se déploie lentement et qui demande un effort d'attention de la part du spectateur. Sa structure implicite, qui multiplie les allers-retours temporels, peut donner du fil à retordre. Les choses finissent toutefois par s'éclaircir et le portrait d'ensemble apparaît.

Dans son troisième scénario après Amsterdam (Stefan Miljevic, 2013) et Miraculum (Daniel Grou, 2014), Gabriel Sabourin a choisi d'entretenir une part de mystère sur le secret qui empoisonne la relation entre son personnage et sa mère. Une décision qui se défend, surtout qu'il introduit un élément important dans le récit: l'aide à mourir. Et, du coup, le poids, réel ou imaginaire, des aînés dans la société jusque dans leur confinement en CHSLD lorsqu'ils perdent la tête.

Quête de rédemption

Le film cite à ce propos La ballade de Narayama (le chef-d'oeuvre de Shohei Imamura, Palme d'or en 1983), un beau clin d'oeil cinématographique parfaitement justifié. Mais au-delà du dilemme moral auquel est confronté le fils, Mme Lapierre recherche une forme de rédemption, liée à son passé et son sentiment de culpabilité.

Une partie du long métrage se déroule dans les années 70, une évocation fort réussie de la condition des femmes à l'époque. Mme Lapierre, mère au foyer, est prisonnière de son manque d'éducation et de sa dépendance économique à son mari (un père absent). Sophie Lorain, d'abord rayonnante et fantaisiste, s'éteint progressivement et devient plus distante avec son fils.

Sa composition est tout à fait crédible, mais la large part du film repose sur Denise Filiatrault, qui relève le défi sans coup férir. Bien sûr, le rôle est taillé sur mesure. Sans filtre et bornée, sa Mme Lapierre n'est pas tellement loin de la personnalité publique de Mme Filiatrault. C'est toutefois dans les émotions plus subtiles, vers la fin, qu'elle devient vraiment convaincante et touchante.

Gabriel Sabourin, en introverti complexé et torturé, défend bien son Julien qui tente de cheminer de l'ombre à la lumière - la fin est très bien amenée. Mais il manque une toute petite étincelle à ce film pour qu'il soit à la hauteur de ses aspirations. N'empêche. Ses artisans peuvent en être fiers, c'est une belle réussite.

Au générique

  • Cote: ***1/2
  • Titre: C'est le coeur qui meurt en dernier
  • Genre: drame
  • Réalisateur: Alexis Durand-Brault
  • Acteurs: Gabriel Sabourin, Denise Filiatrault et Sophie Lorain
  • Classement: général
  • Durée: 1h43
On aime: la réalisation imaginative, la bonne direction d'acteurs, les thèmes abordés

On n'aime pas: un début un peu lent et complexe




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