Pascal Elbé chez le roi des escrocs

Avec Je compte sur vous, l'histoire vraie d'un...

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Avec Je compte sur vous, l'histoire vraie d'un beau parleur qui escroque les banques, Pascal Elbé signe sa deuxième réalisation.

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(Québec) Pascal Elbé mène une fructueuse carrière d'acteur et de scénariste, depuis une quinzaine d'années. Mais le manque de rôles significatifs ces dernières années lui a donné le goût de s'accomplir derrière la caméra et de signer le très remarqué Tête de Turc (2010). Après ce passage par le terrain miné de la banlieue parisienne, il revient avec Je compte sur vous, l'histoire vraie d'un beau parleur qui escroque les banques avec la fraude du président, dont il est l'inventeur. Le Soleil a profité de son passage au Québec pour en discuter.

Q Qu'est-ce qui vous a convaincu de réaliser vos propres films?

R J'ai eu le goût de faire mes propres erreurs. Quand vous écrivez un scénario et que vous voyez le résultat, ça ne correspond pas toujours à ce que vous avez écrit. C'est normal, il y a toujours une différence entre l'imaginaire et la réalité. Pour Tête de Turc, je savais que ça allait être une grammaire assez naturelle. Sur le plateau, je n'avais pas de difficulté à savoir où placer ma caméra ou à diriger mes camarades. J'ai fait une quarantaine de films, c'est comme un prolongement. Et vous vous sentez comme Dieu [rires], j'adore faire ça. C'est très violent quand ça s'arrête parce que tout d'un coup, on ne vous demande plus rien. Je me sentais comme un enfant d'une famille nombreuse qui ne pouvait jamais parler parce qu'on était 15 à table et, tout d'un coup, dès que vous ouvrez la bouche, tout le monde se tait. Si ce n'est pas ça être Dieu [rires]. Dieu chez Almodovar!

Q Qu'est-ce qui vous intéressait dans l'histoire de ce manipulateur?

R D'imaginer que, dans cette époque où tout est contrôlé, ce type-là, avec un téléphone, arrive à braquer de grands groupes bancaires ultra-sophistiqués qui dépensent des fortunes pour leur sécurité. Et lui arrive avec son bagout et son culot et en trois jours, il se fait deux, trois millions sur son compte. Si c'est pas une histoire, où est l'histoire? Je ne cautionne pas nécessairement ce genre d'escroc qui cause beaucoup de torts. Et d'un point de vue cinématographique, je trouvais que c'était un beau défi. 

Q Quelles étaient vos références cinéphiliques pour ce tournage?

R J'ai revu L'arnaque [George Roy Hill, 1973] et ce genre de films. Mais celui que je voulais voir formellement, c'était Talk Radio d'Oliver Stone (1988). Je voulais voir comment il pouvait s'en sortir avec son huis clos. Par contre, je ne voulais pas faire un film comme Les affranchis [Scorsese, 1990] parce que ça a été tellement bien fait. Il me fallait réinventer une grammaire pour filmer tous ces coups de fil. J'ai dû faire appel à mon instinct et à ma réflexion parce que je ne pouvais pas m'appuyer sur un film précis. Je ne voyais rien qui correspondait à cet hybride.

Q Avez-vous beaucoup romancé?

R Oui. J'ai pris mes distances. Le vrai [Gilbert Chikli ] est tellement psychopathe que, dans le film, je lui ai inventé une mère pas aimante et des circonstances atténuantes pour le rendre moins antipathique. Je ne voulais pas porter de jugement sur mon personnage. Dans la vraie vie, je ne le trouve pas très sympathique, par contre, je trouve dingue ce qu'il a fait. 

Q On note depuis quelques années, dans tous les cinémas nationaux, une fascination pour les histoires vraies. Pourquoi, selon vous?

R Dans ce cas, c'est parce qu'une telle histoire, on ne peut pas l'inventer. Très souvent, la réalité dépasse la fiction. Il y a même des choses, dans les premiers scénarios, que j'ai dû couper parce qu'on m'a dit : je n'y crois pas. Moi, je préfère [quand même] inventer une histoire du tout au tout. Quand on dit «basé sur une histoire vraie», je ne suis pas sûr que ce soit une valeur ajoutée absolue. De vous prendre en otage tout de suite en disant que c'est une histoire vraie, acceptez ce que je vais vous montrer, ça me gêne. Mais vous avez raison. Quelque part, c'est comme s'il y avait un déficit d'imagination [au cinéma]. Je ne recommencerai plus, promis [rires].

Q Parlant de réalité et de fiction, vous avez choisi de placer les attentats terroristes de Madrid (2004) et de Londres (2005) en toile de fond du récit. Pourquoi?

R Dans la vraie histoire, il a fait ses arnaques téléphoniques dans cette période-là. Il s'est servi de ce qui passait autour de lui pour rendre la chose crédible. Quand on détourne un directeur de banque en se faisant passer pour le président, il faut des arguments précis. [...] C'est un mécanisme de manipulation. Quand [ces fraudeurs] vous ont au téléphone, ils trouvent tout de suite la faille, ils s'engouffrent et vous lavent le cerveau. C'est inépuisable.




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