Oscars: les yeux rivés sur Villeneuve

Six ans après Incendies, Denis Villeneuve est de retour en force... (AP, Chris Pizzello)

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AP, Chris Pizzello

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(Québec) Six ans après Incendies, Denis Villeneuve est de retour en force dimanche aux Oscars avec L'arrivée (Arrival)! Il est juste dommage que ce soit la même année que Pour l'amour d'Hollywood (La La Land), qui devrait rafler pas mal de statuettes dorées et faire danser ses artisans toute la soirée. Il y a tout de même plein de luttes intéressantes et de surprises possibles qu'on a décortiquées pour vous. Ne vous restera plus qu'à préparer le maïs soufflé et à vous amuser.

Denis Villeneuve et Amy Adams pendant le tournage... (Fournie par Paramount Pictures) - image 1.0

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Denis Villeneuve et Amy Adams pendant le tournage de L'arrivée

Fournie par Paramount Pictures

  • L'année des Québécois

Évidemment, personne ne s'attendait à ce que L'arrivée décroche huit nominations (huit!). Que Denis Villeneuve soit retenu pour l'Oscar du meilleur réalisateur était un peu plus prévisible. Mais le plus beau dans tout ça, c'est que cinq Québécois seront aussi à Hollywood avec une chance de gagner : Patrice Vermette et Paul Hotte (décors); Sylvain Bellemare (montage sonore); Bernard Gariépy Strobl et Claude La Haye (mixage sonore). À noter, les trois derniers ont obtenu le BAFTA (l'Oscar britannique) dans la catégorie meilleur son.

Vaysha l'aveugle... (Fournie par l'ONF) - image 2.0

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Vaysha l'aveugle

Fournie par l'ONF

  • L'autre réalisateur québécois

Avec tout le boucan entourant Denis Villeneuve, la nomination de Theodore Ushev pour le meilleur court d'animation est presque passée inaperçue. Vaysha l'aveugle, avec son esthétique naïve et expressive, se veut une fable philosophique sur notre propension à vivre dans le passé et à craindre le futur au lieu de profiter du moment présent. Le court a déjà remporté une vingtaine de prix, dont le prix spécial du jury au Festival d'Annecy (le Cannes de l'animation).

  • Le rouleau compresseur

Désolé, mais on voit mal comment les autres films pourraient résister au rouleau compresseur Pour l'amour d'Hollywood dans les catégories de pointe. Le pétillant long métrage de Damien Chazelle a obtenu les récompenses du meilleur film, réalisateur et scénario aux Golden Globes; même chose au BAFTA (sauf le scénario, remis à Kenneth Lonergan pour le bouleversant Manchester by the Sea), sans parler du reste. Et comme l'action du drame musical se déroule à Hollywood, tout en célébrant l'âge d'or du cinéma, on voit mal comment les membres de l'Académie sortiraient de leur conservatisme habituel...

  • Surprise, surprise 

La décision de placer Moonlight dans la catégorie de la meilleure adaptation plutôt que dans celle du meilleur scénario original vient sérieusement nuire aux chances de L'arrivée dans la première. Dommage parce que la Guilde des scénaristes a décerné ses prix à Barry Jenkins (Moonlight, scénario original) et à Eric Heisserer (L'arrivée, adaptation)! Autre surprise, la nomination (méritée) de Yorgos Lanthimos et Efthimis Filippou, pour Le homard, au scénario original. Mais ils ne seront pas de taille contre Pour l'amour d'Hollywood. Seul Kenneth Lonergan a une mince chance pour Manchester by the Sea. Mais ce serait vraiment stupéfiant!

  • L'évidence

Désolé pour Noamie Harris, Nicole Kidman, Octavia Spencer et Michelle Williams, mais Viola Davis va repartir avec l'Oscar de la Meilleure actrice de soutien. Elle est absolument bouleversante dans la peau d'une mère qui tente d'aider son fils à se libérer de l'emprise d'un père contrôlant dans Fences. Un grand rôle. Fait notable, il y a trois Afro-Américaines dans cette catégorie et une seule dans celle de la meilleure actrice (Ruth Negga pour Loving). Parlant d'évidence, Emma Stone a tout raflé jusqu'ici comme meilleure actrice pour son rôle dans Pour l'amour d'Hollywood. Absolument tout. Ce qui est quand même dommage pour Negga et Natalie Portman, éblouissantes dans leur rôle respectif. Sans parler d'Isabelle Huppert.

Pour l'amour d'Hollywood... (Fournie par Les Films Séville) - image 3.0

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Pour l'amour d'Hollywood

Fournie par Les Films Séville

  • La plus serrée 

N'allez pas croire que c'est dans la poche pour Ryan Gosling (Pour l'amour d'Hollywood). D'ailleurs, la Guilde des acteurs lui a préféré Denzel Washington (Fences) et les BAFTA ont opté pour Casey Affleck (Manchester by the Sea) comme meilleur acteur. Il y a aussi Viggo Mortensen qui est formidable en père courage dans Une vie fantastique, mais ses chances sont malheureusement presque nulles. Dans cette véritable lutte à trois, Affleck a épaté tout le monde, mais les (vieilles) accusations de harcèlement sexuel pourraient lui nuire. Washington a déjà gagné deux fois, mais il est brillant dans son rôle de Troy Maxwell. Bien malin qui pourrait prédire avec certitude l'issue de celle-ci.

  • La plus relevée

On dira ce qu'on voudra, mais la catégorie la plus relevée de la soirée demeure celle du meilleur film en langue étrangère. Xavier Dolan n'a pas à rougir de ne pas y être avec Juste la fin du monde. Le puissant Le client, le déroutant Mr Ove, l'hilarant Toni Erdmann et le poignant Les oubliés méritent tous l'Oscar. Peu importe le gagnant, ce sera crève-coeur. Profitez-en : ils sont à l'affiche en ce moment (l'Australien Tanna demeure inédit au Québec).

  • Des efforts vains

L'Académie fait de gros efforts pour présenter un peu de diversité dans la catégorie du meilleur film d'animation depuis quelles années. Pour cette 89e cérémonie, Ma vie de Courgette (Suisse, mon favori) et La tortue rouge (France) se sont glissés parmi les finalistes. Mais si on se fie aux dernières années, ça va se jouer entre Kubo et l'armure magiqueMoana et Zootopia, trois productions américaines. Qui ont chacune de grandes qualités, cela dit. La catégorie est très relevée.

  • L'hommage posthume

Si August Wilson gagnait la statuette dorée pour le scénario adapté - les chances sont minces -, il ne montera pas sur scène pour recevoir son Oscar. Le dramaturge de Fences est décédé en 2005. Ce serait seulement la deuxième fois qu'un auteur obtient une récompense posthume. Sidney Howard a été honoré après sa mort pour l'adaptation d'Autant en emporte le vent (1940).

  • La grande absente 

Oui, la compétition est très forte dans la catégorie de la meilleure actrice. Mais l'absence d'Amy Adams est un non-sens. Elle porte le film de Denis Villeneuve sur ses épaules et livre une performance nuancée et totalement incarnée. C'est d'autant plus dommage qu'elle a obtenu cinq nominations depuis 2005, sans victoire. M'enfin. Elle sera au moins là pour remettre un prix.

  • Les snobés 
Xavier Dolan pour Juste la fin du monde; Martin Scorsese pour SilenceDeadpool, en général, et Ryan Reynolds en particulier; Loving, en général, Joel Edgerton et Jeff Nichols, en particulier; Sunny Pawar pour Lion; Tom Hanks pour Sully; Hugh Grant pour Florence Foster Jenkins; Annette Bening pour 20th Century WomenAve, César! des Coen; Le livre de la jungle de Jon Favreau.

  • Les «pas rapport» 
Même en examinant la nomination de Mel Gibson comme meilleur réalisateur pour Hacksaw Ridge sous tous les angles, on n'en revient pas encore. Bien sûr, patriotisme, foi et acte de bravoure forment un cocktail irrésistible, mais bien d'autres y auraient mérité une place : Tom Ford (Animaux nocturnes); Garth Davis (Lion); les Coen (Ave, César!), etc. On se demande aussi ce que fait la larmoyante Nicole Kidman et son affreuse coupe de cheveux dans la catégorie de l'actrice de soutien pour Lion. Janelle Monáe (Les figures de l'ombre) aurait plutôt dû y être.

Florence Foster Jenkins... (Fournie par Les Films Séville) - image 5.0

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Florence Foster Jenkins

Fournie par Les Films Séville

  • La surestimée
Petit clin d'oeil en terminant : la «surestimée» Meryl Streep, selon le président américain, en est à sa 20e nomination avec Florence Foster Jenkins. Il s'agit d'un record chez les acteurs, loin devant Katharine Hepburn et Jack Nicholson, finalistes à 12 reprises (Kevin O'Connell a 21 nominations au mixage sonore, mais aucune victoire...). Elle cumule 16 nominations comme meilleure actrice, dont deux victoires (La dame de fer et Le choix de Sophie), et quatre dans un second rôle, avec une victoire (Kramer contre Kramer). Il serait toutefois surprenant que la grande comédienne surpasse Emma Stone. Pour l'anecdote : Catherine Frot a décroché le César 2016 de la meilleure actrice pour Marguerite, où elle joue un personnage inspiré de Florence Foster Jenkins. Elle chante aussi faux que la vraie...




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