Ça sent la coupe: au nom du père ***

Cantonné dans un rôle tout en intériorité, Louis-José... (Fournie par Les Films Séville)

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Cantonné dans un rôle tout en intériorité, Louis-José Houde se débrouille bien dans Ça sent la coupe.

Fournie par Les Films Séville

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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CRITIQUE / Promis, on va vous éviter toutes les figures de style sur le hockey. Trop évident. Aussi parce que malgré son titre, notre sport national ne sert que de toile de fond à cette comédie dramatique sur un trentenaire qui vit une profonde remise en question. N'ayez crainte : Ça sent la coupe demeure un film populaire, misant sur Louis-José Houde. Le public risque de bien aimer sa saveur aigre-douce.

Utilisons plutôt une métaphore culinaire : Ça sent la coupe réunit tous les bons ingrédients. C'est leur dosage inhabituel qui cause la surprise et donne un goût différent. 

À la base, il y a Max (Houde) qui a hérité de la boutique de hockey de son père et qui accueille, dans son appartement au-dessus, son trio d'amis pour écouter les matchs du Canadien de Montréal. Comme d'habitude. Sauf que le 28 décembre 2009, Julie (Émilie Bibeau) fait sa valise et part. Au grand désarroi de l'inconditionnel du Tricolore dont la vie bascule.

La crise est exacerbée par le retour récent de Nathalie (Julianne Côté, la Nicole de Tu dors Nicole de Stéphane Lafleur). Max n'a pas vu sa soeur depuis son départ après la mort de leurs parents, il y a sept ans. La blessure du deuil est encore vive, de part et d'autre. Alors que la cadette pratique la fuite par en avant, l'aîné vivote dans le passé...

Le scénario de Matthieu Simard, librement adapté de son roman du même nom, se sert donc de la glorieuse saison 2009-2010 comme d'un miroir dans lequel se reflètent les humeurs en montagnes russes de Max (les matchs servent de repères temporels). Mais, surtout, de prétexte pour explorer les relations père-fils (le film est dédicacé «À nos papas»), la fatalité, l'amitié, la séparation et l'incommunicabilité. Le «on fait pas ça, nous, se parler» de Julie à Max s'applique autant au couple qu'aux Québécois...

L'espoir

Rien de transcendant, mais des pistes de réflexion intéressantes, très ancrées dans le quotidien. Ça sent la coupe traite surtout d'espoir, celui dont la lueur a pâli quand on a atteint le fond du baril, mais qui rejaillit quand on rebondit. Et de la possibilité de se réinventer et de changer de vie.

Le long métrage de Patrice Sauvé prend la forme d'une lettre que Max adresse à son père, celle qu'il ne lui a jamais écrite de son vivant. Celle d'un homme forcé de se regarder dans le miroir et d'y voir un reflet qu'il n'aime guère. Celle d'un amoureux trahi dont le premier réflexe est de reconquérir à tout prix Julie.

Ça sent la coupe propose une comédie dramatique avec des accents romantiques. La présence des amis, très stéréotypés, sert de ressort comique (de l'humour bon enfant et inoffensif). Louis-José Houde, lui, est surtout cantonné dans un rôle tout en intériorité. Il se débrouille bien, dans le contexte, même si j'ai eu beaucoup de difficulté à m'y faire. Je m'attendais constamment à un trait d'humour, pas à une gueule de chien battu. Le contre-emploi est toujours risqué.

Patrice Sauvé (La Vie, la vie, Grande Ourse) ne tourne pas assez souvent au cinéma. Sa réalisation contient plusieurs bonnes idées. Sauf qu'elle manque d'air. Le presque huis clos de l'appartement et de la boutique n'aide pas, à sa décharge.

L'air de rien, Ça sent la coupe examine aussi le contexte social qui entoure le hockey, du rituel presque quotidien jusqu'à la frénésie des séries. Un révélateur, mais aussi une métaphore. Bref, un film qui nous ressemble et nous rassemble.

Au générique

  • Cote:  ***
  • Titre: Ça sent la coupe
  • Genre: comédie dramatique
  • Réalisateur: Patrice Sauvé
  • Acteurs: Louis-José Houde, Julianne Côté et Émilie Bibeau 
  • Classement: général
  • Durée: 1h38
On aime: Le canevas. L'aspect sympathique de l'ensemble.

On n'aime pas: Une réalisation trop tranquille. Un manque d'émotions.




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