Or: marchand de rêve **1/2

Matthew McConaughey s'est encore livré à une transformation... (Fournie par Entract Films)

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Matthew McConaughey s'est encore livré à une transformation extrême. Il s'est rasé la tête pour porter une perruque qui lui fait une belle calvitie, a de fausses dents et a gagné 20 kilos pour arborer une belle bedaine de bière...

Fournie par Entract Films

Le SoleilÉric Moreault 2/5

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CRITIQUE / Les frères Weinstein ont parié qu'une sortie limitée à la fin décembre leur permettrait d'obtenir des nominations aux Oscars pour Or (Gold). Comme le personnage principal, joué par l'excellent Matthew McConaughey (qui aurait pu en décrocher une), ils ont confondu leur désir pour la réalité. Ou, si vous préférez, le duo est tombé sous l'illusion de l'or des fous!

Pourtant, le propos était extrêmement prometteur. Vaguement inspiré par le scandale de la minière canadienne Bre-X, en 1993, Or s'intéresse à Kenny Wells (McConaughey), un prospecteur dont la compagnie familiale vaut des clous après avoir connu des heures de gloire.

Le rêveur et éternel optimiste décide de miser tout ce qu'il lui reste sur Michael Acosta (Édgar Ramírez, solide), un géologue presque aussi désespéré. Les deux hommes s'enfoncent dans la forêt indonésienne à la recherche d'un gisement inconnu. Miraculeusement, ils trouvent un incroyable filon. Bien vite, les requins de la finance vont tourner autour des deux hommes pour leur arracher le magot...

Le long métrage s'attarde à la déchéance de Wells et à sa quête insensée au pays du dictateur corrompu Suharto, la partie de loin la plus intéressante. Mélange de film d'amis (buddy movie) et d'aventures à ce moment, Or s'intéresse à la contagieuse folie des grandeurs du prospecteur et au fossé entre les deux associés (pas si différents que ça, au fond). McConaughey est irrésistible, autant dans sa frénésie désespérée que dans les moments d'humour physique.

L'acteur caméléon s'est encore livré à une transformation extrême. Il s'est rasé la tête pour porter une perruque qui lui fait une belle calvitie, a de fausses dents croches et, surtout, a gagné 20 kilos pour arborer une belle bedaine de bière... Ça vaut le détour, mais ça ne suffit pas.

Surtout quand Or entre dans sa deuxième partie plus dramatique. Stephen Gaghan, moins inspiré à la réalisation que comme scénariste (SyrianaTrafic), passe en plus à côté de son propos, trop occupé à insister sur l'aspect clown alcoolique de Wells et sa relation qui prend le bord avec sa copine terre-à-terre. Le personnage de Bryce Dallas Howard (lumineuse) est totalement sous-exploité et fait vraiment cinéma du siècle dernier. Sans parler de la finale totalement ratée qui s'étire inutilement...

Le réalisateur pouvait mieux illustrer les terribles faillites morales du capitaliste sauvage qui exploite de modestes investisseurs à qui on fait miroiter l'Eldorado, tout en explorant les aspects plus sombres de Wells dans sa quête pour rétablir le rêve américain familial qu'il a transformé en cauchemar.

De toute évidence, Stephen Gaghan n'aspirait à rien d'autre que d'offrir un bon divertissement, assez réussi par ailleurs, et c'est bien dommage. Il a gâché un sujet... en or!


Au générique

  • Cote: **1/2
  • Titre: Or
  • Genre: drame
  • Réalisateur: Stephen Gaghan
  • Acteurs: Matthew McConaughey, Édgar Ramírez, Bryce Dallas Howard
  • Classement: 13 ans +
  • Durée: 2h01
On aime: la trame sonore (Joy Division, Television...), la performance de McConaughey

On n'aime pas: la réalisation quelconque, des longueurs

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