Oscars: Dolan se permet de rêver

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Xavier Dolan lors de la présentation de Juste la fin du monde au Festival de Cannes en mai dernier.

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Caroline St-Pierre
La Presse Canadienne
Montréal

Au lendemain de sa sélection dans la courte liste de neuf longs métrages en langue étrangère toujours dans la course aux Oscars, Xavier Dolan se dit excité et ému. Et, surtout, il se permet de rêver.

L'Académie des Oscars a annoncé, jeudi, que Juste la fin du monde faisait partie des neuf films qui se rendront au prochain tour de vote. Le long métrage, qui met en vedette Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Marion Cotillard, Léa Seydoux et Vincent Cassel, a déjà remporté le Grand Prix au plus récent festival de Cannes.

Un comité formé de plusieurs centaines de membres de l'Académie va visionner chacun des neuf films au cours du mois prochain. À la fin du processus, ils ne garderont que cinq films qui seront nommés dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère.

Moment de désillusion

En conférence téléphonique, vendredi, Xavier Dolan a admis avoir parfois ressenti de la désillusion et de la déception, puisque Juste la fin du monde n'a toujours pas de distributeur aux États-Unis.

«Il y a eu un moment, en fait, dans ce processus-là, [...] de désillusion, de déconvenue aussi. Je ne veux pas dire de désespoir, mais oui, ça peut être désespérant quand un film qu'on a fait avec beaucoup d'amour, avec beaucoup d'énergie et de passion, passe dans le beurre auprès d'un public», a-t-il confié.

À ce moment-là, il avoue s'être demandé s'il avait bien fait de croire qu'il avait, peut-être, des chances d'être sélectionné. Il avait l'impression que son film était bien accueilli, lorsqu'il allait à la rencontre des membres de l'Académie et qu'il assistait à des projections organisées à Los Angeles, mais Juste la fin du monde ne semblait pas être considéré parmi les favoris pour poursuivre la course au-delà de sa sélection initiale par le Canada.

«Il y a eu des moments où j'ai un peu perdu espoir et j'ai fini par me dire des choses du genre: "Ah, j'étais idiot de même penser que ça pouvait fonctionner, je n'aurais pas dû y croire." Et hier soir, quand j'ai appris la nouvelle, ça m'a rattrapé, et je me suis trouvé tout à coup très idiot d'avoir, comme ça, perdu espoir, alors que dans le fond, depuis les débuts de ma vie, c'est toujours comme ça que j'ai fonctionné.»

On a d'ailleurs parfois reproché au jeune cinéaste de toujours viser aussi haut, et de manifester sa déception lorsqu'il n'atteint pas les objectifs qu'il se fixe.

«J'ai toujours imaginé mes films dans des endroits comme ça, dans des circonstances comme ça. J'ai toujours imaginé que quand je voulais travailler avec un acteur hors de portée, ça fonctionnerait. Souvent, les gens ont pensé que c'était un manque d'humilité. Ce n'était pas un manque d'humilité, c'était une absence de limites. On se donne souvent énormément de limites. On limite nos projets, on limite leur portée, on se donne des limites dont on est finalement victime et prisonnier.»

Pour la suite des choses, Xavier Dolan veut demeurer réaliste, sans toutefois bouder son plaisir.

«Ce serait bouder tout le plaisir de ce processus-là, et l'adrénaline de ce processus-là, que de dire: "Ah mon Dieu, on s'est déjà rendu tellement loin, c'est sûr que ça ne marchera pas, il ne faut pas trop rêver." Je pense qu'il faut rêver. Les gens qui rêvent ont toujours raison, même s'ils perdent.»

Quelques dates à surveiller

13 janvier 2017: Début de la période de visionnement des finalistes de la catégorie langue étrangère.

15 janvier 2017: Fin de la période de visionnement.

24 janvier 2017: Annonce des nominations aux Oscars.

13 février 2017: Début du vote final pour déterminer les gagnants.

21 février 2017: Fin du vote final.

26 février 2017: 89e cérémonie des Oscars.

Meilleur film en langue étrangère: la courte liste

Tanna de Bentley Dean et Martin Butler (Australie)

Juste la fin du monde de Xavier Dolan (Canada)

Land of Mine de Martin Zandvliet (Danemark)

Toni Erdmann de Maren Ade (Allemagne)

Le client d'Asghar Farhadi (Iran)

The King's Choice d'Erik Poppe (Norvège)

Paradise d'Andrei Konchalovsky (Russie)

A Man Called Ove de Hannes Holm (Suède)

Ma vie de courgette de Claude Barras (Suisse)

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