Alliés: l'ennemi intérieur **1/2

L'action d'Alliés commence à Casablanca, un clin d'oeil appuyé... (Fournie par Paramount)

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L'action d'Alliés commence à Casablanca, un clin d'oeil appuyé au film du même nom, tant dans l'esthétique que dans la dynamique entre les deux protagonistes (Marion Cotillard et Brad Pitt), qui rappelle les mythiques Ingrid Bergman et Humphrey Bogart.

Fournie par Paramount

Le SoleilÉric Moreault 2/5

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(Québec) CRITIQUE / Sur papier, Alliés (Allied) avait tout pour nous séduire. Un réalisateur établi en Robert Zemeckis, deux vedettes qui forment un couple dans l'adversité ainsi qu'une histoire d'espions pendant la Seconde Guerre mondiale. Sur grand écran, le drame sentimental d'époque s'avère en deçà de nos attentes : manque de complicité entre Marion Cotillard et Brad Pitt, rythme inégal et nostalgie un peu trop appuyée. Heureusement, le dernier acte vient sauver un film qui s'enlisait.

L'action d'Alliés débute à Casablanca, en 1942 - une référence explicite au célèbre film. Max Vartan (Pitt), un espion canadien-français, va à la rencontre de Marianne Beauséjour (Cotillard), sa contrepartie française. Les deux agents secrets doivent assassiner l'ambassadeur allemand. Mari et femme pour leur couverture, le duo est forcé de jouer le jeu. La jeune femme, pétillante et entreprenante, y participe plus volontiers que l'imperturbable et coincé Vartan, qui repousse ses avances...

Ils tombent néanmoins amoureux et rallient Londres. Malgré la guerre, le couple coule des jours heureux, ponctués par la naissance d'Anna, sous les bombes. Mais un an après leur arrivée, les supérieurs du lieutenant-colonel soupçonnent Marianne d'être à la solde des nazis...

Suspense efficace

La table ainsi mise pour le dernier acte, Alliés se transforme en suspense efficace. Soupçons et doutes distillent leur poison chez ses espions entraînés à mentir. La guerre exacerbe la passion, et Max est déchiré entre la loyauté et son amour... Dommage que le long métrage n'ait pas eu cet élan tout au long.

D'autant que le premier acte avait bien mis la table. Il agit aussi comme un clin d'oeil appuyé à Casablanca (Michael Curtiz, 1942), tant dans l'esthétique que dans la dynamique entre les deux protagonistes, qui rappelle celle des mythiques Humphrey Bogart et Ingrid Bergman. 

La très belle photo de Don Burgess (Seul au monde) en extérieur donne de l'air à un film coincé dans ses décors d'époque. Cette nostalgie chic plaira certainement aux cinéphiles qui s'ennuient de l'époque des grands studios, mais Zemeckis s'applique trop à l'exercice de style pour qu'on soit vraiment plongé dans le récit. Sa réalisation «classique» manque de dynamisme et de véracité.

Heureusement, Cotillard brille de tous ses feux. La grande actrice française prend tellement de plaisir à interpréter son intrigante qu'elle rayonne dans chaque scène. Comme souvent, la performance de l'interprète inoubliable de Piaf dans La vie en rose est une raison suffisante pour aller voir le film. Brad Pitt, dans un rôle plus effacé, se tire bien d'affaire, mais il manque d'intensité dans les scènes plus dramatiques. Un rôle loin d'être marquant dans sa carrière qui compte pourtant d'autres de cette époque (Le commando des bâtards, Fury). 

Malgré tout, Zemeckis ne parvient pas à faire des étincelles. Le film souffre d'une surprenante sécheresse émotive, malgré la musique (trop) appuyée. Sans parler d'une finale mélo artificielle et totalement inutile.

Alliés n'a pas la grandeur épique des meilleures productions des grands studios des années 40 et 50. C'est bien dommage. Mais s'il peut en convaincre quelques-uns de (re)découvrir les grandes oeuvres originales de Capra, Wilder, Lubitsch, Ford, Wyler, Huston, Kazan, Hawks et compagnie, ce sera déjà ça de pris.

Au générique

  • Cote: ** 1/2
  • Titre: Alliés
  • Genre: drame sentimental
  • Réalisateur: Robert Zemeckis
  • Acteurs: Marion Cotillard, Brad Pitt et Jared Harris
  • Classement: 13 ans et plus
  • Durée: 2h04
On aime: la direction photo, le dernier acte

On n'aime pas: le manque de chimie, la sécheresse émotive, le rythme inégal, la finale mélo

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