Harry: c'est arrivé près de chez vous **

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La structure d'Harry est assez bien montée, même si elle s'avère parfois brouillonne.

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Le SoleilÉric Moreault 2/5

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CRITIQUE / Ils sont de plus en plus de cinéastes à verser dans le documenteur, jouant sur la mince ligne entre réalité et fiction. Dernier en ligne, Harry : portrait d'un détective privé de Maxime Desruisseaux, qui se donne l'apparence d'un documentaire tout en proposant une histoire montée de toute pièce. Malgré l'effort, ce film indépendant dont on étire la sauce s'avère peu intéressant et ennuyeux.

On aurait souhaité une meilleure fortune au deuxième long métrage en noir et blanc du réalisateur de Québec, produit avec trois fois rien. Mais rien n'y fait. Il y a un gros risque à baser son film sur un seul personnage, même s'il est interprété avec un naturel déconcertant par Nick Theodorakis.

Ce Harry est un privé tout droit sorti d'un film noir : mal engueulé et mal dégrossi, alcoolique qui s'ignore, ce perdant de première tient du bum qui tente de se donner un peu de vernis, tout en étant pathétique. On ignore si Desruisseaux a voulu se moquer des clichés du genre en poussant son protagoniste aux extrêmes, ce qui le rend peu sympathique, ou bien s'il est tombé les deux pieds dedans. Dans un cas comme dans l'autre, on s'en lasse très vite.

D'autant que le long métrage tourne en rond pendant de longs moments. Dans le plus pur style documentaire, le réalisateur a intercalé des entrevues de connaissances aux scènes sur ce métier inusité ou dans son intimité, d'une platitude absolue.

Le film nous conduit ensuite en Gaspésie pour le noeud de l'histoire : l'enquête d'Harry sur Line Lachance, disparue il y a cinq ans. Mais sur place, l'homme de 44 ans se comporte de façon de plus en plus instable. Rendu là, ça faisait longtemps qu'on avait hâte que ça finisse.

Non seulement le scénario est mince, mais les dialogues sont d'une banalité affligeante. Pour faire «vrai», évidemment. Comme la visite improvisée chez Jean-François Mercier, un ami d'Harry perdu de vue en raison d'une obscure chicane. Au naturel plutôt que dans la peau de son gros cave, l'humoriste contribue aux meilleurs moments du long métrage - même si ceux-ci n'apportent strictement rien au récit. 

La structure d'Harry est assez bien montée, même si elle s'avère parfois brouillonne. Desruisseaux utilise les trucs habituels du documentaire : caméra portée, adresse à la caméra ou aux techniciens, plans fixes pour les entrevues, etc. Un bel exercice de style, mais un peu vain. Dommage.

Au générique

  • Cote: **
  • Titre: Harry : portrait d'un détective privé
  • Genre: «documenteur»
  • Réalisateur: Maxime Desruisseaux
  • Acteurs: Nick Theodorakis, Michel-Vital Blanchard, Denis Marchand et Jean-François Mercier
  • Classement: général
  • Durée: 1h27
On aime: les efforts de Nick Theodorakis

On n'aime pas: la minceur du scénario, les clichés, le peu d'intérêt de l'ensemble

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