Ce sentiment de l'été: parce que la vie continue

Anéanti par la disparition de son amoureuse, Lawrence... (Fournie par K-Films Amérique)

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Anéanti par la disparition de son amoureuse, Lawrence (Anders Andersen Lie) trouve un certain réconfort auprès de sa belle-soeur Zoé (Judith Chemla).

Fournie par K-Films Amérique

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(Paris) Au milieu de l'été, Sasha, 30 ans, décède sans crier gare. Laissant son amoureux, Lawrence, et sa famille, dévastés, la tête pleine de questions. Pour son deuxième long métrage, Mikhaël Hers a voulu explorer les conséquences de ce deuil inattendu et injuste. D'une façon un peu inhabituelle pour ce genre de drame perturbant avec une approche délicate, juxtaposée à une saison peu associée à la mort. Le Soleil a rencontré le réalisateur français et Judith Chemla, qui joue la soeur de la disparue, pour discuter de Ce sentiment de l'été.

Lorsque Sasha s'effondre au milieu d'un parc, elle demeure à Berlin avec Lawrence. Anéanti, le jeune homme trouve un certain réconfort auprès de Zoé, sa belle-soeur qu'il connaît peu. Le duo va tenter d'apprivoiser la peine et le poids de cette absence.

À partir de cette idée toute simple, mais poignante, la structure du récit, en trois actes sur autant d'années et de villes différentes, s'est imposée à Mikhaël Hers (Memory Lane). «Je ne me voyais pas aborder la disparition autrement que sur une longue période. Il y a eu l'idée de ces deux grandes ellipses qui structurent le récit.»

Le réalisateur de 41 ans avoue que filmer à Berlin et à New York, outre Paris, était aussi un prétexte à prolonger le souvenir de ces villes mythiques. «J'entretenais un rapport affectif très fort avec ces trois villes et c'est comme ça que le film est né. Ce sont des liens un peu indicibles. C'était aussi une façon de se mettre un peu en danger, d'explorer une autre langue.»

Du temps pour penser

Tout en filmant deux êtres qui sont plongés dans le désarroi après la perte imprévue, puis leur difficile résilience. Hers a décidé de montrer plutôt que décrire, dans une approche naturaliste qui repose beaucoup sur le non-dit. «Je ne suis pas forcément quelqu'un qui parle beaucoup. J'aime bien l'idée que le spectateur ait du temps pour penser à quelque chose qui s'est passé avant, qu'il y ait des moments plus en creux. Tout ne peut être que succession de moments saillants. Je dois ça au film.»

Une approche qui a beaucoup plus en France, où le long métrage a récolté des critiques élogieuses. «C'est un film sur toutes les petites attentions, tout ce qui se tisse pour que la vie continue», souligne Judith Chemla. «C'est un film sur la vie plus que sur le deuil, espère le cinéaste. Je voulais que ça embrasse tout ce qui fait la complexité, l'ambivalence des sentiments, même dans les périodes les plus sombres.»

À ce propos, on remarque que le veuf et sa belle-soeur entretiennent une relation ambiguë. «Elle ne l'était pas au moment de l'écriture. Mais je trouve que c'est bien que ce soit là de façon un peu souterraine.» Bouleversés par la perte, ils vont se rapprocher peu à peu en raison de la tragédie. «Ils se découvrent autrement», souligne Judith Chemla.

Selon l'actrice, vue dans L'homme qu'on aimait trop de Téchiné (2014), la chimie entre elle et Anders Andersen Lie, qui joue Lawrence, y a beaucoup contribué. «Il se passait quelque chose entre nous.»

La poésie d'une saison

Il y a aussi la période estivale, qui fait plus que servir de décor. L'été est un moteur important du film. «J'adore l'été. De façon pragmatique, j'aime tourner léger. Curieusement, l'absence est plus tangible l'été. Paradoxalement, elle fait ressentir le vide de façon plus prégnante que les autres saisons. C'est très intuitif et personnel, je ne théorise pas là-dessus.»

Pour le titre, Mikhaël Hers a puisé auprès d'un ami qui avait intitulé provisoirement son roman Ce sentiment de l'été, d'après une chanson de Jonathan Richman (That Summer Feeling). «C'est un peu maladroit. Mais cette maladresse donne une sorte de poésie incroyable. Je trouvais ça très beau et je lui ai emprunté cette appropriation.» Et quel est ce sentiment, au juste? «Je ne sais pas», rigole-t-il. 

À bien y penser, un titre à l'image de ce film évanescent et indéfinissable.

Ce sentiment de l'été prend l'affiche le 11 novembre. Les frais de ce reportage ont été payés par uniFrance.

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