Mal de pierres: le désir au féminin ***

Marion Cotillard brûle la rétine dans son incarnation... (Fournie par TVA Films)

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Marion Cotillard brûle la rétine dans son incarnation ardente et intense de Gabrielle, une jeune femme qui a un désir d'absolu tant en amour que dans la vie.

Fournie par TVA Films

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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CRITIQUE / Le Festival de Cannes n'était peut-être pas l'endroit idéal pour dévoiler Mal de pierres en première mondiale. Dans le contexte de la compétition, la réalisation délicate et un peu académique de Nicole Garcia paraissait décalée. Mais pas sa façon d'aborder frontalement le désir féminin quand il s'exprime aussi explicitement. Marion Cotillard brûle la rétine dans son incarnation ardente et intense de Gabrielle.

Il faut avoir vu l'actrice de 40 ans dans d'autres rôles ou en entrevue: sa simplicité et sa douceur contrastent fortement avec l'intensité et l'ardeur farouche de cette jeune femme qu'elle incarne avec une présence qui commande le regard dans presque tous les plans de ce drame sentimental.

Gabrielle a un désir d'absolu tant en amour que dans la vie. Sauf qu'elle est contrainte par sa mère sévère à un mariage forcé dans la France des années 50. La passionnée épouse le taciturne José (Àlex Brendemühl), un maçon droit et fier qui, craint-elle, va l'enterrer vivante. Son mal de vivre affecte son équilibre mental. Sauf qu'elle est n'est pas folle, seulement troublée, contrairement à ce qu'en pense son entourage.

Mais lors d'une cure thermale pour soigner ses calculs rénaux - une manifestation de son corps lorsqu'elle est contrariée -, Gabrielle est séduite par un mystérieux lieutenant (Louis Garrel), qui va rallumer son désir inextinguible.

Ce long métrage, bien filmé mais de façon très classique, tant dans son esthétique que dans son récit, fascine surtout par sa façon d'évoquer la sexualité féminine. Il fallait probablement une réalisatrice comme Nicole Garcia pour réussir à exprimer cette vitalité, mais aussi pour la mettre en images de si belle façon, sans en faire une femme-objet. Ne nous y trompons pas: Mal de pierres est aussi l'évocation d'une quête d'absolu dans l'amour.

Comme cinéaste, Nicole Garcia dissèque avec beaucoup de nuances la complexité des rapports humains. On l'a vu avec L'adversaire, en compétition à Cannes en 2002, inspiré de cet homme qui a réussi à faire croire à tous qu'il était médecin pendant 18 ans... Rien d'aussi tordu ici... en apparence. Car l'introduction de son huitième long métrage, alors que Gabrielle jaillit d'une voiture et se précipite dans un appartement, ne sert qu'à mettre en place un retour en arrière de 15 ans. Au bout de celui-ci, le spectateur aura droit à une formidable twist qui donne un éclairage totalement différent sur le récit et qui met la table pour une conclusion surprenante et touchante.

La présence de Cotillard dans ce rôle est essentielle: une autre actrice n'aurait pas donné autant de souffle à ce film d'époque conventionnel, qui exprime toutefois de belles choses sur l'amour. L'adaptation du livre de Milena Agus donne droit, d'ailleurs, à de superbes lignes de dialogues et génère de beaux extérieurs du Sud de la France. Une formule classique, mais éprouvée.

Au générique

  • Cote: ***
  • Titre: Mal de pierres
  • Genre: drame sentimental
  • Réalisatrice: Nicole Garcia
  • Acteurs: Marion Cotillard, Alex Brendemuhl et Louis Garrel
  • Classement: général
  • Durée: 1h56
On aime: la belle évocation du désir féminin, la twist du récit, l'intensité de Marion Cotillard

On n'aime pas: la réalisation trop classique

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