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Mel Gibson: «Le temps est venu que Hollywood me pardonne»

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Les recettes de la première fin de semaine de diffusion en Amérique du Nord du film Tu ne tueras point devraient indiquer si le public a pardonné à Mel Gibson.

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Associated Press
Los Angeles

Un des acteurs les plus courtisés à Hollywood au temps de sa splendeur, l'oscarisé Mel Gibson est traité par ses pairs du monde du cinéma comme un paria depuis une décennie, pour des propos antisémites. Pour l'acteur américano-australien, le temps du pardon est arrivé.

Tout a commencé en 2006 avec son arrestation pour excès de vitesse et en état d'ébriété, et sa tirade antisémite. Depuis, il n'a obtenu qu'une poignée de rôles dans des films improbables ou mal reçus. Aux antipodes de l'adulation dont il a bénéficié grâce à Mad Max et à L'arme fatale. Son statut de vedette a été renforcé par son Oscar pour Braveheart (1996), qu'il a produit et réalisé.

Dans quelques jours sort la nouvelle création de ce fervent catholique, Tu ne tueras point. Pour ce film qui se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale avec la religion en fil rouge, l'acteur sexagénaire espère que les cinéphiles auront la mémoire plus courte que les patrons de Hollywood.

Le film raconte l'histoire vraie de Desmond Doss - interprété par Andrew Garfield - qui s'engage dans l'armée, déterminé à sauver des vies sur la ligne de front en tant que médecin mais qui refuse de porter une arme à feu, par conviction. «Cela met en lumière ce que cela signifie pour un homme de conviction et de foi de se retrouver dans une situation infernale... Et, au milieu de ce cauchemar, cet homme est en mesure d'approfondir sa spiritualité et d'accomplir quelque chose de plus grand», a expliqué Mel Gibson, lors d'une conférence de presse à Beverly Hills.

Interrogé sur sa propre foi, il a semblé mal à l'aise et a simplement répondu qu'il était «imparfait» et un «mauvais pratiquant» qui pourrait retenir quelques leçons de la vie de Doss. Au vu des critiques, le retour de l'acteur derrière la caméra devrait être un succès. C'est sa première réalisation depuis Apocalypto, sorti en 2006.

Cette même année, il avait déversé un torrent d'insultes antisémites sur un policier à Malibu, affirmant que les Juifs étaient responsables de toutes les guerres de l'histoire et proférant des propos sexistes et menaçants envers la police. L'acteur avait présenté des excuses, puis avait été condamné à trois ans de mise à l'épreuve.

Scandales et mise à l'écart

Il avait déjà été taxé d'antisémitisme après la sortie du controversé La passion du Christ (2004), qu'il a réalisé. Peu après l'incident de Malibu, Mel Gibson et sa femme Robyn s'étaient séparés après 26 ans de mariage. L'acteur a ensuite connu une traversée du désert, n'obtenant plus de tête d'affiche sur grand écran jusqu'au thriller policier Hors de contrôle (2010), tièdement accueilli.

Mais les scandales ne se sont pas arrêtés. En 2011, il a échappé à la prison en admettant avoir frappé son ex-compagne, la Russe Oksana Grigorieva. L'acteur - qui sera bientôt père pour la neuvième fois - avait été condamné à trois ans de mise à l'épreuve.

Son rôle dans Le complexe du castor, réalisé par sa proche amie Jodie Foster, a été salué par les critiques mais n'a pas attiré le public. Selon le magazine Entertainment Weekly, les spectateurs ont boudé l'acteur aux yeux bleus. Et son parcours reste toujours émaillé d'accusations d'antisémitisme et de comportement violent, ce qu'il dément vigoureusement.

Dans une récente baladodiffusion avec le magazine Variety, il a confié essayer de mettre l'incident de 2006 derrière lui mais qu'il était «agaçant» que ce soit en permanence rappelé. «Dix ans ont passé. Je me sens bien. Je suis sobre; tout ça, c'est pour moi quelque chose de vague dans le passé», a-t-il dit.

Les recettes de la première fin de semaine en Amérique du Nord de Tu ne tueras point devraient indiquer si le public lui a pardonné. «Hollywood et le public en général ont la volonté de donner une nouvelle chance aux réalisateurs ayant atteint des sommets», a relevé un analyste de l'industrie.

«Gibson a prouvé qu'il avait la fibre du réalisateur qui transcende les programmations des multiplexes. Avec Tu ne tueras point, il semble aussi avoir le soutien des critiques, ce qui est prometteur», a-t-il estimé.

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