La vache: folle odyssée ***

Dans son premier grand rôle, Fatsah Bouyahmed (à... (Fournie par les Films Séville)

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Dans son premier grand rôle, Fatsah Bouyahmed (à droite) est en grande partie responsable de l'énergie comique et de la sincérité de la proposition. Il incarne un homme simple, mais digne qui a foi en la bonté de l'humanité.

Fournie par les Films Séville

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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CRITIQUE / En théorie, la proposition de La vache a de quoi laisser perplexe. Mais sur grand écran, l'odyssée farfelue de ce modeste paysan naïf au coeur tendre et de sa superbe vache brune à travers la France fonctionne merveilleusement bien. Malgré son aspect folklorique et suranné, le long métrage de Mohamed Hamidi s'avère un film pur bonheur.

La comédie repose presque en totalité sur Fatah (Fatsah Bouyahmed), un hurluberlu algérien qui rêve de conduire sa vache Jacqueline au Salon de l'agriculture à Paris. Lorsque la Mecque des paysans acquiesce à sa demande, il prend le bateau jusqu'à Marseille, d'où il compte ensuite rallier la Ville lumière à pied!

Évidemment, le périple sera parsemé de péripéties hilarantes, qui misent autant sur le choc culturel que l'incongruité du voyage. Autant d'occasions pour faire passer des petits messages de tolérance et d'ouverture d'esprit à propos de l'immigration, tout en peignant le portrait d'une certaine France fantasmée (les gens y sont trop gentils et accueillants). Et aussi d'évoquer une bourgeoisie rurale qui disparaît peu à peu du paysage, incarnée par Philippe (Lambert Wilson, toujours aussi bon).

Le comte ruiné et le paysan étranger, que tout oppose, vont former une alliance inattendue pour que se réalise le rêve de Fatah, joué avec une énergie contagieuse par Bouyahmed. 

Dans son premier grand rôle, l'acteur français est en grande partie responsable de l'énergie comique et de la sincérité de la proposition. Il incarne un homme simple, mais digne, qui a foi en la bonté de l'humanité - ce qui suscite l'adhésion, les cyniques n'ont qu'à bien se tenir.

Le film rend un hommage appuyé à La vache et le prisonnier (1959) d'Henri Verneuil, avec Fernandel. Mais sur le plan comique, le road-movie pédestre d'Hamidi évoque plutôt le Hulot de Jacques Tati, un inadapté qui se heurte à la modernité avec une maladresse touchante. Il est aussi un homme à qui, parfois, les mots échappent. Ses explications confuses sont la source de répliques hilarantes et situations saugrenues, notamment lorsqu'il se retrouve au coeur d'une manifestation syndicale de paysans.

Inoffensif

Le long métrage d'Hamidi n'est, d'aucune façon, un film à thèse sur le multiculturalisme et les problèmes d'intégration ni une réflexion sur l'identité (qui était au coeur de Né quelque part, en 2013). Il y a bien quelques gags sur la foi musulmane élastique de Fatah, mais ils sont très inoffensifs. Comme le film, d'ailleurs.

Reste le plaisir d'un moment fugace qui nous fait beaucoup rire et finit même par nous toucher, malgré l'improbabilité du voyage de ce paysan et de sa vache dans une France dans laquelle terrorisme et Front national n'ont pas le droit de cité. Peu crédible, mais ça fait du bien.

Au générique

  • Cote:  ***
  • Titre: La vache
  • Genre: comédie
  • Réalisateur: Mohamed Hamidi
  • Acteurs: Fatsah Bouyahmed, Lambert Wilson et Jamel Debbouze
  • Classement: général
  • Durée: 1h32
On aime: l'énergie comique, la proposition saugrenue, l'humanité du film

On n'aime pas: le portrait social irréaliste

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