Le long périple de Fatsah Bouyahmed

Fatsah Bouyahmed incarne un modeste paysan naïf au... (Fournie par Les Films Séville)

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Fatsah Bouyahmed incarne un modeste paysan naïf au coeur tendre qui mène sa précieuse vache Tarine au Salon de l'agriculture à Paris.

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(Québec) La vache, «c'est un tout petit peu mon histoire», admet Fatsah Bouyahmed. Évidemment, l'acteur n'est pas parti de l'Algérie pour traverser la France à pied avec une vache à ses côtés. Mais son long périple, de ses débuts jusqu'au succès inattendu de cette comédie, avec ses moments d'euphorie puis de découragement, s'y compare drôlement. Avec ce rôle de modeste paysan naïf au coeur tendre, l'homme de 45 ans croit qu'il a «enfin réussi à avoir [son] actorat».

Preuve s'il en est une, «je reçois [maintenant] des scénarios». Il a même mis les pieds en Amérique du Nord pour la première fois de sa vie en vue de la promotion du film qu'il a coécrit et qu'il porte sur ses épaules, avec Joséphine - la fameuse vache du titre.

Fatsah Bouyahmed a retrouvé Mohamed Hamidi, le réalisateur de Né quelque part (2013), dans lequel il joue le rôle de Fatah. Ils ont repris le personnage très secondaire pour en faire le principal protagoniste. 

Ça fait beaucoup de pression pour un acteur qui a fait de la comédie à l'italienne pendant longtemps avant que son association avec l'humoriste Jamel Debbouze lui procure une petite notoriété. «Oui, mais j'en avais besoin. On avait confiance en moi, ça m'a beaucoup aidé. C'était la première fois que je travaillais autant de jours de suite. Pourtant, j'aurais fait ça deux mois de plus.» Il était en même temps conscient qu'en cas d'échec, il n'était «pas sûr d'avoir une telle opportunité» de nouveau.

Son Fatah mène donc sa précieuse Tarine au Salon de l'agriculture à Paris. Il fera, au cours de ce road-movie pédestre, plein de rencontres saugrenues. Dit comme ça, le scénario peut paraître un peu mince. Et pourtant, le succès est au rendez-vous. Ses créateurs en sont les premiers surpris. «Il y a tellement de films super que personne ne voit.»

Fatsah Bouyahmed n'a peut-être pas quitté l'Algérie pour traverser... (La Presse, André Pichette) - image 2.0

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Fatsah Bouyahmed n'a peut-être pas quitté l'Algérie pour traverser la France à pied avec une vache à ses côtés, mais son histoire se compare drôlement à celle du personnage du film La vache.

La Presse, André Pichette

Le bouche-à-oreille a fait son oeuvre, croit-il. Il y a pourtant un aspect vieille France, voire folklorique, dans cette oeuvre inspirée de La vache et le prisonnier (1959) avec Fernandel. «C'est vrai. C'est un peu une France fantasmée qu'on voulait monter.» L'équipe a tourné des scènes avec «des gens moins sympas». «On a essayé au montage et ça ne fonctionnait pas. On perdait ce ton fantaisiste.»

Joséphine, une «grande actrice»

Ton qui repose grandement sur la présence incongrue de la bête, «une grande actrice, bien meilleure que certaines actrices avec qui j'ai travaillé», rigole Fatsah Bouyahmed. Lui qui n'a jamais eu d'animal a dû se familiariser avec le ruminant, prénommé Jacqueline dans le film. «Je n'avais aucun doute sur mon personnage, mais il fallait persuader tout le monde [qu'avec Joséphine], c'était du sérieux.»

L'acteur, né en Algérie mais qui a grandi en France, n'a d'ailleurs pas cherché bien loin pour composer Fatah : il s'est «beaucoup» inspiré de son père de 80 ans et «de ses compatriotes dans leur simplicité, leur curiosité, leur engagement humain, qui était leur premier moyen d'expression, et leur esprit de partage. Des gens qui n'ont jamais eu grand-chose, mais qui s'en contentaient comme si c'était énorme».

Fatsah Bouyahmed ne le cache pas. Mohamed Hamidi et lui cherchaient «le rire», pas à «passer des messages». Il y a pourtant certains constats sur l'immigration et la France. 

Son beau-frère Hassan (Debbouze), qui vit à Marseille, a honte de ses origines et de son héritage musulman - il cache à sa famille qu'il est marié à une Française et a deux enfants. «Il a tellement peur du jugement qu'il s'enlise dans son mensonge.»

La route de Fatah croise aussi celle de Philippe (Lambert Wilson), un comte ruiné. Les scénaristes y ont vu une occasion de faire le portrait de cette bourgeoisie rurale en voie de disparition, faute d'argent pour entretenir leurs vastes propriétés familiales. «On a trouvé intéressant que ce bourgeois désargenté, seul, avec ses problèmes de bourgeois désargenté, se retrouve face à quelqu'un qui a d'autres problèmes, mais qui essaie de les résoudre avec beaucoup de générosité humaine.»

Valeurs d'humanisme et d'échange

Au fond, ce qui fait le charme de La vache, ce sont ces valeurs d'humanisme et d'échange, de même que la volonté de Fatah d'aller au bout de son rêve. «Il est prêt à tout, mais dans le respect des autres. On a tous un rêve. Soit on trouve le courage d'y arriver, soit on abandonne.»

Malgré les embûches, Fatsah Bouyahmed n'a jamais lâché, comme son personnage. On vous le disait que ce film, c'est un tout petit peu son histoire. Et avec un tout petit peu de chance, «les gens vont peut-être réaliser qu'être gentil, ce n'est pas un défaut».

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