La foi: il est grand le mystère... *** 1/2

Martin Sheen (très juste) est le père Douglas... (Fournie par AZ Films)

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Martin Sheen (très juste) est le père Douglas dans La foi.

Fournie par AZ Films

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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CRITIQUE / Impossible pour Lucas Quintana de nier l'influence de Terrence Malick dans La foi (The Vessel). Pas seulement parce que le réalisateur de La mince ligne rouge (1998) est producteur délégué et que le jeune réalisateur d'origine cubaine a travaillé à la caméra sur L'arbre de la vie (2011) et À la merveille (2013). Il y a aussi le style et la manière dans ce premier long métrage fort prometteur.

Comme son mentor, Quintana préfère un cinéma implicite, qui laisse beaucoup de place à l'interprétation au spectateur. Ici, il loge le récit dans un village côtier, dans un endroit non précisé, dont les habitants ont subi un traumatisme majeur: tous les enfants, 46 en tout, sont morts lorsqu'une vague a submergé l'école.

Dix ans plus tard, toutes les femmes portent encore le noir et, traumatisées, refusent de faire des enfants, au grand désespoir du père Douglas (Martin Sheen, très juste). Seule exception: Fidelia (Jacqueline Duprey). Mais la mère de Leo (Quintana) se mure dans son désespoir depuis la mort de son autre fils.

Contrairement aux autres jeunes qui ont quitté ces lieux morts-vivants pour la ville, Leo est resté pour sa mère et pour Soraya (Aris Mejias), la veuve de l'instituteur qu'il a toujours désirée en secret. Un soir d'ivresse, il tombe à l'eau et se noie. Mais trois heures plus tard, il revient à la vie...

Il n'en faut pas plus pour que la poignée d'habitants soit plongée dans une crise mystique, d'autant que Leo construit ensuite une arche - très symbolique - avec les débris de l'école!

C'est du moins ce qu'on en déduit. La trame importe, mais elle est surtout un prétexte pour le réalisateur de proposer une réflexion sur la spiritualité, les rituels, la fatalité, la solitude, l'amour, le deuil, la mort de Dieu...

Un propos ambitieux, pourrait-on croire, mais il faut savoir lire entre les images. La foi mise beaucoup sur les ellipses et le non-dit. Comme Malick, Quintana propose souvent des plans énigmatiques, tant dans leur contenu que dans la façon de cadrer.

Il y a cette fluidité, cette poésie cinématographique ensorcelante, cet onirisme des images sous-marines, un érotisme magnifique mais subtil dans son illustration du désir, qui portent les marques d'un sens affirmé de la réalisation. Il faut entendre aussi la musique d'inspiration religieuse, subtilement altérée, qui contribue au climat d'étrangeté.

Oui, La foi est du cinéma d'auteur dans son expression la plus pure. Certains peuvent rester perplexes, voire désorientés, devant cette oeuvre, qui souffre quand même d'un certain maniérisme et d'une certaine sécheresse émotive. Mais il s'agit du genre de long métrage qui nous habite après la projection et qui nous donne confiance dans le fait qu'il y a encore des hommes et des femmes qui envisagent le cinéma pour ce qu'il est: un art.

Au générique

Cote: *** 1/2

Titre: La foi (v.o.a.s.-t.f.)

Genre: drame

Réalisateur: Lucas Quintana

Acteurs: Lucas Quintana, Martin Sheen, Jacqueline Duprey et Aris Mejias

Classement: général

Durée: 1h26

On aime: la proposition esthétique, les thèmes abordés, le dépaysement

On n'aime pas: une certaine sécheresse émotive

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