1:54: à bout de course ***1/2

Au-delà de la saisissante illustration de l'intimidation et... (Fournie par les Films Séville)

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Au-delà de la saisissante illustration de l'intimidation et de l'esprit de compétition qui animent les adolescents, 1:54, avec Antoine Olivier Pilon et Lou-Pascal Tremblay, décrit aussi leurs difficultés à exprimer peurs et émotions.

Fournie par les Films Séville

Le SoleilÉric Moreault 3/5

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CRITIQUE / Yan England va toucher une corde sensible chez les jeunes avec 1:54. À preuve, son percutant drame psychologique sur l'esprit de compétition et l'intimidation a gagné le prix du jury étudiant à Angoulême et celui du jury junior à Namur. Mais son propos s'adresse à l'ensemble de la société. Et malgré une démonstration un peu lourde, il s'avère terriblement efficace dans sa montée dramatique.

Le réalisateur québécois, surtout connu comme acteur (Trauma, Yamaska), embrasse large en s'attachant aux pas de Tim (Antoine Olivier Pilon), un garçon introverti de 16 ans qui assume mal son homosexualité. Victime d'intimidation depuis son arrivée au secondaire, il décide de régler ses comptes avec Jeff (Lou-Pascal Tremblay), son principal tourmenteur, sur la piste de course. Leur rivalité athlétique va avoir des conséquences dramatiques.

Au-delà de la saisissante illustration de l'intimidation, notamment sur les réseaux sociaux, et de l'esprit de compétition qui animent les adolescents, 1:54 décrit aussi leurs difficultés à exprimer peurs et émotions - Tim n'est pas seul, il est entouré d'un père aimant (David Boutin), d'un entraîneur-mentor (Patrice Godin) et d'une amie compatissante (Sophie Nélisse). Et pourtant... Le mal d'un seul peut parfois toucher beaucoup de gens.

À la réalisation, Yan England démontre de belles choses, surtout pour un premier long métrage, mais ne sort pas vraiment des recettes convenues - notamment dans son utilisation du ralenti dans les courses pour en accentuer l'effet dramatique. Il réussit toutefois à installer quelques longs plans qui permettent d'accentuer l'authenticité des personnages.

À ce chapitre, Antoine Olivier Pilon et Lou-Pascal Tremblay crèvent l'écran. Depuis Mommy, et même avant, on sait que le premier a cette capacité rare d'incarner totalement son protagoniste, de lui insuffler une âme qui le rend parfaitement crédible. Son interprétation lui a d'ailleurs valu le prix d'interprétation à Angoulême. Quant au second, dans un contre-emploi, il n'est pas en reste. Si on se doute que Jeff n'est pas un parfait salaud, qu'il y a de l'humanité en lui, c'est parce que Tremblay a su proposer une interprétation nuancée.

1:54 n'est pas un film moralisateur ni un film à thèse. Il cherche seulement à camper de la façon la plus juste possible le décor de son récit. En ça, il est une totale réussite. Il n'y a absolument rien de plaqué dans la réalité décrite par England. Le réalisateur sait de quoi il parle et ça paraît.

Il devrait donc, en théorie, relancer le débat ici sur l'intimidation. Notamment parce qu'il épouse le regard d'un ado troublé, qui a aussi une part de responsabilité dans ce qui lui arrive - tout n'est jamais noir ou blanc. Ce n'est pas le premier long métrage québécois sur la question, on n'a qu'à penser à La cicatrice de Jimmy Larouche (2013). Mais celui-ci a le mérite d'éviter le didactisme pour favoriser un récit en crescendo dont la finale est bien amenée.

Tous les ados de 13 ans et plus devraient voir ce film (il y a quelques scènes explicites). Leurs parents et grands-parents aussi. Leurs profs. En fait, tous ceux qui touchent de près ou de loin à l'enfance, en particulier au gouvernement. Ce n'est que de la fiction, bien sûr. Mais terriblement proche de la réalité.

Au générique

  • Cote: *** 1/2
  • Titre: 1:54
  • Genre: drame psychologique
  • Réalisateur: Yan England
  • Acteurs: Antoine Olivier Pilon, Lou-Pascal Tremblay, Sophie Nélisse
  • Classement: 13 ans et plus
  • Durée: 1h46
On aime: le regard juste sur l'adolescence, l'interprétation, l'efficacité de la montée dramatique

On n'aime pas: quelques grosses ficelles scénaristiques

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